Des surfeurs dépoussièrent l'opéra

Présentée pour une première fois à guichets fermés... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE)

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Présentée pour une première fois à guichets fermés en janvier dernier, La vague parfaite est de retour cet été au Théâtre Aux Écuries. Sur la photo: Guillaume Tremblay et Olivier Morin.

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Le résumé de La vague parfaite a de quoi faire sourciller. Des surfeurs polyamoureux qui carburent au rhum-coco attendent avec impatience l'arrivée d'un tsunami pour attaquer cette «vague légendaire». On ne se sent pas loin d'un théâtre d'été. Or, dans cette dernière création du Théâtre du Futur, les apparences sont certainement trompeuses.

Présentée pour une première fois à guichets fermés en janvier dernier et de retour cet été au Théâtre Aux Écuries, cette pièce imaginée lors d'un voyage en Équateur par Guillaume Tremblay porte «sur le coolness» et veut brasser le monde conservateur de l'opéra.

«J'avais envie de prendre des artistes de l'art lyrique, des chanteurs d'opéra, et de leur faire une création rayonnante, tripante, où le public est au rendez-vous», explique en entrevue avec La Presse le jeune metteur en scène.

«La vague parfaite, c'est un show sur l'apparence et sur notre intérêt commun pour la vacuité. Ça nous transpose dans la peau de ces jeunes surfeurs qui veulent être les meilleurs et maintenir leur apparence reggae and peace. Quand un tsunami - la plus grande vague - fonce sur l'île, ils sont contents, même s'ils vont en mourir», raconte-t-il, justifiant qu'il fallait bien que la fin soit tragique pour que ce soit un opéra.

Remises en question

Comme pour ces surfeurs qui attendent avec impatience la vague qui les tuera tous, Guillaume Tremblay remet en question haut et fort la société qui ne réfléchit plus et l'art qui ne cherche pas assez souvent à briser les conventions.

«Tout en humour, notre pièce est un questionnement philosophique. En tant qu'humain, sans être fataliste, on sait par exemple que la hausse du niveau de la mer fera disparaître des îles et que des côtes s'érodent. Mais que font les gens face à ça? Pas grand-chose», explique Guillaume Tremblay.

«L'opéra, comme plusieurs types d'art, est également régi par ces mêmes règles. On recherche souvent la beauté, mais il y a une vacuité au niveau des questionnements. Monter La flûte enchantée, je ne suis pas contre, mais pourquoi ne pas faire aussi d'autres choses?», se questionne le créateur, qui dit vouloir donner un côté punk à ses créations.

«Au théâtre, nous avons été chanceux de vivre une certaine révolution dans les années 70, faisant de la place à la création. Mais l'opéra n'a pas eu ce même mouvement. Ils sont encore assez scolaires. Je voyais que mes amis d'art lyrique, avec qui j'ai étudié au Conservatoire d'art dramatique, avaient l'air de s'ennuyer. C'est pourquoi j'ai imaginé une création pour qu'ils tripent», poursuit Guillaume Tremblay.

Plus de place à la création

La compagnie du Théâtre du Futur, dont la première pièce a été présentée il y a quelques années sous la forme d'un opéra rock ayant pour sujet l'expert controversé en marketing Clotaire Rapaille, se donne pour mission de «brasser la cage» des spectateurs.

Olivier Morin, qui a signé avec Guillaume Tremblay le livret de La vague parfaite, explique que «quand les gens ont un point frileux, un petit bourrelet, on le pince avec affection et désinvolture».

«À la fondation de notre compagnie, on était tannés de voir que même une institution comme le Théâtre d'Aujourd'hui, qu'on aime beaucoup par ailleurs, prenait jusqu'à deux ans pour mener certains projets à terme. Nous, on voulait quelque chose de rapide, de tellement ancré dans le présent que ça se situait dans le futur. Des trucs créés dans l'urgence», explique le jeune Morin.

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Jusqu'au 17 août au Théâtre Aux Écuries.

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