D'Artagnan et les trois mousquetaires: D'Artagnan fait mouche!

Guillaume Champoux (Aramis), Guillaume Baillargeon (Athos) et Steve... (Photo: Julia C. Vona, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier)

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Guillaume Champoux (Aramis), Guillaume Baillargeon (Athos) et Steve Gagnon (D'Artagnan) mettent en joue Philippe Robert (comte de Rochefort). À l'arrière-plan: Bruno Piccolo (Porthos).

Photo: Julia C. Vona, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier

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On ne compte plus les adaptations du célèbre roman d'Alexandre Dumas, que ce soit pour la scène, la télé ou le cinéma. L'écrivain français a d'ailleurs été le premier à adapter son roman de cape et d'épée au théâtre, quelques années après sa publication dans le quotidien Le siècle, en 1844.

Ces jours-ci, c'est le comédien et metteur en scène Frédéric Bélanger qui se lance dans l'arène, lui qui a adapté avec succès Le bossu de Paul Féval dans Les aventures de Lagardère, il y a trois ans. Il nous propose ici un spectacle familial rythmé à la perfection, avec des scènes de combats assez irrésistibles et des incursions tout à fait bienvenues dans le théâtre.

Mais ne vous attendez pas à voir la version longue du roman. Il faut bien le dire, l'intrigue a été réduite à sa plus simple expression et la forme emprunte beaucoup à l'imagerie de la bédé.

Le metteur en scène s'intéresse essentiellement à la course du jeune D'Artagnan pour récupérer le collier à ferrets de la reine (Anne d'Autriche). Un collier donné par la reine à Lord Buckingham en gage de son amour, mais que le roi (Louis XIII) lui avait jadis offert, et qu'il lui demande de porter pour un bal à venir (une ruse du cardinal Richelieu).

D'Artagnan réussira sa mission avec l'aide de ses amis, les trois mousquetaires, rappelant leur célèbre devise «Un pour tous, et tous pour un!»

Une pièce d'aventure

En fait, c'est toute la dimension politique de l'oeuvre qui a été évacuée. Oubliez le long siège de La Rochelle, les manoeuvres de Richelieu pour faire tomber la reine. Oubliez aussi la nuit que D'Artagnan a passée avec Milady, l'emprisonnement de la plus belle des vilaines, qui s'enfuit après avoir séduit son geôlier, sa chute et sa décapitation...

Il est vrai que sans ces «détails», les intentions des personnages ne sont pas toujours aussi claires qu'on le voudrait. Malgré cela, l'adaptation de Frédéric Bélanger tient la route.

Le metteur en scène parvient à donner un souffle épique à son jeune héros et à créer une pièce d'aventure, ponctuée d'envolées musicales très entraînantes, même dans une version simplifiée.

La distribution est menée tambour battant par Steve Gagnon, qui affiche toute la fougue et la témérité du jeune héros. Malheureusement, dans les quelques scènes dramatiques de la pièce, notamment lorsque son amoureuse (Constance Bonacieux) se fait assassiner, le comédien est moins crédible, passant rapidement à autre chose...

Dans le rôle de Planchet, valet de D'Artagnan, Claude Tremblay provoque des hurlements de rire dans la salle. Il nous offre certains des meilleurs moments comiques de la pièce. Il va même jusqu'à grimper dans les fauteuils pour vérifier s'il y a des gardes du cardinal «dans les environs»... Un affrontement entre les gardes du cardinal et ceux du roi a également lieu dans les allées du théâtre. On aime.

Certains personnages ont toutefois moins de relief. Le cardinal Richelieu, par exemple (interprété par ce même Claude Tremblay) paraît fatigué (pas surprenant!), tandis que le comte de Rochefort (Philippe Robert), si menaçant dans le roman de Dumas, manque de mordant. Dans le rôle du roi-pantin Louis XIII, toutefois, Philippe Robert se reprend de belle manière.

Bref, les doubles emplois des comédiens ne servent pas cette production de D'Artagnan et les trois mousquetaires. Il reste que l'adaptation de Frédéric Bélanger, extrêmement divertissante, est une excellente initiation à l'univers littéraire d'Alexandre Dumas. En espérant qu'elle donne aussi le goût aux spectateurs de plonger dans ses romans.

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Au Théâtre Denise-Pelletier jusqu'au 12 décembre.

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