13e festival Les Coups de théâtre: l'heure des Coups

La pièce Dans ma maison de papier, j'ai... (Photo Alex Paillon, fournie par les Coups de théâtre)

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La pièce Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu.

Photo Alex Paillon, fournie par les Coups de théâtre

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Les Coups de théâtre retentiront dès demain malgré l'austérité économique. Une quinzaine de pièces destinées au jeune public seront présentées dans le cadre du festival biennal. L'Illusion, L'Arrière-scène, Les Confettis, La Pire espèce, Les Bouches décousues: le directeur artistique Rémi Boucher a sorti ses gros canons! À la veille du coup d'envoi, La Presse s'est entretenue avec le chorégraphe québécois Harold Rhéaume et l'auteur français Philippe Dorin.

Philippe Dorin: temps emprunté

L'auteur français Philippe Dorin a consacré sa carrière au jeune public. Avec sa compagnie Pour ainsi dire, qu'il dirige avec la metteure en scène Sylviane Fortuny (qui est aussi sa femme), il a créé une douzaine de pièces, parmi lesquelles L'hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains, récompensée d'un Molière en 2008.

Son métier d'écrivain, il dit l'avoir appris en écrivant pour les enfants. « Mon style d'écriture s'est forgé en ayant comme point d'horizon les enfants », dit-il sans détour.

« Contrairement à ce qu'on pourrait croire, on ne peut pas tricher avec le jeune public, nous a-t-il confié au cours d'un entretien téléphonique. Il faut constamment retenir son attention et aller au bout des choses, parce qu'il ne sait pas cacher son ennui ou sa frustration. Personnellement, c'est un défi qui me stimule. »

Sa pièce Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu, créée en France en 2002, a été programmée en 2004 à Beloeil par le directeur artistique de L'Arrière scène, Serge Marois, avec qui il a collaboré à plusieurs autres projets. Sa pièce Ils se marièrent et eurent beaucoup a également été présentée à la Maison Théâtre il y a sept ans.

Cette fois, il s'agit d'une toute nouvelle production de Dans ma maison, proposée par le Théâtre des Deux mondes de Sébastien Harrisson, dans une mise en scène d'Éric Jean.

L'auteur y fait le récit d'une vieille femme à l'hiver de sa vie (incarnée par Louise Laprade), habitée par l'enfant qu'elle a été.

« Plus on vieillit et plus on se rapproche de la mort, plus l'enfance ressurgit. Au moment de disparaître, cette femme se souvient de la petite fille qu'elle a été... »

L'image du temps qui passe est représentée par les chaussures de petite fille qu'elle porte toujours aux pieds. Elle consentira à mourir « après avoir rendu ses souliers à la petite ».

« Il y a deux niveaux de lecture, précise Philippe Dorin. Il y a le personnage de cette petite fille [Marie-Pier Labrecque], que la vieille dame a été, ou alors ça peut être une petite fille qui a peur dans la nuit et qui est gardée par une vieille dame. Il y a un troisième personnage, appelé le promeneur [Michel-Maxime Legault], qui représente la mort... »

Un nouveau souffle

Même si sa femme Sylviane Fortune a créé pour la scène toutes ses pièces depuis 1997, Philippe Dorin avoue prendre plaisir à voir ses contes mis en scène par d'autres.

« Une vraie pièce de théâtre existe non pas quand elle est montée la première fois, mais quand elle est montée la deuxième fois. C'est-à-dire à partir du moment où elle peut se prêter à une autre interprétation. Prenez l'histoire de Dom Juan. Tout le monde la connaît; ce qui nous intéresse, c'est comment elle sera montée cette fois-là. »

Philippe Dorin se réjouit d'avance à l'idée de voir sa pièce mise en scène par le directeur artistique du Quat'Sous, Éric Jean.

« Je ne le connais pas personnellement, mais j'ai vu en Belgique la très belle mise en scène qu'il a faite du texte de Luc Tartar, S'embrasent, nous confie-t-il. Cela dit, j'aime bien rester à l'écart du travail de création. Il faut que le texte parle de lui-même, même s'il y a des mystères ou des interrogations. L'auteur n'a pas a donné d'explications. »

Aux Écuries, du 16 au 19 novembre. Pour les 9 ans et plus.

Harold Rhéaume: la force de l'âge

Harold Rhéaume n'en est pas à ses premiers Coups de théâtre. Avec sa compagnie Le fils d'Adrien danse, le danseur et chorégraphe de Québec y a notamment créé les pièces Cousin et Variations mécaniques, brillant solo qui mêlait habilement danse et projections vidéo.

Cette fois-ci, c'est avec la metteure en scène Marie-Josée Bastien, de la compagnie Les enfants terribles, qu'il s'apprête à créer sa nouvelle pièce, L'éveil, qui ouvrira les 13es Coups de théâtre.

«Marie-Josée et moi collaborons depuis plusieurs années, mais les invitations venaient souvent de Marie-Josée, a-t-il expliqué lors d'un entretien téléphonique. Il s'agissait de projets de théâtre, dans lesquels elle avait envie d'intégrer le mouvement (On achève bien les chevaux). Ça fait quelques années que j'ai envie de lui renvoyer l'ascenseur...»

L'éveil du printemps

L'éveil réunit ainsi trois comédiens et trois danseurs de Québec - où les comédiens danseront et les danseurs joueront...

Le texte, qui s'intéresse à l'éveil de l'adolescence, a été écrit par Marie-Josée Bastien et Steve Gagnon. «Je voulais qu'on aborde l'état adolescent que l'adulte peut aussi avoir en lui, détaille Harold Rhéaume. Un état qui nous stimule à faire des choses. Une espèce de fougue et une montée d'adrénaline qu'on perd souvent en vieillissant.»

Le spectacle est construit sous forme de tableaux ou de «cartes postales», indique Harold Rhéaume, nouvellement élu à la présidence du Regroupement québécois de la danse (RQD). Même si chacun des tableaux est l'occasion de raconter une nouvelle histoire, les personnages demeurent sensiblement les mêmes.

Comme dans plusieurs créations du Fils d'Adrien, les projections vidéo occuperont une place importante dans la création de L'éveil. «La vidéo est tantôt témoin, tantôt texture; parfois, elle permet de mettre l'accent sur certaines parties du corps en mouvement, nous dit le chorégraphe. Elle permet aussi de projeter des chorégraphies préenregistrées et d'évoquer des lieux.»

C'est donc à un plongeon dans cette jeunesse créatrice que nous convie Harold Rhéaume, qui n'avait pas envie d'aborder des «problématiques adolescentes». «On a plutôt voulu aller à la source de nos pulsions premières et de nos envies de nous dépasser, de foncer et de se lancer dans la vie.»

À l'Usine C, le 17 novembre. 13 ans et plus.

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Programmation complète: www.coupsdetheatre.com

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