Leur moment de 2017: Brigitte Haentjens

Brigitte Haentjens, metteure en scène, auteure et directrice... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, archives LA PRESSE)

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Brigitte Haentjens, metteure en scène, auteure et directrice artistique du Théâtre français du CNA

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, archives LA PRESSE

Mario Cloutier

La metteure en scène, auteure et directrice artistique du Théâtre français du CNA a reçu cette année un Prix du Gouverneur général des arts de la scène. Elle a décidé de remettre sa bourse à cinq jeunes artistes: Catherine Vidal, Julie Vallée-Léger, Andréane Roy, Catherine Bourgeois et Gabriel Robichaud. Son moment: le début des répétitions de Dans la solitude des champs de coton.

«Je suis davantage tournée vers les moments qui me procurent de la joie, mais qui ne me concernent pas personnellement. Entrer en salle de répétition pour Dans la solitude des champs de coton, c'est le moment très, très fort dans mon année. Une oeuvre partagée, échangée avec des interprètes, c'est de la joie pure. C'est le bonheur absolu. C'est un moment de liberté.

«Dans le fond, c'est un moment précieux, car c'est là que je suis la plus libre, peut-être. C'est la liberté de faire des folies. Pour moi, il n'y a rien qui surpasse ça. C'est un moment que j'ai vécu souvent et dont je ne me lasse pas.

«Avec Dans la solitude des champs de coton [qui sera présenté à l'Usine C et au Théâtre français du CNA en janvier et février 2018], on ne peut pas faire un découpage habituel en disant "Acte 1, scène 1". Il y a une espèce de vertige. C'est comme rouler en moto à très vive allure. C'est un mélange de peur et de joie, celle du partage. C'est ce qui me comble le plus.

«Le texte m'appelle. C'est du même type qu'une rencontre passionnelle, dans laquelle on découvre des choses. Dans le cas de Koltès, on sait que la relation va être riche, qu'on ne va pas s'ennuyer au bout d'une semaine.

«Cette rencontre avec Hugues Frenette et Sébastien Ricard pour la pièce, ça dure six mois et, après, c'est fini. C'est dur, mais c'est beau. C'est aussi un des thèmes de la pièce: l'impossible rencontre.»

«Le deuil de la pièce, je le commence très tôt. Il commence, en fait, au premier enchaînement. Après, il y a du travail à faire, mais ce n'est pas la partie la plus libre. Je sais que ça va finir au départ, mais là, c'est la conscience aiguë de la fin. Comme dirait Alexandre Jardin: "Il n'y a pas de vie sans douleur."

«Mais le fait que cela ne dure pas, que ça se produit dans un cadre bien déterminé, ça donne une sécurité qui te permet l'insécurité totale. C'est totalement risqué, mais sans risque pour ta santé ou ta vie. Le moment d'extrême liberté d'être avec les interprètes et l'équipe, comme dans un retour à l'enfance, c'est ce qui est beau. 

«La différence avec une relation, qui vit pour elle-même, c'est que dans la création, il y a quelque chose qui s'édifie. Quelque chose jaillit. Quelque chose dont on ne se rassasie pas.

«Avec un auteur comme Koltès, que j'ai beaucoup fréquenté, on va plus loin. J'ai déjà percé certains mystères, ce qui me permet d'aller davantage en profondeur. C'est vraiment chouette. 

«Le théâtre permet ces rencontres intellectuelles et charnelles, puisque ça doit aussi s'incarner dans le corps des acteurs. C'est ça, le bonheur. 

«En tout cas, c'est ma passion. Pour 2018, j'ai mis d'autres passions dans le four.»




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