La femme aimante et le rockeur tourmenté

L'écrivain Marc Fisher s'est inspiré de l'histoire d'amour... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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L'écrivain Marc Fisher s'est inspiré de l'histoire d'amour entre le mannequin Mélanie Chouinard et le chanteur Éric Lapointe pour écrire le roman La femme qui aimait trop.

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L'auteur à succès Marc Fisher publie demain La femme qui aimait trop, une histoire d'amour tragique inspirée de la vie de sa femme Mélanie Chouinard, ex-mannequin qui a fréquenté le rockeur Éric Lapointe pendant des années. Entre les scènes de baise violente, d'alcoolisme et de débauche, quelle est la part de vérité de ce récit qui «risque de faire scandale», selon les mots mêmes de l'éditeur? Entrevue avec l'écrivain et sa muse.

À quelques heures du lancement du nouveau livre de Marc Fisher, hier au Lion d'Or de Montréal, l'auteur et sa muse Mélanie Chouinard étaient fébriles.

«Ce roman est beaucoup inspiré de la vie de Mélanie, mais j'ai changé tous les noms. Ayant travaillé six ans pour une maison d'édition, j'ai acquis quelques connaissances juridiques, et nous ne voulions éclabousser personne. Ils ont quand même deux jeunes enfants ensemble», a expliqué M. Fisher à La Presse.

Son livre raconte l'histoire d'Erica, femme follement amoureuse de Billy Spade, avec qui elle entretient une relation malsaine. Plusieurs éléments de l'histoire font penser au chanteur Éric Lapointe, notamment la page couverture du roman, qui met l'accent sur le fait que Mme Chouinard a longtemps fréquenté une «rock star».

«On pourrait dire que 75 % des scènes du livre sont véridiques, comme leur rencontre et les premières nuits d'amour. C'est à peine romancé.»

«Ce n'est toutefois pas un règlement de comptes. Ce genre d'exercice ne m'intéresse pas, de toute façon. Nous n'essayons pas de "rider" sur la célébrité d'Éric Lapointe. Les noms ne sont pas les mêmes. Mais Mélanie a son histoire et, comme Woody Allen avec son film Annie Hall, elle raconte [à travers mes mots] ce qu'elle connaît, le genre de situations qu'elle a vécues», poursuit-il.

«Ce n'est pas ma bio»

Quand Marc Fisher a pris contact avec Mélanie Chouinard pour la première fois, après sa rupture avec Éric Lapointe, l'ex-mannequin écrivait tous les soirs ses mémoires sur sa vie de couple mouvementée, un exercice qui lui servait d'exutoire émotionnel.

«Un moment donné, c'est devenu lourd. J'étais à fleur de peau avec mes enfants et je n'étais plus capable. J'avais déjà écrit 180 000 mots et je voulais utiliser ce que j'avais vécu pour en faire un roman, mais je ne pouvais pas le faire moi-même. J'ai donc dit à Marc: "Si tu peux prendre quelques bons éléments et en faire une tragédie d'amour, ça serait super"», nous a-t-elle raconté.

Or, La femme qui aimait trop n'est pas un récit biographique, a-t-elle ensuite martelé à répétition.

«Éric et moi avons de jeunes enfants et je ne voulais blesser personne. Avec Marc, nous avons donc gardé les mêmes thèmes, soit la vie d'une femme et de son amoureux, une star du rock alcoolique et dépendante, mais ce n'est pas notre histoire. Je veux être très claire sur ce point. C'est la même danse, sans être la même chorégraphie», affirme-t-elle.

Éric Lapointe garde le silence

Il a été impossible de savoir hier ce que pense Éric Lapointe de ce projet littéraire. Nous avons tenté de lui parler, en vain. La responsable des relations de presse du rockeur a simplement répondu qu'il ne ferait aucun commentaire sur le livre. Envisage-t-il de poursuivre son ex-conjointe si elle va trop loin dans son récit? «Aucun commentaire», a-t-on répondu de nouveau.

«Éric n'en pense rien de bien, rien de mal. Il pense que c'est cool que j'aie fait un livre. Il m'a simplement dit que c'était cool pour moi et que je pouvais m'inspirer de ce que je voulais pour écrire dans la vie.»

«Dans sa chanson Ça me manque, Éric parle qu'il s'ennuie de se faire traiter comme un chien sale. Il parle de moi! Si je lui ai inspiré cette chanson, ça ne me colle pas à la peau - de la même façon que je me suis inspirée de notre relation, mais que le livre ne raconte pas notre histoire», a-t-elle précisé.

La femme qui aimait trop, publié par Les Éditeurs réunis, est une histoire sur «les amours mal compris, les problèmes de dépendance, de perception et l'emprise de l'entourage d'une "rock star" sur sa vie familiale», peut-on lire dans le communiqué de presse. Le livre sort en librairie demain.

Quelques extraits du roman

«Il m'a réveillée en se glissant en moi sans me demander mon avis. Il était aussi fougueux que si c'était la première fois, alors que c'était déjà la quatrième ou la cinquième, je sais plus, car à un moment pendant la nuit j'ai eu l'impression qu'il m'avait envahie une autre fois. [...] Il avait son haleine de vodka et de cigarette, mais j'avais la même: à étalon qui te prend de façon débridée, même sans sourire Pepsodent du matin, tu dis pas non.»

* * *

«Je voyais plus que lui, et lui voyait plus que moi, et les groupies stupides autour de lui sont devenues en un instant autant de femmes invisibles, et ça m'a plu. Une femme aime pas partager son mec, à moins qu'elle partage en cachette le lit d'un autre mec. Surtout que, moi, je suis loyale en amour. Quand je donne mon coeur à un homme, je lui donne aussi la clé de mon sexe, de ma vie, alors les autres hommes peuvent pas entrer.»

* * *

«"Si tu entres dans ma vie, tu vas te sentir prisonnière, tu vas peut-être finir par te sentir laide, même si tu es la plus belle femme que j'aie jamais rencontrée. Non seulement je suis égocentrique, mais je suis capable d'être cruel."

Billy a défait sa ceinture, a baissé son pantalon, son boxer, et m'a montré sa virilité. J'ai dit: 

- T'es gonflé, toi. Et j'ai ajouté, pour le piquer: 

- Enfin pas vraiment assez pour me faire rêver.»

* * *

«Il m'a poussée sur le lit, qui était immense, merveilleuse piste de danse. J'étais intimidée, mais avant qu'il entre en moi, je lui ai quand même demandé: 

- Tu portes rien?

- Juste mon sentiment pour toi. Est-ce que j'ai besoin d'autre chose?

J'ai trouvé ça romantique. Vraiment. C'était non seulement un homme cruel, mais un homme qui aimait vivre dangereusement. Et plus dangereusement qu'il pensait parce que, s'il portait rien, moi, je portais pas de stérilet. Et je prenais pas la pilule.»

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