Le Festival d'Avignon débute samedi avec le duo Béart/Balibar

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Emmanuelle Béart

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Marie-Pierre Ferey
Agence France-Presse
Paris

Le Festival d'Avignon, rendez-vous théâtral estival dans le sud de la France, débute samedi avec Par les villages de l'Autrichien Peter Handke, à la fois fable universelle - une fratrie déchirée par un héritage - et texte poétique servi par deux grandes actrices françaises, Emmanuelle Béart et Jeanne Balibar.

«C'est une histoire assez commune d'une famille qui se déchire autour d'une propriété familiale, et en même temps Peter Handke arrive à en faire une parabole plus large, sur l'intellectuel et l'ouvrier, les deux frères, l'un qui a la parole, le savoir, et l'autre qui est une sorte de damné de la terre, et au milieu la soeur qui arbitre d'une certaine manière», explique le metteur en scène Stanislas Nordey.

La pièce est largement autobiographique: «C'est moi qui suis là», précise Peter Handke en préface. «Gregor, le frère aîné qui s'est élevé en faisant des études, c'est lui, il se met en scène, son vrai frère était charpentier, il a vraiment retrouvé le motif de sa propre famille», souligne Nordey.

Mais le propos dépasse la simple autobiographie. «Tout le projet de Handke c'est de donner la parole à ceux qui habituellement ne l'ont pas au théâtre», relève Nordey.

«Les exploités, les offensés, les humiliés», selon les mots de Hans, le frère ouvrier sur des chantiers, dans la pièce, des «gens d'en bas», comme on dit aujourd'hui, souligne Nordey.

La langue est simple, limpide («Mon frère m'a écrit une lettre. Il s'agit d'argent, de plus que d'argent: de la maison de nos parents morts») traversée de longs monologues. Une «chanson des ouvriers» sera mise en musique sur scène.

Tragédie grecque

Stanislas Nordey, partisan d'un théâtre engagé dans la société, n'avait guère envie de «raconter les histoires de rois, de princes», qu'on attendrait volontiers dans le cadre grandiose de la Cour d'Honneur du Palais des Papes. Il se reconnait pleinement dans ce texte d'aujourd'hui.

La Cour d'honneur se prête aussi à un texte qui s'apparente à la tragédie grecque, avec un personnage mystérieux, Nova, qui intervient tel le choeur antique pour «élargir la pensée et en faire une parole plus universelle».

Pour ce rôle qui lui rappelle celui des anges des Ailes du désir, film né de la collaboration entre Handke et Wim Wenders, Stanislas Nordey a fait appel à Jeanne Balibar.

«Le personnage de Nova est très particulier, à la fois à l'intérieur et en dehors de la pièce. Il fallait trouver une voix particulière et c'est pourquoi je cherchais une actrice qui soit immédiatement singulière», raconte Nordey. «Pour moi Jeanne représente un imaginaire particulier, elle a une voix qui peut passer du chaud au froid très facilement, c'est une actrice qui a un très beau chemin de théâtre aussi».

Jeanne Balibar, dont le monologue clôt la pièce, délivre «une sorte de chant d'espoir dans la force de l'homme, à partir du moment où il accepte d'être simplement dans le «ici et maintenant» et pas dans le passé, et pas dans l'espérance, mais juste dans les travaux et les jours», raconte Nordey.

«Repoussez avec indignation l'éternel couplet d'être né trop tard (...) chacun de nous est destiné à conquérir le monde», proclame Nova.

Nouvelle venue, Jeanne Balibar rejoint une véritable «famille» constituée au fil des projets par Nordey: sa mère, l'actrice Véronique Nordey, son «frère de théâtre» Laurent Sauvage, et des fidèles comme Emmanuelle Béart, avec qui il a déjà travaillé à maintes reprises (Les justes de Camus en 2010, Se trouver de Pirandello en 2012).

La pièce de Handke, rarement montée, a été donnée pour la première fois dans une mise en scène de Wim Wenders en 1981. Son long poème final sonne comme un sursaut joyeux dans la morosité ambiante: «Laissez s'épanouir les couleurs. Suivez ce poème dramatique. Allez éternellement à la rencontre. Passez par les villages».

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