Le dénominateur commun: autopsie de la vie

Pour écrire Le dénominateur commun, François Archambault et... (Photo André Pichette, La Presse)

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Pour écrire Le dénominateur commun, François Archambault et Emmanuelle Jimenez (absente de la photo) ont rencontré des scientifiques et une théologienne. L'idée de ces rencontres a été lancée par le comédien et metteur en scène Geoffrey Gaquère.

Photo André Pichette, La Presse

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La Licorne commence l'année avec une pièce existentialiste truculente écrite par François Archambault et Emmanuelle Jimenez. À partir de leurs échanges avec des scientifiques et une théologienne, les auteurs ont tenté de répondre à trois petites questions. Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?

C'est le comédien et metteur en scène Geoffrey Gaquère qui a lancé l'idée d'organiser ces rencontres entre auteurs de théâtre, scientifiques et autres penseurs, pour voir ce que donnerait ce frottement de têtes.

«Je voulais faire sortir les auteurs de la solitude de leur bureau», a expliqué Geoffrey Gaquère, qui est aussi directeur artistique d'Espace libre. Je voulais leur faire rencontrer des personnes qui s'intéressent aussi à l'âme humaine et au mystère de notre présence dans l'univers, mais qui ne font pas le même métier qu'eux.»

C'est ainsi que François Archambault (Tu te souviendras de moi, La société des loisirs) et Emmanuelle Jimenez (Jusqu'où te mènera ta langue) ont rencontré un physicien des particules, un généticien, une psychologue et une théologienne. Le dénominateur commun est le résultat de ces rencontres.

«J'ai voulu renouer avec l'esprit des Lumières, éclairant, afin de permettre à l'art et à d'autres disciplines savantes de se rencontrer et de dialoguer, dit Geoffrey Gaquère. À l'époque, on disait d'ailleurs «les sciences», et l'art en faisait partie. L'art était une des façons d'appréhender le mystère dans lequel on est.»

«Chacun des spécialistes explore une facette de la vie, du sens qu'on peut donner à la vie, du mystère aussi», estime quant à lui l'auteur François Archambault.

La première lecture a été faite en 2013 au festival Jamais lu, en présence des quatre «personnes-ressources». Elle a été suivie d'une discussion «aussi longue que la lecture», dit Geoffrey Gaquère, alors convaincu qu'il tenait en main la matière d'un spectacle.

Rencontres déterminantes

Les rencontres les plus «troublantes», selon François Archambault, ont été celles qu'il a eues avec le physicien des particules et le généticien.

«Avec les deux scientifiques, on a été placés devant des concepts vertigineux que certaines personnes doivent savoir, mais qui nous ont jetés par terre, comme le fait que l'homme est fait à 99 % de vide ou le fait que le corps humain est un véhicule au service des bactéries qui nous gardent en vie et vont jusqu'à influencer nos humeurs. Le fait, aussi, que l'univers est à la fois infini et en expansion!»

Fort bien. Mais comment transformer ces observations scientifiques éparses en matière dramatique sans tomber dans le piège du cours de vulgarisation?

«On ne savait pas trop ce qu'on allait faire avec tout ce qu'on avait recueilli comme information, indique François Archambault. J'ai essayé de trouver des personnages qui pouvaient porter ces réflexions-là dans des situations dramatiques concrètes. De passer du choix abstrait de ces idées-là à une matière concrète que les gens pourraient s'approprier.»

Par exemple, pour aborder la question de la sélection naturelle et de l'adaptabilité de l'espèce humaine, François Archambault a créé le personnage d'une femme qui, dans un wagon de métro, s'amuse à choisir l'homme avec qui elle s'accouplerait si les passagers de son train étaient les derniers humains sur Terre... pour, justement, améliorer le sort de son espèce!

Un contenu morcelé

Avec son contenu morcelé, Le dénominateur commun ne pouvait être conçu autrement qu'en saynètes.

«Il n'y avait pas de courbe dramatique, explique Geoffrey Gaquère. J'ai donc essayé de tracer une tension à partir de ces observations. Est-ce qu'il y a des textes qui s'opposent? Qui s'annulent? Qui se contredisent? Qui font cheminer une pensée? Je me suis imposé un cadre. Mais le but est de cheminer de question en question, de vertige en vertige.»

Partager ces connaissances avec humour, passer d'un univers à l'autre et se rappeler qu'il y a quelque chose de plus grand que nous, voilà l'objectif de l'équipe de création.

«On a voulu donner une dimension poétique à ces connaissances, ajoute le metteur en scène. Vu la complexité et le hasard de notre existence, les scientifiques nous disent qu'il y a peut-être une intelligence suprême, mais elle ressemble peut-être plus à l'oeil dans Le Seigneur des anneaux qu'à quelqu'un avec une longue barbe!»

«C'est la capacité d'évocation des acteurs qui nous mènera d'un univers à un autre», souligne Geoffrey Gaquère. Benoît Dagenais, Muriel Dutil, Maxim Gaudette et Johanne Haberlin sont les quatre interprètes qui se prêteront au jeu de ces «stand-up métaphysiques».

«Ce qui fonctionne, c'est de voir des acteurs qui se questionnent réellement et qui font en sorte que le public se questionne, précise Geoffrey Gaquère. On veut voir des gens qui cherchent. Ce sont des portes qu'on ouvre pour penser à la vie d'une façon différente. Parce que tout ça nous ramène à notre propre univers, intime et insondable.»

La mise en scène est à l'image de ces saynètes morcelées: «Nous naissons, nous évoluons et nous disparaissons. Chaque thème que nous abordons suit ce tracé. On lance des idées, on les présente et on les détruit. C'est une façon de stimuler l'imaginaire du spectateur.»

À La Licorne du 13 au 31 janvier

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