Le rêve américain de Gad Elmaleh

L'humoriste Gad Elmaleh a l'habitude de remplir le... (PHOTO FOURNIE PAR GAD ELMALEH)

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L'humoriste Gad Elmaleh a l'habitude de remplir le Palais des Sports à Paris et ses quelque 4000 sièges pendant sept semaines consécutives. Ces jours-ci, c'est devant un parterre de 170 personnes, sur la petite scène de Joe's Pub à Manhattan, qu'il se produit.

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Marie-Joëlle Parent

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Bien calé dans une banquette de l'hôtel Greenwich dans TriBeCa, le quartier où il a élu domicile, Gad Elmaleh dévore un plat de poulet rôti, en fin d'après-midi. «Je suis comme un mannequin, je dois manger tôt avant mon spectacle», s'excuse-t-il à la blague.

À New York, la star française d'origine marocaine jouit d'un anonymat rafraîchissant. «Je suis complètement inconnu ici. J'adore ça, je peux aller écrire dans les cafés et je marche seul pour aller au théâtre.»

À peine a-t-il prononcé ces mots qu'un serveur marocain vient le saluer, émerveillé de voir Elmaleh sur son lieu de travail. Il revient, quelques minutes plus tard, avec ses coordonnées sur un bout de papier pour l'inviter à manger à la maison. Gad lui offre en retour des billets pour voir son spectacle. Le serveur repart, ému presque aux larmes.

Gad Elmaleh a l'habitude de remplir le Palais des Sports à Paris et ses quelque 4000 sièges pendant sept semaines consécutives. Ces jours-ci, c'est devant un parterre de 170 personnes, sur la petite scène de Joe's Pub à Manhattan, qu'il se produit. Une belle leçon d'humilité pour l'humoriste de 44 ans qui avait besoin de nouveaux défis.

New York est une source intarissable de matériel pour l'humoriste. 

«Je suis toujours en observation, le rapport avec les femmes, les commerçants, le nettoyeur, le portier de mon immeuble, les expressions qu'ils utilisent.»

La ville correspond à son rythme de vie. «Tout le monde à Paris trouve que je vais trop vite. Ici, les gens vont vite, ils répondent vite, ils réagissent vite, j'adore. Ils ont tous un point en commun: ils sont là pour une raison, petite, grande ou folle, ils ont tous un projet.»

Pour l'instant, son projet à lui est de peaufiner ce tout nouveau spectacle en anglais de 50 minutes. Il s'est donné un an. Un défi de taille. «C'est comme si un champion de tennis se mettait au foot. Ça me rappelle mes débuts.»

Se mettre au défi

Il passe ses fins de semaine dans les comedy clubs de New York pour tester de nouvelles blagues devant un public 100 % américain. «Le propriétaire, à la fin, me refile un billet de 100 $. Ça me fait sourire. Il ne sait pas ce que je fais comme argent. Je m'en fiche, je ne fais pas ça pour l'argent ou la gloire, je fais ça par défi personnel.»

Il s'est entouré d'humoristes américains qui l'aident à trouver un rythme en anglais. «J'ai dû couper dans le gras, j'utilisais trop de mots pour raconter une blague. Le public new-yorkais est exigeant. Il est habitué à quelque chose de tellement efficace. En 30 secondes, s'il n'y a pas de rires, il n'est plus avec toi.»

C'est la première fois de sa vie qu'il s'exprime longuement en anglais (sa quatrième langue après le français, l'hébreu et l'arabe). Il prend la tâche au sérieux. Chaque journée commence par une leçon d'anglais de deux heures. Il apprend à prononcer «the» et non «ze» avec une fourchette de plastique dans la bouche, il lit les journaux new-yorkais et écoute NPR.

Son spectacle parle de sa nouvelle vie en Amérique: des chauffeurs de taxi indiens qui ont toujours leur téléphone cellulaire à l'oreille, de la difficulté à trouver un appartement à New York, du dating, de la fouille corporelle à l'aéroport et du rapport que les Américains ont avec le succès.

Depuis novembre dernier, la salle de Joe's Pub est remplie de Français exilés à New York, de touristes francophones, de stars comme Al Pacino ou Leonardo DiCaprio et de New-Yorkais qui l'ont vu à la télévision sur le plateaux de Seth Meyers.

Dans la presse new-yorkaise, on le décrit comme «le Jerry Seinfeld français». Si un Américain le reconnaît dans la rue, c'est en raison de sa participation à la websérie de Jerry Seinfeld, Comedians in Cars Getting Coffee en 2013.

Seinfeld est devenu un ami et un mentor. «On est très connectés, on est dans une philosophie d'observation de la vie qui se ressemble.» Seinfeld est venu le voir sur scène à New York et lui a fait la surprise d'ouvrir son spectacle. «C'était dingue. Il s'est foutu de ma gueule pendant 10 minutes, mais avec amour!»

Gad pourra lui rendre la pareille. Il se produira en première partie de Seinfeld au Beacon Theatre le 8 juin prochain. On peut conclure que «In Gad He Trusts».

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Gad Elmaleh sera en spectacle à l'Olympia de Montréal (spectacle en français) les 16 et 17 avril, les 12, 13 et 25 mai ainsi que le 18 juin.

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