La déprime: nostalgie, nostalgie...

Denis Bouchard, Julie Vincent et Rémy Girard (coauteurs... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Denis Bouchard, Julie Vincent et Rémy Girard (coauteurs et membres de la distribution originale de la pièce) avec les quatre jeunes acteurs qui reprennent leurs rôles dans la pièce actuelle: Éric Paulhus, Bernard Fortin, Anne-Élizabeth Bossé et Pascale Desrochers.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

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Il y a des pièces marquantes, dont il vaut mieux garder le souvenir... La déprime, créée en 1981 par Denis Bouchard, a apparemment été un énorme succès populaire. La pièce à sketches, qui mettait aussi en vedette les jeunes Rémy Girard, Julie Vincent et Raymond Legault, a fait le tour du Québec pendant plus de trois ans après sa création! Ce n'est pas rien.

Mais était-ce une raison suffisante pour la reprendre? Broue aussi a été un succès populaire en son temps, mais sa reprise, année après année, est-elle heureuse? Vous fait-elle encore rire? Vous a-t-elle déjà fait rire? Je ne peux comparer La déprime à sa version originale, mais cette nouvelle production, sans être ratée, laisse indifférent.

L'idée de départ est pourtant amusante: faire le portrait de la faune parfois étrange qui fréquente les gares d'autocars. Il faut le dire d'entrée de jeu: les quatre comédiens - Anne-Élisabeth Bossé, Pascale Desrochers, Bernard Fortin et Éric Paulhus -, qui interprètent une quarantaine de personnages, sont tous extraordinaires. Et leurs changements de costumes relèvent de la pure magie.

C'est vraiment grâce à leur immense talent qu'on passe à travers les deux bonnes heures de cette pièce chorale à l'humour cabotin, un peu répétitif dans sa forme.

Déprimant

Ici un jeune homme qui se marie «au téléphone» parce qu'il a raté son bus. Là un hurluberlu qui se prend pour Goldorak (!). Là encore un agent qui tient son arme à l'envers ou une mère qui «dépose» ses enfants à la gare avant d'aller travailler. Sans oublier ce chauffeur muté aux objets perdus après un accident de la route, incapable de se défendre devant son patron.

Des situations loufoques, oui, qui font sourire, c'est vrai. Des sketches plus touchants aussi, comme ce vieil homme qui erre dans le terminus après avoir perdu son portefeuille et même ses souliers... C'est joué à la manière d'un vaudeville, avec ses archétypes incontournables: le paumé, le naïf, la Germaine, le patron véreux, le vieux sourd comme un pot...

Ceux qui craquent pour ce genre d'humour y trouveront leur compte. Les autres, non.

Un des sketches qui a fait le plus réagir le public, relativement sage, met en scène un couple gaspésien à l'accent chantant, qui pique-nique au terminus avant le «shift» de monsieur. Pascale Desrochers est vraiment très drôle dans son rôle de Germaine. Idem pour Éric Paulhus dans le rôle du chauffeur d'autocar soumis. Certainement une des scènes les plus divertissantes de la soirée.

Le critique de La Presse à l'époque de la création, Martial Dassylva, écrivait que La déprime était «l'antidote parfait contre la mélancolie». L'antidote ne doit plus agir sur le critique d'aujourd'hui, ou alors c'est la mélancolie qui est plus tenace. Chose certaine, on ressort de cette Déprime en se sentant vieilli de 33 ans...

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Au Rideau Vert jusqu'au 6 novembre, puis en tournée au Québec cet hiver.

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