Stéphane Rousseau: vieillir avec ses défauts

Il lance ce soir à Paris son sixième spectacle solo, intitulé Stéphane Rousseau... (Photo: Émilie Côté, La Presse)

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(Paris) Il lance ce soir à Paris son sixième spectacle solo, intitulé Stéphane Rousseau brise la glace. Nous l'avons rencontré hier dans la loge qu'il occupera pendant 43 soirs, jusqu'en janvier, dans le mythique Théâtre du Palais-Royal.

La première fois qu'il est monté sur la scène du Théâtre du Palais-Royal, niché dans le 1er arrondissement, près du Louvre, Stéphane Rousseau en a eu les larmes aux yeux. Les esprits de Molière, Georges Feydeau, Louis de Funès, Jean Marais et Daniel Auteuil se sont croisés à différentes époques dans ce lieu historique au décor de velours rouge. «C'est rare qu'on présente des one-manshows ici, souligne-t-il. Il y a surtout du théâtre.»

Ce soir, l'humoriste touche-à-tout y donne la toute première représentation officielle de son sixième spectacle solo, intitulé - en France et pas nécessairement au Québec - Stéphane Rousseau brise la glace, qui suit de près son spectacle Confessions.

«L'accouchement a été difficile. Je voulais faire quelque chose de différent mais, comme je le dis dans le show, c'est difficile de changer», dit-il.

Rousseau s'initie à de nouveaux choix formels. Non seulement son spectacle n'est pas divisé en numéros, mais une batteuse (Emmanuelle Caplette) et un multi-instrumentiste (William Croft) l'accompagnent aussi sur scène pendant près de deux heures, sans entracte.

«C'est continu, donc plus long à mettre en place. C'est comme un marathon, et il ne peut y avoir de temps mort. Tu racontes plus, tu joues moins. J'ai dû écrire trois shows avec toutes les modifications», confie-t-il.

«Je voulais faire quelque chose de différent sous forme de stand-up à l'américaine avec un micro dans les mains, poursuit-il. Au départ, il ne devait pas y avoir de personnage, mais j'ai craqué sous la pression...»

Chico Rico, le célèbre tombeur latino, sera donc du spectacle. «La demande était très forte, indique son créateur. À la fin des shows, les gens scandaient son nom. Ne pas donner un bonbon aux gens qui vont te voir, c'est comme le groupe qui ne fait pas son hit. Et j'avais plein de choses à lui faire dire. Pour moi, il est une source de testostérone, car je suis assez timide avec les filles dans la vie.»

Casser son image

Sur scène, Stéphane Rousseau dressera «le bilan d'un gars de 48 ans qui vous dit: «Tu as beau vouloir changer dans la vie, tu ne changes pas!»» Il dévoile néanmoins un côté plus «corrosif» de sa personnalité d'humoriste. «Je brise l'image que les gens ont de moi. Je suis plus fidèle à qui je suis dans la vie. Des fois, des amis me disent: «Tu es plus drôle à la maison que sur scène...»»

Sans virer trash pour autant, Rousseau s'éloigne quelque peu du politically correct dans l'échelle du cynisme et de l'autodérision.

Bâti en crescendo, Stéphane Rousseau brise la glace démontre que les défauts et les démons intérieurs de son auteur finissent par le rattraper. «Mettre le doigt sur le bobo, illustre-t-il. Malheureusement, mes shows sont souvent très, très vrais... thérapeutiques. Mais c'est en étant le plus sincère possible que l'on touche les gens.»

Le temps passe trop vite

Au menu du spectacle: quatre chansons originales et des extraits de reprises thématiques connues, notamment de Robert Charlebois au bord d'un feu de camp et des chanteurs français dont il se moque du «côté dépressif» et des «cheveux gras».

Avec humour et émotion, Rousseau parle des gens qui l'ont beaucoup inspiré (dont sa grand-mère), de ses techniques de séduction vieillissantes et de ses abus qui peuvent causer des chicanes de ménage, dit-il à la blague.

«Difficile de voir la cinquantaine approcher?

- Je trouve ça tough, répond Stéphane Rousseau sans hésiter. J'adore l'assurance qui vient avec, mais je déteste voir ma tête dans le miroir le matin. Le temps a passé trop vite. Je dis dans le show que je me suis endormi à 32 ans et réveillé à 48.»

Rousseau vit entre la France et le Québec depuis 12 ans. «Cela élargit ta palette, dit-il. Je me façonne en découvrant des styles différents, et cela m'amène à revoir ma façon d'écrire avec un petit edge de plus quand je reviens au Québec.»

Son fils de 6 ans arrivera à Paris dans quelques jours. «J'ai hâte qu'il voie son papa ici et qu'il voie la salle.»

Quant aux médias, c'est la semaine prochaine qu'ils assisteront à Stéphane Rousseau brise la glace, qui sera présenté au Québec l'an prochain.

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