Thierry Lhermitte et Patrick Timsit: frères de scène

Les acteurs Thierry Lhermitte et Patrick Timsit ont... (photo OLIVIER PONTBRIAND, la presse)

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Les acteurs Thierry Lhermitte et Patrick Timsit ont tourné ensemble à sept reprises au cinéma. Dernièrement, c'est la scène qui les a réunis, avec la pièce Inconnu à cette adresse, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu'au 26 juin.

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Dans la vie, Thierry Lhermitte et Patrick Timsit sont de grands complices. Le duo comique d'Un Indien dans la ville se retrouve à partir de ce soir sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde dans Inconnu à cette adresse, un drame qui plonge deux amis dans une terrible correspondance sur fond de montée du nazisme. Entrevue croisée avec deux inséparables comédiens.

Qu'avez-vous pensé quand on vous a appris que vous seriez ensemble sur scène pour cette pièce?

Thierry Lhermitte: On avait tous les deux lu le livre [de Kathrine Kressmann Taylor] 15 ans plus tôt et on s'était dit à l'époque que ce serait une super histoire pour nous deux. La metteure en scène [Delphine de Malherbe] a pensé à nous deux sans même que nous ayons dit quoi que ce soit!

Patrick Timsit: On s'est tout de suite appelés pour se dire que c'était un beau rendez-vous. Être amis dans la vie nous a apporté quelque chose d'incroyable pour jouer cette complicité entre ces deux êtres.

La pièce a beaucoup tourné dans le monde depuis 2012. Quel souvenir vous marque le plus?

Thierry Lhermitte: Jouer à l'Opéra de Vichy [le 24 novembre 2013] a été très émouvant. En plus, on était arrivés à la dernière minute, car c'était mon anniversaire et on m'avait improvisé une fête-surprise sur la route. À Paris, on a joué la semaine où Mohammed Merah a tué ces enfants juifs et ce policier à Toulouse. Les mots de la pièce résonnaient de manière atroce.

Patrick Timsit: Israël a aussi été un moment extrêmement fort. On a joué à Jérusalem dans la salle où s'était déroulé le procès Eichmann. On est en plein dans l'histoire! Il y avait plus de 1000 personnes. C'était extrêmement bouleversant.

Crise des migrants, attentats perpétrés par Daesh [groupe État islamique]: quel écho l'actualité a-t-elle pour vous par rapport à la montée du nazisme abordée dans cette pièce?

Thierry Lhermitte: L'embrigadement, les idéologies nauséabondes et le populisme dans un moment de crise: on doit s'en méfier comme de la peste! Voilà comment ça s'est passé et pourtant, c'était des gens ordinaires.

Patrick Timsit: Le national-socialisme hier et l'État islamique aujourd'hui puisent dans des viviers de gens perdus. On s'amusait tout à l'heure à adapter la pièce avec deux amis dont l'un part en Syrie et tente de convaincre l'autre de le suivre et de quitter le diable.

Vous souvenez-vous de votre première rencontre?

Thierry Lhermitte: On s'est rencontrés sur le tournage du film Elles n'oublient jamais en 1994. On s'est bien entendus et on était tous les deux papas d'un enfant de 1 an. Ça rapproche. On tournait pratiquement avec la poussette!

Patrick Timsit: J'ai tout de suite pensé que j'aurais plaisir à le revoir. On ne s'est jamais dit «on est amis». Ça fait des années qu'on se voit régulièrement. On est assez pudiques là-dessus. On a ça en commun: on ne force pas les choses.

Vous avez tourné à sept reprises ensemble au cinéma. Quelle est votre plus belle expérience?

Thierry Lhermitte: Un Indien dans la ville. C'est une aventure tellement dingue, couronnée d'un tel succès.

Patrick Timsit: On avait une telle complicité à cette époque. C'était la découverte, un peu comme dans une histoire amoureuse. C'était un tout petit film. On s'était donné rendez-vous trois mois à l'avance pour répéter. Thierry est devenu passionné par l'histoire. Les premières conneries qui nous ont réunis étaient autour de la scène de l'aquarium. On s'est dit qu'on n'allait plus jamais se quitter!

Votre complicité va assez loin. Tellement que vous vous êtes fait tatouer la même image sur la fesse gauche...

Thierry Lhermitte: On est frères de tortue! C'était sur le tournage du Prince du Pacifique. Une chance qu'on ne l'a pas fait sur le front, disons.

Patrick Timsit: On a cherché longtemps! C'est le principe de frères de sang: en gros, c'est comme si on avait 14 ans, qu'on était en colonie de vacances et qu'on se faisait le même tatouage. C'est aussi intime que notre relation, quoi!

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Les acteurs Thierry Lhermitte et Patrick Timsit ont tourné ensemble à sept reprises. Dernièrement, c'est la scène qui les a réunis, avec la pièce Inconnu à cette adresse, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 26 juin.

photo OLIVIER PONTBRIAND, la presse

La plus belle performance de votre complice devant la caméra ou sur scène?

Thierry Lhermitte: Sur scène, Patrick me cueille à chaque fois. C'est exceptionnel. J'ai une admiration folle pour la manière dont il embarque les gens avec un humour spécial. Il y a vraiment un angle Timsit. C'est une performance rare d'acteur, de créateur et d'intelligence.

Patrick Timsit: Pour moi, c'est carrément une série de films. Thierry est l'acteur indispensable dans une comédie, le clown blanc. Les Bronzés, c'est le choc. C'est l'ami qu'on rêve d'avoir quand on est un Auguste. Il fait du bien. On aime que ce genre de beau mec ne soit pas à son avantage; ça nous change de la vraie vie!

Lequel de vous deux a le plus mauvais caractère?

Thierry Lhermitte: Demandez-lui, il va vous le dire! Je ne le montre pas, mais je suis très mauvais. J'ai un très mauvais fond. Je suis très heureux avec Patrick parce qu'il arrive à me faire prendre à la rigolade des trucs qui me rendraient dingue de rage.

Patrick Timsit: À la base, Thierry est un vrai chevalier blanc. Dans Le prince du Pacifique, on n'est pas loin de Thierry Lhermitte. Il se met dans des états pas possibles!

Quand vous verra-t-on à nouveau au Québec?

Thierry Lhermitte: Je serai principalement au théâtre en tournée avec la pièce Le syndrome de l'Écossais avec Bernard Campan. J'espère bien qu'on la jouera ici!

Patrick Timsit: Je vais jouer mon dernier spectacle en Amérique du Nord, alors j'ai très envie de venir le présenter à Montréal au premier trimestre 2017, sûrement à l'Olympia. Ce sera peut-être mon dernier, car j'ai peur du spectacle de trop.

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Au Théâtre du Nouveau Monde jusqu'au 26 juin.

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