Gus & moi: grand-papa Keith Richards

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À la lecture de Gus & moi, on devine que le grand-père de Keith Richards n'a pas légué uniquement la musique en cadeau à son petit-fils, qui tient également de lui sa personnalité un peu anticonformiste, sinon rebelle.

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L'autobiographie de Keith Richards, Life, a été saluée comme un modèle du genre. Voilà qu'on en tire un livre pour enfants. Son illustratrice Theodora Richards, fille du célèbre guitariste des Rolling Stones, raconte.

Keith Richards a beau avoir joué un rôle sur mesure dans un film de la série des Pirates des Caraïbes, il est probablement la dernière personne au monde dont on attendait un livre pour enfants. «Je sais, tout le monde me dit ça. C'est comme un numéro de Saturday Night Live!», reconnaît sa fille Theodora en pouffant de rire.

Theodora parle en connaissance de cause, puisque c'est elle qui a illustré le livre en question, Gus & moi, qui paraît en traduction française ces jours-ci. Elle précise que ce n'est pas vraiment son père qui en a écrit le texte, mais plutôt deux collaborateurs plus au fait des exigences des récits pour jeunes enfants. N'empêche, ajoute-t-elle, Barnaby Harris et Bill Shapiro ont puisé leur matière dans l'autobiographie du célèbre guitariste, quitte à en reproduire fidèlement des extraits, au besoin: «Ils ont lu Life et ils ont mis l'accent sur l'une des plus belles relations qui puisse être: celle de mon père avec son grand-père.»

Quand son éditeur lui a lancé l'idée de ce livre jeunesse, Keith Richards a hésité, puis il a suggéré que sa fille Theodora Dupree Richards en soit l'illustratrice. Sans doute un peu parce qu'elle a été ainsi prénommée en mémoire de son arrière-grand-père maternel Theodore Augustus Dupree, mais aussi parce que son papa savait que, même si elle a surtout travaillé comme mannequin, la jeune femme a toujours adoré dessiner.

«Je détestais vraiment l'école où on m'a fait abandonner les arts plastiques parce que je n'excellais pas nécessairement en mathématiques ou en chimie, raconte Theodora au téléphone depuis New York, où elle habite. J'avais vraiment un côté artistique et j'étais plus visuelle, mais on l'a découvert plus tard. Alors, plutôt que d'étudier les arts plastiques, je griffonnais pendant tous mes cours, mais je n'ai jamais montré mes dessins à quiconque. J'ai tendance à dessiner très rapidement. Dans ce livre pour enfants, je trouvais intéressant de bien rendre le Londres des années 50, sombre et couverte de smog, sans donner l'impression que c'était lugubre.»

Gus le rebelle

Pour faire sa recherche, Theodora Richards est retournée sur les traces de son arrière-grand-père à Londres. Sans l'avoir connu, elle avait de lui une image très vivante alimentée par tout ce que son père lui avait raconté dans son enfance.

«Dès que j'entendais son nom, je savais quel genre d'histoire j'allais entendre. Dans la bouche de mon père, c'était tellement imagé et vivace que c'était pour moi un cadeau chaque fois qu'il nous en parlait.»

Ceux qui ont lu Life savent déjà combien Keith Richards était attaché à ce grand-père qui lui a donné sa première guitare. À la lecture de Gus & moi, on devine que Theodore n'a pas légué uniquement la musique en cadeau à son petit-fils, qui tient également de lui sa personnalité un peu anticonformiste, sinon rebelle. C'est particulièrement manifeste quand le garçon et son papi partent en excursion sans le dire à personne ou qu'ils passent la nuit sous les étoiles, la ville à leurs pieds, parce qu'il est trop tard pour rentrer à la maison.

«C'est l'un de mes moments préférés du livre, moi aussi, dit Theodora. J'adore la façon dont mon arrière-grand-père, appuyé sur un arbre, passe son bras autour de mon père qui mange son petit sandwich.»

À son tour, Keith Richards est un grand-père adorable pour ses cinq petits-enfants, assure Theodora. «C'est le grand-père parfait. Il se lève vers 5h ou 6h, il prend son thé en regardant l'émission de la chaîne Histoire sur la Seconde Guerre mondiale. Quand ses petits-enfants sont à la maison, on dirait qu'ils sont en orbite autour de papa. À table, tout tourne autour de lui et des enfants qui chantent tous ensemble. C'est très traditionnel, et c'est papa qui le veut ainsi.»

Ce n'est sans doute pas l'image qu'on a longtemps eue de l'un des premiers «mauvais garçons» du rock n'roll. «Nous, sa famille, savons ce que d'autres personnes pensent de lui, mais c'est tellement loin de notre perception parce que nous connaissons la vérité, répond Theodora. Tout le monde fait des erreurs. C'était peut-être la façon dont il menait sa vie à un certain moment, mais plus aujourd'hui.»

Comme son pote Ronnie Wood, mais beaucoup plus discrètement, Keith Richards a également un talent indéniable pour le dessin, affirme sa fille: «Ce sont deux artistes très différents. Ronnie est très réaliste et j'adore ses pastels. Papa en fait également, mais c'est comme quand il joue du piano: ses doigts sont un peu recourbés, un peu crochus, pourtant, quand il joue de belles chansons comme The Nearness of You, on ne lui donnerait peut-être pas de points pour la perfection, mais c'est de la magie pure.»

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Gus & Moi: L'histoire de mon grand-père et de ma première guitare. Keith Richards. Illustré par Theodora Richards. Michel Lafon.

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