Novecento: pianiste: bercé par les vagues

L'interprète de Novecento (Simon Dépot, à droite) a... (Photo: fournie par la production)

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L'interprète de Novecento (Simon Dépot, à droite) a une belle présence sur scène, tandis que Tim, le narrateur (Martin Lebrun), maîtrise parfaitement le texte qui raconte la fabuleuse histoire de son ami et joue avec une calme assurance.

Photo: fournie par la production

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Vous avez maintenant deux bonnes raisons d'aller au Théâtre Denise-Pelletier. Il y a bien sûr l'excellente pièce de Victor Hugo Marie Tudor, menée tambour battant par Julie Le Breton, mais il y a aussi, depuis mercredi à Fred-Barry, plus discrète, une très belle adaptation du roman d'Alessandro Baricco Novecento: pianiste.

Les instigateurs de ce projet viennent de Québec. La pièce y a d'ailleurs été créée là-bas en 2011, avant d'être jouée en France, notamment dans le volet «Off» du festival d'Avignon. Le résultat est étonnant. Avec trois fois rien, la metteure en scène Geneviève Dionne donne un nouveau souffle au monologue de l'auteur italien.

L'audace de ce Théâtre de la trotteuse, qui en est seulement à sa deuxième production, est d'avoir croisé (avec succès) les disciplines artistiques.

Le texte est là, intact, mais il est magnifié par la présence de deux danseuses, qui multiplient les figures au sol et dans les airs, en plus d'interpréter un certain nombre de rôles. L'interprète de Novecento (Simon Dépot), qui a une belle présence sur scène, joue également au piano des pièces composées par Olivier Leclerc.

Geneviève Dionne orchestre, chorégraphie et met en scène le tout avec finesse. Et les disciplines se mêlent jusqu'à former un tout absolument cohérent.

Il faut dire que la fable de Novecento est assez irrésistible. Un bébé abandonné dans un immense bateau y grandit avec les membres de l'équipage. Comme nous sommes au tournant du siècle dernier (en 1900), il se fait baptiser Novecento. Jamais il ne posera pied sur la terre ferme.

À 8 ans, on ne sait trop pourquoi ou comment, il se met à jouer au piano de la salle de bal du bateau. Petit à petit, il deviendra une légende vivante du Virginian. Au point où un réputé pianiste de jazz viendra à bord l'affronter dans un «duel». La musique sera ainsi son refuge. Jusqu'à la fin.

Le récit est narré par un trompettiste qui a côtoyé Novecento à bord du bateau, un certain Tim. Martin Lebrun maîtrise parfaitement le texte qui raconte la fabuleuse histoire de son ami et joue avec une calme assurance. Car outre les thèmes de la peur et de la solitude, Novecento: pianiste aborde aussi la douleur de l'amitié temporaire.

Et pourtant, il n'y a rien de triste dans Novecento: pianiste. Au contraire. Il s'y dégage une sérénité tranquille et un heureux vague à l'âme.

Une des scènes les plus marquantes du spectacle se déroule pendant une tempête. Novecento débloque les roues de son piano et joue de son instrument tout en étant balayé d'un bout à l'autre de la salle de bal, avec son pote Tim assis à côté de lui. À l'arrière-scène, les deux danseuses, accrochées par des harnais, dansent sur les murs. Superbe.

À la fin, on n'a qu'une envie: replonger dans le roman d'Alessandro Barrico. Mais empli des images, de la musique et des mouvements de ces jeunes interprètes. Une belle découverte.

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Jusqu'au 8 février à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier.




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