Raphaël à Ti-Jean: acteurs à la dérive!

Bien que Raphaël à Ti-Jean aborde des thématiques... (Photo: Bruno Roy, fournie par le Théâtre les gens d'en bas)

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Bien que Raphaël à Ti-Jean aborde des thématiques intéressantes, la mise en scène et la distribution affectent le scénario.

Photo: Bruno Roy, fournie par le Théâtre les gens d'en bas

On dit parfois que Montréal boude le théâtre en région, que son milieu s'intéresse peu aux productions hors du 514. Dont acte. Saluons l'initiative de La Licorne d'accueillir le Théâtre les gens d'en bas. On y présente Raphaël à Ti-Jean, de l'auteur madelinot Cédric Landry, sous la direction du cofondateur de la compagnie, Eudore Belzile.

Créée en juillet 2012 au Théâtre du Bic, la pièce parle de solidarité familiale et des liens, aussi forts que douloureux, entre deux frères, Raphaël et Sylvain, aux personnalités diamétralement opposées. Deuxième volet d'une trilogie maritime, Raphaël à Ti-Jean aborde aussi le thème important de «la ruralité postmoderne». Aux Îles-de-la-Madeleine comme en Gaspésie, la tradition et les valeurs communautaires sont mises à l'épreuve par les nouvelles réalités sociales et économiques. Le monde se divise en deux: ceux qui restent et ceux qui partent.

Voilà des questions pertinentes. Elles sont hélas noyées dans une mise en scène bancale et servies par une distribution très inégale.

Réunion de famille

Deux frères et une soeur se retrouvent dans la maison familiale au lendemain de la mort de leur mère. Leurs retrouvailles seront douces-amères. Le cadet, Sylvain (Hubert Proulx), a des problèmes de consommation et croule sous les dettes. Le dealer local (Frédéric Blanchette), qui a eu une aventure avec la soeur de Sylvain (Catherine Allard), se fait de plus en plus menaçant... L'aîné droit et responsable, Raphaël (Yves Bélanger), prendra dès lors les choses en main. Non sans créer des remous au sein de la petite communauté de l'île.

Si, par moments, la pièce est touchante et assez bien construite, la direction d'acteurs est catastrophique! Le contraste entre le côté artificiel de la mise en scène et le naturalisme de cet univers est frappant. Campé dans un décor hyper réaliste (murs et armoires en préfini, sapin artificiel, vieux sofas, caisses de bière, etc.), le jeu manque terriblement de naturel. Yves Bélanger et Catherine Allard étaient rouillés, mercredi dernier, comme s'ils jouaient la pièce pour la première fois! Les répliques, les déplacements (la scène de bataille entre les deux frères est totalement ratée), la musique, l'écoute entre les membres de la famille, tout sonne faux dans la mise en scène d'Eudore Belzile.

Qu'un metteur en scène qui compte 40 ans d'expérience ne corrige aucune de ces lacunes, laissant ses acteurs errer sur scène, dépasse l'entendement! Dans l'ordre des choses, cette production sans gouvernail va à la dérive.

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Au Théâtre La Licorne, jusqu'au 19 avril.




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