Que lisent les élèves cette année?

Incontournables de la littérature québécoise, classiques de la littérature... (Photomontage La Presse)

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Incontournables de la littérature québécoise, classiques de la littérature française, premiers romans, valeurs sûres... chaque année, les professeurs de français élaborent une liste de titres qui, espèrent-ils, seront appréciés de leurs élèves. Nous avons demandé à quelques enseignants de nous faire part de leur liste.

Cyrano de Bergerac... - image 1.0

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Cyrano de Bergerac

Cyrano de BergeracEdmond Rostand

Sylvie Brochu, cours de français, 4e secondaire, Collège Notre-Dame-de-Lourdes, Longueuil«En général, la direction pédagogique nous donne le feu vert pour choisir les oeuvres qui seront étudiées. Toutefois, le Programme d'éducation intermédiaire (PEI) nous impose certains paramètres qui concernent surtout les courants littéraires. Pour ma part, diverses raisons motivent mes choix de romans. Des romans que j'aime (rien de pire qu'un roman qu'on n'a pas choisi et qu'on doit faire aimer!), qui font voyager, qui nous instruisent, nous informent. Ce doit aussi être des romans pour filles et pour garçons qui illustrent des vies différentes de la nôtre, qui ont des constructions particulières (relais de narrateur, non chronologique, etc.), engagés ou qui suscitent la discussion. Enfin, les romans doivent être étonnants par leur style, par la qualité de leur langue. Mais avant tout, il faut que les romans m'aient émue et touchée (quelle qu'en soit la raison)!»

Autres titres au programme:

- Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini

- Le vieux qui lisait des romans d'amour, Luis Sepulveda

- Le joueur d'échecs, Stefan Zweig

- La part de l'autre, Éric-Emmanuel Schmitt

- L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

- Bonheur d'occasion, Gabrielle Roy

Les filles bleues de l'été... - image 2.0

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Les filles bleues de l'été

Les filles bleues de l'été, Mikella Nicol

Constance Harrison-Julien, littérature québécoise contemporaine, Cégep de Saint-Jérôme«Je teste cette session-ci Les filles bleues de l'été, que j'ai trouvé très beau, très poétique, très "féminin", pour confronter les étudiants à des représentations souvent boudées par l'institution littéraire: les sentiments, la mélancolie, l'anorexie, associés de façon péjorative à la "littérature des femmes", afin de leur montrer que c'est pas mal plus près d'eux qu'ils ne le croient. (Je vais en profiter pour leur parler de Sylvia Plath et projeter en classe The Virgin Suicides, de Sofia Coppola.) [...] Les titres changent selon l'envie du professeur. De mon côté, je n'enseigne jamais plus de deux fois le même programme, sinon je trouve que mon enseignement devient machinal et moins enthousiaste. Nous sommes libres de choisir n'importe quelles oeuvres dans un corpus déterminé par le département et approuvé par le collège et le Ministère. Ainsi, je suis contrainte de trouver des oeuvres québécoises de 1960 à aujourd'hui, mais dans ces lignes, je peux choisir n'importe quoi.»

Autres titres au programme:

Dans le noir jamais noir, Françoise Major (recueil de nouvelles)

Incendies, Wajdi Mouawad

La femme qui fuit, d'Anaïs Barbeau-Lavalette... (image fournie par Marchand de feuilles) - image 3.0

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La femme qui fuit, d'Anaïs Barbeau-Lavalette

image fournie par Marchand de feuilles

La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette

Frédéric D'Anjou, littérature québécoise, Cégep Gérald-Godin, Montréal, arrondissement de L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève«Cet ouvrage est inscrit dans mon cours de littérature québécoise. Je le donne parce qu'il me permet de traiter de deux importantes périodes historiques à la fois: la fin de la Grande Noirceur et le début de la Révolution tranquille. Et comme le roman est une oeuvre moderne, cela me permet de montrer le genre postmoderne, la manière dont on écrit, la stylistique, les thématiques qui intéressent les auteurs québécois actuels. Ce n'est pas la première fois que je fais lire un ouvrage d'Anaïs Barbeau-Lavalette. Il y a chez elle beaucoup de figures de style. Elle a une plume particulière. Comparativement à ce que j'enseigne dans la même session, elle propose quelque chose de nouveau et de moderne.»

