India Desjardins: l'âge adulte

India Desjardins est consciente qu'elle déstabilisera des lecteurs... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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India Desjardins est consciente qu'elle déstabilisera des lecteurs avec son premier roman adulte, La mort d'une princesse.

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Josée Lapointe

Récemment, dans une bibliothèque, India Desjardins a reçu une pétition intitulée «Pour un 9e tome d'Aurélie Laflamme». Les signataires, des petites filles de 10 ans, n'étaient même pas nées lorsque le premier tome du Journal d'Aurélie Laflamme a été publié, en 2006.

«Ça m'a étonnée et touchée de voir qu'Aurélie était encore en vie», confie l'auteure, qui est devenue une véritable vedette littéraire grâce à cette charmante série jeunesse, vendue à plus de 2 millions d'exemplaires au Québec et en France - un chiffre, il faut le dire, qui donne le vertige.

Depuis qu'elle a mis le point final au huitième et dernier tome de sa série, il y a six ans, India Desjardins a multiplié les projets, allant où on ne l'attendait pas nécessairement: elle a coscénarisé le film Aurélie Laflamme - Les pieds sur terre, travaillé sur la série Ces gars-là, écrit deux tomes de la BD La célibataire, publié à La Pastèque un album illustré par Pascal Blanchet, Le Noël de Marguerite.

Dans cet esprit, elle lancera le 8 février La mort d'une princesse, un roman «adulte» plus sérieux que ce à quoi elle nous a habitués. «Je sais que c'est un risque, parce que ce livre est différent. Il y a moins d'humour, et l'histoire d'amour n'est pas centrale. Mais je ne pouvais pas faire autrement, je suis allée là où me menait mon coeur», dit India Desjardins, qui sait bien qu'elle va quelque peu déstabiliser les lecteurs.

«Ça me déstabilise moi aussi, bien sûr, et ça m'insécurise. Quoi que je fasse, on m'associe au jeunesse, mais je suis une auteure, point.»

«Je raconte l'histoire que j'ai le goût de raconter et je n'ai pas trop de contrôle là-dessus. Les gens m'ont placée dans une case et c'est correct, mais toutes sortes de choses sortent de cette case-là», dit l'auteure, qui aimerait que ses livres soient classés «pour tous» si cette catégorie existait en littérature, comme au cinéma.

Amour adulte

Dans La mort d'une princesse, India Desjardins avait envie de parler d'un amour plus adulte. Elle y raconte l'histoire de Sarah, attachée de presse qui a fondé sa propre boîte et qui se ferme à l'amour après avoir été trompée par celui qu'elle considérait comme l'homme de sa vie.

L'auteure en profite pour détourner les images de contes de fées et montrer comment on peut surmonter la désillusion amoureuse pour trouver un autre type d'amour, plus équilibré et plus complet.

«C'est un livre sur comment vivre sa vie dans la réalité, et non dans les illusions des comédies romantiques.»

India Desjardins a elle-même fait ce cheminement dans sa vie personnelle - même si l'histoire de Sarah n'est pas son histoire, tient-elle à préciser. «Je dirais même que le mot ‟désillusion" devrait être positif. C'est ‟illusion" qui devrait être négatif... C'est super de vivre dans la réalité!»

La mort d'une princesse, d'India Desjardins... (image fournie par les Éditions de l’Homme) - image 2.0

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La mort d'une princesse, d'India Desjardins

image fournie par les Éditions de l’Homme

Le personnage de Sarah, donc, a «tué sa princesse intérieure». «Elle a compris qu'elle ne sera pas sauvée par un prince, mais par elle-même», dit India Desjardins, qui parle aussi dans ce roman de fidélité, de confiance, d'abandon, d'engagement et d'amitié.

Même si, en filigrane, elle parle également de vedettariat et qu'elle remet en question notre dépendance aux réseaux sociaux, l'auteure de 40 ans en convient : elle aime, encore et toujours, parler d'amour dans ses livres.

«Ben oui, j'aime ça, laisse-t-elle tomber en souriant. L'amour, ça fait partie de la vie.»

Elle refuse par contre le terme chick lit pour décrire son nouveau roman, préférant celui de comédie romantique ou même... de roman d'amour.

«Chick lit, je trouve ça discriminatoire. Un gars parle de sa peine d'amour pendant un livre complet, on dit qu'il est sensible et qu'il a créé une oeuvre contemporaine. Une fille parle d'amour, on dit que c'est cucul et léger. En plus, c'est comme si les personnages de filles ne pouvaient pas intéresser les gars.»

Liberté

India Desjardins n'a pas d'attentes par rapport à la réception de La mort d'une princesse. «Attente signifie déception. Avec Aurélie, je me disais que si j'aidais un seul ado à passer à travers les obstacles de l'adolescence, c'était mission accomplie. Là, c'est la même chose: si j'aide quelqu'un à surmonter la désillusion amoureuse et à lui redonner espoir, je serai contente.»

India Desjardins continuera de toute façon à «suivre son coeur». Elle travaille déjà sur un album illustré pour La Pastèque, qui devrait être publié à l'automne, et caresse le désir d'écrire un livre documentaire sur... les baleines. Et Aurélie Laflamme, a-t-elle toujours en tête de la ramener 10 ans plus tard, comme elle l'avait déjà annoncé?

«Oui, mais la pétition m'a donné une idée, un peu différente du début, mais qui va dans le même sens. Je ne voulais pas faire une suite juste parce que j'avais du succès. J'avais besoin d'explorer autre chose, d'écrire autre chose. Depuis, j'ai vécu tellement d'affaires, je vois qu'Aurélie est encore en vie, et c'est bien parce que ça me donne toutes les libertés.» 

Son actualité

> La mort d'une princesse sort le 8 février aux Éditions de l'Homme.




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