2012-11-16 08:47:00.000

La démesure d'une 32A : Clémence sans la chaleur

Pascale Montpetit a beau se démener sur scène,... (Photo: Caroline Roberge, fournie par Espace GO)

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Pascale Montpetit a beau se démener sur scène, changer de perruques ou d'accessoires, la magie n'opère pas.

Photo: Caroline Roberge, fournie par Espace GO

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Luc Boulanger

Luc Boulanger
La Presse

Malgré un parterre rempli de vedettes et d'admirateurs de Clémence, une curieuse impression de vide planait dans la salle de l'Espace GO transformée en cabaret, lors de la première de La démesure d'une 32A, mercredi. Pourtant, ce spectacle conçu à partir de l'oeuvre de Clémence DesRochers fournit assez de matière pour remplir notre regard et notre âme.

Une actrice de haut vol, Pascale Montpetit, capable de se transformer d'un numéro à l'autre. Un beau décor magiquement éclairé par Mathieu Roy, avec des images splendides de la vidéo réalisée par Geodezik. La voix et la belle musique d'Ariane Moffatt jouée par trois musiciens qui accompagnent la comédienne sur la scène.

Besoin d'amour

Le spectacle retrace la vie de Clémence à travers des morceaux choisis de son oeuvre. Des poèmes, chansons, monologues et sketchs, tantôt sombres et tristes, parfois comiques et lumineux. Toutefois, le fil conducteur (un peu tordu) de la mise en scène de Brigitte Poupart penche davantage dans les coins obscurs du jardin de Clémence. Et Dieu sait qu'elle en a cultivé au cours de sa vie! Des extraits des lettres d'une rupture amoureuse reviennent ici et là, tel un leitmotiv d'une thématique qui traverse toute l'oeuvre de Clémence: l'immense besoin d'amour.

De la petite ballerine à la femme nostalgique, de l'amante éconduite à l'implacable comique, on passe d'une Clémence à l'autre, souvent brusquement et sans trop savoir où l'on s'en va.

Le spectacle évoque la forte figure du père, le poète Alfred DesRochers; celle tout aussi importante, mais plus discrète de sa mère, pianiste. Pendant la chanson Maman, l'avant-dernier tableau (et le plus beau!), magnifiquement interprétée par Ariane Moffatt (la chanteuse a enregistré six chansons, en plus de signer la musique originale, mais sa présence sur scène nous manque), Pascale Montpetit valse sous un ciel étoilé, comme si elle enlaçait le souvenir de la mère de Clémence.

Or, l'actrice a beau se démener dans ce gros décor un peu froid, changer souvent de perruques ou puiser constamment dans une malle ou une valise un nouvel accessoire, la magie n'opère pas.

Puis, à la tombée du rideau, quand la comédienne fait monter sur scène la muse du spectacle qui était parmi les spectateurs, ça nous a sauté aux yeux en la voyant toujours aussi prompte et vive à 78 ans: ce qu'il manque à La démesure d'une 32A, c'est Clémence. Son univers tendre, chaleureux et ouvert est à mille lieues de ce spectacle esthétisant, froid et fermé.

Clémence elle-même a dit qu'elle ne s'était pas reconnue durant la représentation, tout en complimentant les concepteurs de cette création qui lui a «fait du bien» et énormément plaisir.

Puis, à la demande de la directrice d'Espace GO, Ginette Noiseux, Clémence a repris, en duo avec Pascale Montpetit, La chaloupe Verchères. Et d'entonner avec sa manière si touchante, un brin surannée, mais directement connectée au coeur et à l'âme, le couplet: «L'été brûlant, les étés fous/Quand nous remontions la rivière/Dans la grande chaloupe Verchères/À quelques milles de chez nous».

Comme le chantait si bien Renée Claude, c'est encore Clémence qu'on aime le mieux...

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La démesure d'une 32A, à Espace GO, jusqu'au 8 décembre.

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