Autres titres au programme:

Hosanna, Michel Tremblay

Une saison dans la vie d'Emmanuel, Marie-Claire Blais

Ce que le jour doit à la nuit, Yasmina Khadra

Celles qui attendent, Fatou Dionne

Les trois mousquetaires... (Photo fournie par l’éditeur) - image 4.0

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Les trois mousquetaires

Photo fournie par l’éditeur

Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas

Julie Lefebvre, français, 4e secondaire (Programme d'éducation internationale), École Dorval-Jean-XXIII, Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys«Je propose des lectures classiques à mes élèves, dont Les trois mousquetaires de Dumas qui est inscrit à mon cours depuis au moins sept ans. Je travaille beaucoup sur des sujets comme la langue sous Louis XIV, le Siècle des lumières et le romantisme, et je trouve que cet ouvrage rejoint un peu tout cela. Dumas est un romantique qui a écrit sur l'époque dorée de la France. C'est un roman de cape et d'épée, d'amour, de monarchie, des thèmes qui plaisent toujours, et ce, autant auprès des garçons que des filles. Je fais lire la version intégrale. Le niveau de langue est très recherché. Je travaille avec, en majorité, des élèves allophones, et ils apprennent beaucoup de nouveaux mots et de structures de phrases complexes.»

Autres titres au programme:

Les précieuses ridicules, Molière

Tristan et Iseut, version de Béroul

Et si c'était vrai..., Marc Lévy

L'ombre du vent... (Photo fournie par l’éditeur) - image 5.0

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L'ombre du vent

Photo fournie par l’éditeur

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón

Stéphane Boulé, littérature, 3e et 4e secondaires, École secondaire privée Mont-Saint-Sacrement, Saint-Gabriel-de-Valcartier (banlieue de Québec)«Ce livre est tellement riche avec le récit dans le récit et les très nombreux jeux de miroirs. Pour plusieurs élèves de 4e secondaire, la lecture du roman vaut un décrochage de mâchoires. Ils s'attachent aux personnages et sont très touchés, la plupart d'entre eux. J'ai vu plusieurs élèves avoir les yeux rouges après leur lecture des cinq premières pages du livre traitant d'un garçon qui ne se souvient plus du visage de sa mère décédée. C'est un roman très humain. Le génie dans le travail de construction de l'histoire et toutes les références, comme celle à Vélasquez, font en sorte que les lecteurs multiplient les découvertes. Ça les jette par terre.»

Autres titres au programme:

Le pays où l'on n'arrive jamais, André Dhôtel

Volkswagen Blues, Jacques Poulin

Le chemin des brumes, Jacques Côté

- Tarmac, Nicolas Dickner

Malavita, Tonino Benacquista

Document 1... (Photo fournie par l'éditeur) - image 6.0

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Document 1

Photo fournie par l'éditeur

Document 1, François Blais

Marie-Renée Lavoie, cours Littérature d'ici et d'ailleurs, Collège de Maisonneuve, Montréal«C'est l'un de mes préférés. Ça fait allusion au logiciel Word quand on crée un nouveau document. C'est un couple de losers finis, un univers qui fait penser un peu à L'hiver de force de Ducharme. Ils ne savent pas quoi faire pour gagner leur vie. Pour recevoir 20 000 $, ils soumettent un projet de roman au Conseil des arts. Ils obtiennent une bourse de 5000 $. C'est très drôle. Ils écrivent "comment ne pas écrire comme Marc Fisher". Blais se paie la tête du milieu littéraire aller-retour. Ça prend une bonne dose d'autodérision. L'ironie, l'humour noir et ce couple de losers, ça marche très bien avec les élèves. Je sais que nous sommes plusieurs à l'enseigner maintenant.»

Autres titres au programme:

C'était au temps des mammouths laineux, Serge Bouchard

Les yeux tristes de mon camion, Serge Bouchard

L'aveuglement, José Saramago

La vie est brève, Chantale Gingras

Que dit le Ministère?En gros, le ministère de l'Éducation laisse le champ libre aux enseignants de français et de littérature pourvu qu'ils respectent certains critères. En 4e secondaire, par exemple, on exige que les élèves voient au moins cinq oeuvres durant l'année, oeuvres illustrant trois univers différents et issues majoritairement du Québec et de la francophonie. On demande en outre que le choix des oeuvres reflète la diversité des genres, la qualité et la richesse de la langue. L'enseignant doit être en mesure de les mettre en contexte et de faire des liens entre chaque lecture.

Source: Programme de formation de l'école québécoise -  Français, langue d'enseignement, ministère de l'Éducation du Québec




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