Gad Elmaleh: le Blond en bédé!

Gad Elmaleh... (Photo Jeff Pachoud, archives Agence France-Presse)

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Gad Elmaleh

Photo Jeff Pachoud, archives Agence France-Presse

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Depuis plus de 10 ans qu'il en fait sa tête de Turc dans ses spectacles, le Blond - l'homme parfait qui sait surmonter tous les aléas de la vie ! - a maintenant droit à une bédé. Premier tome d'une nouvelle série créée par l'acteur et humoriste d'origine marocaine Gad Elmaleh.

« T'as vu le Blond quand il mange un sandwich ? La mayonnaise, elle sort pas, hein ! Lui, les tomates, elles restent parallèles, il n'y a aucun problème ! » « Le Blond, il m'énerve avec ses mains de blond, ses avant-bras avec des poils brushingués... » « Le Blond, lui, non seulement ses lunettes de natation ne le gênent pas, mais en plus il est beau gosse avec... »

Le personnage du Blond est né dans le troisième spectacle de Gad Elmaleh, L'autre, c'est moi, créé en 2005, mais il est réapparu régulièrement depuis.

« Le Blond, c'est un truc qui m'a collé à la peau, admet Gad Elmaleh de New York, où il donne une série de spectacles au Comedy Cellar. C'est parce que les gens arrivent à s'y retrouver, tout le monde connaît un Blond, qui pourrait être brun ou asiatique, mais qui est une personne qui fait les choses un peu mieux que nous et à qui tout réussit. Chez vous, ce serait peut-être quelqu'un de Brébeuf... »

L'idée de l'album est venue de l'éditeur français Michel Lafon, qui lui a proposé de faire une bédé avec son populaire personnage.

« J'ai plongé dans un univers que je connais très mal, nous dit-il. Quand j'ai joué dans le Tintin de Spielberg, j'ai lu l'album Le secret de la Licorne, mais je ne peux pas dire que je suis fan de bédés. Avec ce projet, j'ai découvert la liberté, le champ créatif et la puissance de la bédé et je dois dire que ça m'éclate complètement, j'en lis beaucoup, je réfléchis déjà au tome 2 du Blond, qu'on pourrait traduire en anglais ! »

LES GAGS CONNUS CONSERVÉS

Que ce soit en ski, à la piscine, en avion, avec ses enfants ou en assemblant un meuble IKEA, le Blond fait tout mieux que vous et moi. De nombreux gags (la plupart du temps un par page) sont des textes qui existent déjà. Mais Gad Elmaleh a quand même créé de nouvelles situations, par exemple quand on voit le Blond faire du sport... ou faire l'amour ! « Je trouve qu'on peut vraiment aller loin, exagérer les choses, sans être vulgaire », nous dit-il.

Finalement, le Blond, nous dit Gad Elmaleh, c'est celui qui nous fait prendre conscience de nos « incapacités » et de nos « maladresses ».

« J'aime bien ce type d'humour, nous dit l'acteur et humoriste français. Moi, j'aime bien être dans la peau de l'autre, ce monsieur Tout-le-Monde qui a plus de mal, auquel les gens peuvent s'identifier et même se dire : y a plus con que moi ! »

« Le fait de voir quelqu'un de connu se prêter à ce jeu d'autodérision, ça amuse beaucoup le public. Il y a quelque chose qui relève du fantasme. On aimerait tous qu'une grande actrice de cinéma nous dise qu'elle dort la bouche ouverte ! »

- Gad Elmaleh

« L'autre » personnage de la bédé, qui est toujours représenté en opposition au Blond, c'est lui, même si on ne le nomme jamais.

« C'est moi, mais c'est aussi le lecteur. En fait, je trouverais ça très drôle qu'un lecteur s'identifie au Blond, mais je ne pense pas. Je pense que tout le monde reconnaît quelqu'un qu'il connaît, mais jamais personne ne se reconnaîtra. Je me rappelle un sketch que j'ai fait il y a très longtemps où je faisais la caricature d'une bourgeoise marocaine. À la fin, une femme qui était l'incarnation même de mon numéro m'a dit : "C'est incroyable, on dirait ma belle-soeur !" »

L'ÉNERGIE DES DESSINS

Bastien Pasquier et Spoon sont les illustrateurs du Blond. Gad Elmaleh a jeté son dévolu sur les deux bédéistes en raison de l'« énergie » qui se dégageait des dessins du premier et de l'« humour » du second. « Les deux se complétaient très bien, nous dit-il. Beaucoup de dessinateurs voulaient être drôles absolument, ils dessinaient des têtes bizarres, des grimaces, mais ça ne marchait pas. »

À la fin d'un numéro sur le Blond qu'il a fait à Montréal il y a quelques années, l'humoriste avait conclu en disant ceci : « Je vous fais une promesse : un jour, je serai Blond ! » Avec tout le succès qu'il connaît et même le public américain qu'il réussit à faire rire (en anglais !), n'est-il pas devenu en quelque sorte un « Blond » ?

« Non ! répond l'humoriste. Ni au sens propre ni au sens figuré. C'est marrant parce que je viens de déménager dans un nouvel appartement à New York et je voulais accrocher quelques cadres, et je me suis dit : je ne serai jamais le Blond ! Un copain est venu m'aider, il avait un tournevis dans sa poche, une vis dans la bouche... Je lui ai dit : "T'es vraiment un Blond", pourtant il est Libanais... Moi, si j'ai un tournevis dans la poche, il tombe, et si j'ai une vis dans la bouche, je l'avale... »

Gad Elmaleh sera au Centre Bell de Montréal le 17 mai dans le cadre du spectacle Bonne fête Montréal animé par Guy A. Lepage. Parmi les autres invités : Louis-José Houde, Marie Mai, Rufus et Martha Wainwright, Diane Dufresne, Ariane Moffatt et Robert Charlebois.

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Le Blond

Gad Elmaleh, Bastien Pasquier et Spoon

Michel Lafon

48 pages




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