Paddington: histoire d'été avec un ours

Paddington a d'abord été un griffonnage publié en août... (Illustration de R.W.Alley, fournie par les Éditions Michel Lafon)

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Paddington a d'abord été un griffonnage publié en août 1958.

Illustration de R.W.Alley, fournie par les Éditions Michel Lafon

Marie-Christine Blais
La Presse

En 1958, le Britannique Michael Bond créait un personnage d'ourson qui allait séduire le monde entier: Paddington, dont les aventures allaient se vendre à plus de 35 millions d'exemplaires. Jusque-là, il existait bien des histoires avec des animaux qui parlaient comme des humains. Mais aucune où un animal ne parlait qu'avec des humains! Mi-décembre, Paddington fera le saut au grand écran (et M. Bond y fera une apparition éclair!). Les éditions Michel Lafon republient donc ses histoires dans de joyeux albums colorés. Aujourd'hui âgé de 88 ans, M. Bond a raconté à La Presse l'histoire derrière l'histoire de Paddington!

Il était une fois un ours...

«Paddington a été publié en août 1958. Par coïncidence, ma fille Karen est née le 13 août de la même année, ce qui fait qu'elle ne peut jamais mentir sur son âge! Je précise cela parce que, bien que tous deux soient dans la fin cinquantaine, aucun ne fait son âge!

«Maintenant, comment tout cela a-t-il commencé? J'étais caméraman télé pour la BBC à l'époque et j'écrivais dans mes temps libres. Un matin, je me trouvais assis devant une page blanche et, la vérité, c'est que Paddington a d'abord été un griffonnage que j'ai fait pour me mettre en train. Je ne pensais pas écrire plus que quelques mots, certainement pas un livre, et encore moins un livre pour enfants...

«En jetant un coup d'oeil sur le petit appartement londonien où je vivais alors, mon regard s'est arrêté sur un ourson en peluche sur le manteau de la cheminée. Je l'avais acheté à la dernière minute pour finir de remplir le bas de Noël de ma femme, et nous l'avions appelé Paddington parce que c'était le nom de la gare la plus proche. C'est important, les noms, et celui de Paddington avait un côté important. Pas prestigieux, mais solide et fiable. Or, comme l'a dit l'acteur Peter Bull: "Les poupées sont toujours en train de se demander ce qu'elles vont porter, alors que vous savez que vos secrets sont en sécurité avec un ours (...)".»

Un ours nommé Paddington

«Après tout, les ours peuvent se tenir debout sur leurs pattes arrière, ils ont déjà quelque chose d'humain. Je me suis donc demandé ce qui arriverait à un vrai ours s'il descendait à la gare de Paddington. Tiens, supposons que mon père et ma mère le trouvent? J'ai tapé simplement les mots: « M. et Mme Brown ont rencontré Paddington pour la première fois sur un quai de gare. D'où ce drôle de nom pour un ours, parce que ça se passait à la gare de Paddington. «Et ma page n'était plus blanche!

«En fait, je me suis pris au jeu, et l'auteur en moi a pris le dessus, et j'ai donc continué à écrire, et en une matinée, tout était en place! Je visualisais Paddington très clairement. Comme on le trouvait près du bureau des objets perdus, il pouvait avoir une étiquette autour du cou précisant: S'IL VOUS PLAÎT, VEILLEZ SUR CET OURS. MERCI. (Ce dernier mot est très important!)»

Le portrait de Paddington

«Il porterait les vêtements que je portais à l'époque: un duffle-coat du surplus militaire britannique et un chapeau de brousse informe, qu'il lèverait chaque fois qu'il rencontrerait quelqu'un, car ce serait un ours bien élevé et poli. (À cet égard, c'est à mon père que Paddington ressemble plus, car mon père n'a jamais quitté la maison sans un chapeau. On assure même qu'il en portait un dans l'eau quand nous étions en vacances, au cas où il rencontrerait quelqu'un).

«Oui, ce serait un ours toujours plein de bonnes intentions et optimiste, quoique porté à faire des gaffes. Comme le dit Paddington lui-même dans la première histoire: «Il m'arrive toujours plein de choses. Je suis ce genre d'ours. «Et il aurait appris à parler un excellent anglais avant d'être envoyé dans le monde.

«J'ai décidé qu'il arriverait du Pérou parce que je cherchais un endroit où les ours existaient toujours, mais éloigné et isolé: le Pérou l'était à l'époque et j'ai écrit «du fin fond du Pérou «pour renforcer cette idée.»

Un ours parmi nous

«Paddington serait aussi un éternel optimiste. Les lecteurs et les téléspectateurs (du dessin animé) voient les catastrophes arriver bien avant lui, partagés entre l'idée de lui crier «Non, ne fais pas ça «et l'idée de voir comment il va s'en tirer. Difficile de gronder quelqu'un d'aussi bien intentionné!

«Ensuite, j'ai créé le personnage de M. Curry, un voisin grincheux qui essaie toujours d'exploiter Paddington: quand la situation virerait à la catastrophe, les conséquences seraient encore pires pour M. Curry! Par ailleurs, bien que la famille Brown soit très bonne avec Paddington, celui-ci est fondamentalement un réfugié, et seul un autre réfugié peut comprendre cela. Voilà pourquoi j'ai créé M. Gruber, un réfugié hongrois, et ils sont très proches l'un de l'autre.

«[...] Mais le plus important, c'était que personne ne se surprenne de ce que Paddington soit un ours! Oui, voilà: tout le monde le traiterait comme un gentleman étranger un peu bizarre. Je crois que c'est pour cela que les adultes l'apprécient autant que les enfants. (...)»

Toujours le même

«Si j'en crois les lettres d'enfants que je reçois aujourd'hui, leurs réactions sont les mêmes qu'il y a 50 ans. Par contre, le rythme de vie a tellement accéléré que beaucoup de gens sont un peu envieux du fait que Paddington ne change pas et qu'il vive encore à son propre rythme. Depuis la parution du premier album il y a 56 ans, le monde a rétréci et a perdu une bonne partie de son charme, parce qu'il n'y a plus beaucoup de surprises. Mais la nature humaine, elle, demeure la même... Comme Paddington!»




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