Michel Falardeau: retour à la terre

Y a-t-il un fil conducteur qui traverse tous... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE)

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Y a-t-il un fil conducteur qui traverse tous les albums de Michel Falardeau? «Ce n'est pas toujours réfléchi, mais j'aime revenir à mes racines, d'où je viens», explique le bédéiste, qui a déjà près de 15 ans de métier.

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Après avoir publié ses albums pendant plus d'une décennie en France (Glénat, Dargaud), l'auteur du remarquable French Kiss 1986, Michel Falardeau, sort chez Lounak son premier album édité au Québec, L'esprit du camp.

Il s'émerveille encore de sa nouvelle vie à Montréal. Après huit mois, la lune de miel se poursuit. Malgré les cônes orange, Michel Falardeau y trouve plus de verdure que dans la ville de Québec, où il a vécu pratiquement toute sa vie adulte. Un environnement apaisant pour le bédéiste de 37 ans, qui a déjà près de 15 ans de métier.

La sortie de L'esprit du camp, qui fait suite à sa série Le Domaine Grisloire (Glénat), est pour lui une formidable occasion de mieux se faire connaître... au Québec.

«En France, c'est quand même une grosse machine, nous dit-il. On n'arrive pas toujours à mettre de l'avant l'histoire qu'on veut. Ici, j'ai l'impression d'avoir un meilleur contrôle, même si ça paie moins. Au moins, lorsque ma bédé sort, elle n'est pas noyée dans une mer d'albums. Il y a un vrai suivi. Comme l'éditeur en publie moins, il les défend tous!»

Grâce à une bourse du CALQ, Michel Falardeau s'est mis à l'écriture de ce scénario haletant, mi-réaliste, mi-fantastique, qui se passe dans un camp de vacances.

L'esprit du camp raconte l'histoire d'Élodie, jeune adolescente «forcée» par sa mère à travailler comme monitrice dans un camp de vacances. La jeune fille s'y rendra avec toute la mauvaise foi du monde. Là-bas, elle sera vite happée par ses obligations, même si elle se fera aussi une amie. Elle sera surtout marquée par l'étrange (et inquiétant) comportement de son directeur de camp.

L'esprit du camp... (Image fournie par Lounak) - image 2.0

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L'esprit du camp

Image fournie par Lounak

Plonger dans sa jeunesse

Ce scénario, Michel Falardeau l'avait en tête depuis quelque temps, étant lui-même allé dans sa jeunesse dans un camp de vacances (le camp Baseley), bercé par les légendes et les histoires de peur.

«J'avais adoré ça, se rappelle-t-il, mais je venais du coin, j'ai grandi à Notre-Dame-du-Lac (près de Rivière-du-Loup), je connais la forêt. Habituellement, c'était les jeunes de la ville qui se rendaient là-bas! Les moniteurs me demandaient ce que je faisais là... Mais je trouvais que c'était un bon cadre pour raconter une histoire. Je me suis quand même beaucoup inspiré de ces souvenirs.»

L'auteur, qui se définit lui-même comme un éternel adolescent, plonge à nouveau dans la jeunesse de ses personnages.

«J'aime écrire des dialogues de jeunes. C'est à la fois la plus belle période de notre vie et la pire de toutes. On ne sait tellement rien, mais on pense tout savoir, c'est magique.» 

«Écrire des dialogues de jeunes, pour moi, c'est comme écrire du fantastique. Le temps s'écoule plus lentement, parce qu'on s'accorde le droit de rêver, de s'émerveiller. En vieillissant, on est plus apte à être heureux, mais les journées passent plus vite...»

Une touche fantastique

Dès le départ, son but était de raconter une histoire d'amitié dans un camp de vacances, mais le bédéiste a rapidement trouvé qu'il manquait un petit quelque chose. «Avec mon éditeur Gautier Langevin, j'ai eu envie de rajouter une touche fantastique, d'où ma légende amérindienne (et l'«esprit» du titre), qui s'est rajoutée à l'histoire. Ce n'est pas de l'horreur, mais je voulais qu'il y ait une petite tension effrayante...»

Entre le manga et le comic book américain, le style de Michel Falardeau est difficile à mettre en case, mais l'illustrateur autodidacte ne s'en préoccupe guère.

Pour la couleur, il s'est adjoint les services de Cab (Caroline Breault), auteure de l'excellente série L'hiver nucléaire. «Elle a réussi à créer des ambiances magiques que je n'aurais jamais pu faire, avoue-t-il. Notamment les scènes de forêt et des scènes qui se passent à l'aube. C'est la première fois que je travaille avec quelqu'un pour ça.»

Autre première, Michel Falardeau a réalisé ses dessins à l'ordinateur. «J'ai peut-être l'impression qu'on y perd dans la texture. J'ai eu peur de perdre mon style de dessin, mais ça va, je suis quand même satisfait du résultat, même si la suite de L'esprit du camp - qui devrait paraître à pareille date l'an prochain - pourrait être fait à la main.

Revenir à ses racines

Y a-t-il un fil conducteur qui traverse tous ses albums?

«Ce n'est pas toujours réfléchi, mais j'aime revenir à mes racines, d'où je viens. French Kiss se passait dans mon village natal, celui-ci, dans le village d'à côté. Mais au-delà de ça, je me suis rendu compte que je poursuivais l'histoire de mes personnages d'un album à l'autre. Les histoires d'amitié, les filles, la campagne, il y a beaucoup d'éléments qui reviennent.»

Michel Falardeau rêve de voir le temps s'étirer, comme durant sa jeunesse. «Je me permets encore ça, dit-il. Moi, en marchant, je rêve à des mondes imaginaires et magiques. Je disais ça à un de mes amis : je pensais que tout le monde faisait ça ! J'aime ça, je me demande parfois si j'avais tel pouvoir, ce que je ferais... Oui, je suis resté quand même un grand ado.»




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