Le nouveau défi de Marc Messier

L'automne prochain, Marc Messier montera sur les planches... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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L'automne prochain, Marc Messier montera sur les planches du Rideau Vert pour défendre le rôle de Willy Loman dans Mort d'un commis voyageur.

Photo Bernard Brault, La Presse

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En 45 ans de carrière, Marc Messier n'a jamais défendu un premier rôle dramatique au théâtre. Ce sera chose faite, l'automne prochain, lorsque le comédien défendra le rôle de Willy Loman dans Mort d'un commis voyageur, tragédie moderne d'Arthur Miller, sous la direction de Serge Denoncourt. Un incontournable de la saison 2017-2018 du Rideau Vert.

Il s'est fait (très) rare sur les planches, Marc Messier. Depuis la création de Broue, il y a 38 ans, l'acteur a privilégié les plateaux de cinéma et de télévision. « Pour la bonne raison que lorsque je finissais les tournées de Broue, je ne me voyais pas remonter tout de suite sur scène », dit-il en entrevue à La Presse.

Jusqu'à sa rencontre avec Serge Denoncourt, il y a cinq ans, qui lui exprime son fort désir de travailler avec lui : « J'ai dit à Serge : "Ce qui m'intéresse, c'est le théâtre américain : Eugene O'Neill, Tennessee Williams, Arthur Miller..." Et il est revenu avec Mort d'un commis voyageur. C'est du solide, ce texte, et ça ne se refuse pas ! »

Après des années à jongler avec le calendrier, la décision d'arrêter de produire Broue a laissé une saison entière libre à l'automne à Marc Messier. Ce dernier sera donc Willy Loman au Rideau Vert, dès le 3 octobre, aux côtés de Louise Turcot (Linda Loman), d'Éric Bruneau (Biff), de Mikhaïl Ahooja (Happy) et de cinq autres comédiens.

« J'ai hâte d'avoir le texte en main [NDLR : Serge Denoncourt écrit une nouvelle traduction de la pièce]. J'ai très hâte aussi de commencer à préparer le rôle et à répéter avec les autres interprètes. Je me sens à l'aise, bien qu'il y ait un trac, car c'est un rôle important, un héros tragique moderne. »

De Dubé à Miller

Le défi est énorme. Mais Messier est dans sa zone de confort. « Je suis plus à l'aise avec la dramaturgie américaine : Williams, O'Neill, Miller, dit-il. Mes racines sont nord-américaines. Je viens des Cantons de l'Est. Mon père est né à côté de la frontière ; j'ai de la famille aux États-Unis. » 

« J'ai passé mon enfance à regarder à la télévision des séries américaines avec mon père, et des pièces de Marcel Dubé avec ma mère. Dubé était directement branché sur le théâtre américain. »

Dans le passé, les grands acteurs qui ont interprété Willy Loman (tels que Jean Duceppe, à trois reprises, dans les années 70 et 80, et Phillip Seymour Hoffman, à Broadway) sont souvent plus jeunes que le personnage. Tandis que Messier, lui, a 10 ans de plus que lui. Ce qui risque d'apporter une autre dimension à ce personnage touchant, brisé par la vie. « Quand je me regarde dans le miroir le matin, je vois de plus en plus mon père », dit l'acteur de 69 ans.

L'illusion américaine

Willy Loman, père, mari et commis voyageur depuis 35 ans, se heurte à un mur, à l'aube de sa retraite. Il perd son emploi et réalise que tout ce qu'il a semé dans sa vie n'apportera aucun fruit. Willy est si épuisé qu'il est résigné à mourir. « Il parle tout le temps d'argent et de réussite matérielle, dit Messier : l'hypothèque, les comptes à payer, les dettes, etc. Willy se sent étouffé, dépassé. »

« Willy Loman, c'est chacun de nous en Amérique », estimait Paul Hébert. En 1972, au Trident, le metteur en scène, mort jeudi dernier, a dirigé une production mémorable de Mort d'un commis voyageur. Selon lui, ce personnage écrit en 1949 représente le paradoxe du rêve américain qui nous dit que l'argent fait le bonheur. « Ce n'est pas un rêve, c'est une illusion », ajoutait Paul Hébert.

La pièce aborde donc la faillite du rêve américain, l'humiliation de la classe moyenne, la déshumanisation des sociétés urbaines. Entre autres thèmes qui ont permis à la pièce de devenir un classique instantané du théâtre américain.

Pour Marc Messier, plus personnellement, jouer Willy Loman, c'est aussi rendre hommage à la mémoire de son idole de jeunesse, son modèle qui lui a donné le goût de devenir un acteur : Jean Duceppe.

Mort d'un commis voyageur sera présentée du 3 octobre au 4 novembre 2017, au Théâtre du Rideau Vert. La directrice artistique de la compagnie, Denise Filiatrault, fera l'annonce de l'ensemble de sa programmation 2017-2018 aujourd'hui.




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