Neev: s'exprimer à tout prix

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Donnez à Neev une occasion de s'exprimer et il s'en emparera à coup sûr!

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Il y a tout juste cinq ans, Neev n'avait jamais encore pensé devenir humoriste. Musicien depuis son plus jeune âge, il a embrassé par hasard la carrière d'humoriste. Depuis, il travaille d'arrache-pied pour faire rire le Québec au grand complet.

Donnez à Neev une occasion de s'exprimer et il s'en emparera à coup sûr! À 7 ans déjà, il remporte le concours d'art oratoire de l'École sépharade de Montréal en se glissant dans la peau de la Sagouine. Alors qu'il poursuit ses études au collège Stanislas, il s'inscrit naturellement au programme para-scolaire de théâtre que propose l'établissement.

«J'ai eu le privilège d'avoir Evelyne de la Chenelière comme professeure. Elle m'a même écrit un rôle: je faisais un père Noël déchu dans un village du Québec où une grosse multinationale porcine venait détruire les petits producteurs!», se rappelle Neev en souriant.

Le jeune homme continue de vouloir s'exprimer par tous les moyens, que ce soit en faisant de l'impro au cégep ou en faisant une pause dans ses études pour poursuivre son rêve d'enfance de devenir musicien. Ses parents, qui ont quitté Israël pour le Québec en 1972, ont toujours été derrière lui pour le pousser à le concrétiser.

«Quand j'ai voulu suivre des cours de piano, ce n'était pas la voisine qui me les donnait: ils m'envoyaient les prendre à Vincent-d'Indy», explique Neev dont la mère a été danseuse de ballet au Conservatoire de Paris et le père, joueur de basket en première division en Israël. Neev a finalement décidé de poursuivre ses études et s'est inscrit en philosophie à l'université.

Coup de foudre

Musicien dans l'âme, Neev est tombé amoureux de l'humour un peu par hasard. «Ben Harper est la trame sonore de ma vie. Je pense en musique, mais j'ai appris un vocabulaire nouveau avec l'humour», dit-il.

C'est en 2009 que le jeune homme finit par faire le grand saut, au Festival sépharade de Montréal. Alors que l'humoriste Gad Elmaleh annonce qu'il participera à l'évènement, la productrice du festival demande à Neev d'assurer sa première partie. Non pas comme musicien, mais en tant qu'humoriste! «J'étais sympathique mais pas humoriste!», lance-t-il en riant.

Après moult discussions avec son entourage, Neev accepte de relever le défi. «J'avais joué comme musicien avec mon groupe devant 10 000 personnes, mais l'humour est un autre art! Finalement, on m'a convaincu de raconter mes histoires de conseiller à la clientèle chez Vidéotron, qui étaient de vraies anecdotes de travail», explique Neev.

L'humoriste en devenir voit alors sa première ovation en carrière. Mais sûrement pas la dernière. Tout s'enchaîne alors.

«Lise Dion et Robert Charlebois sont venus me voir après le spectacle. Et Laurence, la femme de Robert, m'a dit: "Gilbert Rozon est un bon ami, je ne te promets rien, mais je vais lui parler de toi. Ce que tu fais est vraiment extraordinaire"», se rappelle-t-il.

Deux jours plus tard, le téléphone sonne. Au bout du fil, Luce Rozon demande à le rencontrer. Neev signe alors un contrat avec Juste pour rire.

«C'était de la pure science-fiction! Un peu comme si Marc Bergevin m'appelait pour jouer ce soir et qu'après la game, il me signait pour cinq ans! 

«J'ai pris le pari et j'ai découvert une nouvelle manière de connecter avec le public. À chaque pas, à chaque mot, j'avais la réaction instantanée des spectateurs», ajoute-t-il.

Très vite, Neev se lance le défi de faire rire tout le temps, mais surtout partout au Québec.

«Je suis allé faire le tour du pays avec la tournée des Rendez-vous francophones, du Nouveau-Brunswick à Vancouver en passant par Saint-Boniface et Winnipeg. Ce voyage a vraiment réaffirmé mon identité francophone et québécoise», dit-il.

«Je suis québécois au même titre que les autres. J'ai ce bagage génétique juif marocain, mais je suis québécois dans mon âme. Un bagage culturel n'est pas un fardeau, c'est une richesse!», ajoute l'humoriste.

Si, dans un premier temps, Neev doit compter sur ses amis Adib Alkhalidey, Sébastien Ravary, Simon Delisle et Thomas Levac pour écrire ses textes, il est aujourd'hui 100% autonome.

«Il ne faut pas seulement avoir du charisme et être bon sur scène. Tu dois produire des textes, les apprendre, les jouer. Je commence à laisser derrière moi le complexe de ne pas avoir fait l'École nationale de l'humour», précise-t-il.

À venir

Enchaînant les prestations dans les galas Juste pour rire (Guy Nantel, Gregory Charles, Jean-François Mercier), mais aussi les 60 minutes au Zoofest, Neev est aujourd'hui chroniqueur à l'émission Selon l'opinion comique, diffusée sur les ondes de MATV.

Il profite de cette occasion pour affûter ses opinions et les utiliser dans l'optique d'un premier spectacle solo. «Je voulais m'affirmer artistiquement avant de le faire, et là, c'est le cas», conclut-il.

Âge: 29 ans

Signes distinctifs: «Dodu et poilu»

Mantra: «Peu importe ce que tu fais, fais-le bien ou ne le fais pas.»

Style d'humour: «Un Québécois en 2015, au sens le plus large.»

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