Pourquoi il faut lire le livre d'Hillary Clinton

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Dans Ça s'est passé comme ça, Hillary Clinton raconte de l'intérieur la campagne présidentielle américaine de 2016.

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Une semaine après la publication de la version originale (What Happened), la traduction du livre d'Hillary Clinton, Ça s'est passé comme ça, arrive en librairie aujourd'hui. Vous croyez tout savoir sur les confidences de l'ex-candidate à la présidence? Voici cinq bonnes raisons pour lesquelles ce livre vaut la peine d'être lu.

Parce que c'est bien écrit

Contrairement à son livre précédent, Le temps des décisions (Hard Choices), qui était ni plus ni moins que son programme politique préélectoral, ce livre est beaucoup plus intéressant et agréable à lire. Bien sûr, on se doute qu'il y a une équipe de rédacteurs autour de Mme Clinton, équipe qui a écrit, peaufiné, vérifié et soupesé probablement chaque confidence et chaque anecdote de ce livre. Les trois principaux auteurs sont d'ailleurs remerciés à la fin du livre ainsi que les dizaines de personnes qui ont collaboré, de près ou de loin, à l'élaboration de l'ouvrage. On devine, donc, que rien n'a été laissé au hasard. Et malgré tout, ça reste un bon livre.

Parce que c'est raconté avec honnêteté

On l'a dit plus haut, ce genre de livre ne s'écrit pas seul. On sent tout de même l'être humain entre les lignes. Hillary Clinton se dévoile. Elle le dit d'entrée de jeu, elle a laissé tomber la garde pour ce bouquin. Celle à qui on a toujours reproché son armure et son sourire plaqué en toutes circonstances accepte de se dévoiler dans sa fragilité et son humanité. Est-ce qu'elle aurait dû le faire plus tôt? On se pose la question. Car l'Hillary Clinton qui se dévoile dans ce livre est plus rieuse, plus humaine et plus sympathique que le personnage public auquel nous sommes habitués. On la croit lorsqu'elle raconte avoir manqué d'air quand elle a compris qu'elle se dirigeait vers la défaite, le 8 novembre dernier. On est avec elle dans les jours qui suivent, lorsqu'elle est assommée et que la culpabilité de ne pas avoir été à la hauteur des attentes des femmes l'étouffe. Elle pourrait difficilement paraître plus sincère lorsqu'elle décrit son abattement. Et qu'elle avoue ne penser qu'à «ça» depuis pratiquement un an. Ce qui n'empêche pas que cette femme soit une véritable force de la nature. Alors que la plupart des gens se seraient roulés en boule sous l'édredon, Hillary marche en forêt, voit ses petits-enfants et parle à ses amis au téléphone. À presque 70 ans, c'est une dynamo, même dans l'adversité.

Ça s'est passé comme ça, d'Hillary Rodham Clinton... (Image fournie par Fayard) - image 2.0

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Ça s'est passé comme ça, d'Hillary Rodham Clinton

Image fournie par Fayard

Parce qu'on en apprend beaucoup sur le déroulement d'une campagne

Les déplacements, l'élaboration des engagements et des promesses, les rencontres avec les électeurs sur le terrain, le travail d'équipe, les médias, les nuits trop courtes, les siestes volées à droite et à gauche, les villes qui se suivent et se ressemblent, la pression sur la vie familiale, les repas-minute, l'ambiance à bord d'un bus ou d'un avion. Pour ceux qui aiment les récits de campagne, c'est un regard de l'intérieur sur la vie quotidienne d'une candidate. Bien sûr, on n'y trouve pas autant de détails croustillants que dans un livre écrit par un journaliste, mais il reste qu'on comprend mieux l'incroyable organisation et l'énergie requise de la part de ceux et celles qui aspirent au plus haut poste.

Parce qu'Hillary regarde les choses en face

Contrairement à ce que bien des gens - surtout des adversaires - ont dit depuis la sortie de son livre, ce n'est pas vrai qu'Hillary Clinton n'assume pas sa défaite. Elle reconnaît ne pas avoir été réceptive à la rage d'une certaine portion de l'électorat américain. De plus, elle constate que bien des gens ne l'aiment tout simplement pas. Elle affirme qu'elle aurait pu travailler encore plus fort. Elle reconnaît ses erreurs, certaines déclarations malheureuses, comme celle où elle a affirmé qu'elle éliminerait les emplois dans les mines de charbon. Ce qui se voulait une promesse pro-environnement s'est transformé en menace pour bien des travailleurs. Les aveux et les constats d'Hillary Clinton ne l'empêchent toutefois pas de cibler les raisons indépendantes de sa volonté qui ont contribué à sa défaite: le rôle du directeur du FBI, James Comey, l'implication de la Russie et l'hostilité de Bernie Sanders et de ses supporteurs sont toutes des raisons objectives qui ont joué contre la candidate démocrate. On voudrait qu'une femme qui a consacré sa vie à la chose publique, qui a mené deux campagnes éprouvantes et qui a vu la victoire lui échapper de peu accepte tout cela sans broncher, sachant de surcroît qu'elle a remporté le vote populaire?

Parce que c'est un constat dur et honnête sur la place des femmes en politique

La voix, la tenue, la coiffure... le moindre aspect de l'apparence d'Hillary Clinton a été scruté à la loupe au cours des dernières années. Tous les bons sentiments et les livres qui encouragent les femmes à se lancer en politique ne font pas le poids quand on lit le chapitre que l'ex-candidate consacre à son expérience «en tant que femme». Qu'une candidate de sa trempe, avec sa feuille de route, n'ait pas réussi à faire valoir son expérience en dit long sur l'accueil que réserve l'électorat américain aux femmes qui aspirent aux plus hauts postes. On l'aura compris, le livre d'Hillary Clinton est tout sauf un conte de fées.

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Ça s'est passé comme ça. Hillary Rodham Clinton. Fayard. 480 pages.




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