Stéphane Fallu: le bon enfant est devenu un grand

Dix ans après son premier spectacle solo, l'humoriste Stéphane Fallu retrouvait... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

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Dix ans après son premier spectacle solo, l'humoriste Stéphane Fallu retrouvait son public montréalais, ce jeudi soir au théâtre Saint-Denis. Intitulée Bon deuxième, cette nouvelle production, mieux maîtrisée, a comblé ses fans avec un style bon enfant, sans prétention et souvent franchement drôle.

Éminemment sympathique sur scène, avec son air enfantin, sorte de Pierre Richard mal dégrossi, Stéphane Fallu est assez représentatif de la génération des trentenaires qui assument tant bien que mal leurs nouvelles responsabilités de parents, sans trop s'en faire, en s'ajustant jour après jour.

Du coup, on aime cette façon de voir la vie, parfois à la limite de l'inconscience. Cela donne en tout cas un spectacle qu'on a peine à quitter.

La seule fois où Stéphane Fallu a été premier, c'était sur le lieu d'un accident, c'est tout dire. Mais être premier, c'est pas toujours winner, nous explique-t-il. Et de citer les politiciens mais aussi le public dont ce n'était peut-être pas le premier choix de venir voir Stéphane Fallu...

L'humoriste parle de tout pour finalement parler de lui. Il évoque avec une douceur non feinte son rôle de père et de conjoint en se moquant gentiment des parents qui parlent comme des bébés à leurs enfants ou des grands-mères qui deviennent tellement plus cool avec leurs petits-enfants qu'elles ne l'étaient avec les siens. En disant aussi que sa femme prend tellement de place dans la salle de bain que cela crée un conflit. «C'est comme le conflit israélo-palestinien, dit-il. Moi, je suis la Palestine et mon territoire se réduit chaque jour un petit peu.» Ce qui n'a pas déclenché beaucoup de rires. Ce sera sa seule incursion en politique internationale.

Il est drôle quand il raconte son expérience à l'épicerie, en «amateur», sans respecter «la liste» de sa blonde. Mais il a oublié ses sacs! C'est le drame!

Alors on est bien sûr dans l'anecdote d'un bout à l'autre du spectacle. Des anecdotes qui sont tellement communes, le fait de nos vies à tous, qu'on rigole plus parce que ça nous sonne une cloche que parce que c'est du nouveau stock.

Il est bon quand il imite Stephen Harper... en train de faire des enfants. Il l'est moins quand il fait les accents en anglais des Texans, des Asiatiques ou des Allemands. Pas très neuf. Mais quand il imite le chanteur Jon Bon Jovi, c'est drôle et pas mal fait.

Il fait mouche aussi quand il dit que les filles tripent sur les gars bien bâtis et qu'il compare ça à son fils à Noël qui préfère la boîte de son cadeau à son contenu.

On rit souvent dans ce spectacle, pas aux éclats, mais son humour est plaisant, attendrissant. Même quand il parle de sexe, c'est livré de façon si imagée et indirecte que ce n'est pas vulgaire et au contraire adorable.

Parmi les meilleurs segments, on retiendra quand il s'assoit vers la fin de spectacle pour parler de ses craintes pour l'avenir de son fils, un texte qu'il égrène presqu'en chuchotant. Aussi quand sa blonde l'oblige à faire l'amour plus intensément. Le mime sur scène était croulant.

Est-ce le rôle de Dominique Sillon et de Sébastien Ouellet en support aux textes ou est-ce aussi le professionnalisme de Martin Cloutier, en tout cas, le Fallu 2015 a bien meilleur goût que la précédente cuvée. Et on peut parier qu'il va bien vieillir. En tout cas, l'ovation énorme et bien méritée qu'il a récoltée à l'issue de cette première médiatique à Montréal montre qu'il y aura encore bien du monde à sa table...

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Bon deuxième, de Stéphane Fallu. Supplémentaire le 24 octobre au Théâtre Saint-Denis.

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