Dans la classe de... Roxanne Bouchard

L'auteure et professeure Roxanne Bouchard... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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L'auteure et professeure Roxanne Bouchard

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Josée Lapointe

Nombreux sont les écrivains qui gagnent leur vie comme professeurs, tant au cégep qu'à l'université. Est-ce que cela a une influence sur leur vie d'auteur? Comment voient-ils leur travail de prof? Roxanne Bouchard nous a accueillis dans son cours de création littéraire au cégep de Joliette.

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PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE-Joliette, Quebec---Pour la serie DANS LA CLASSE DE, ou on assiste a des cours donnes par des auteurs dans differents cegeps. Cette semaine : ROXANNE BOUCHARD, prof de litterature au cegep de Joliette.-sur la photo : David Hetu, etudiant. --- JEUDI 23 MARS 2017----ART # 862 279

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Le parcours

Roxanne Bouchard n'avait pas encore terminé son bac en littérature à l'Université de Montréal qu'elle était embauchée au cégep de Joliette - là où elle avait étudié, d'ailleurs. «J'ai fait ma maîtrise à l'UQAM tout en enseignant», dit Roxanne Bouchard, qui avait toujours rêvé de devenir prof comme sa mère, enseignante au primaire. «Je n'ai jamais voulu être écrivain. Et si on me demandait de choisir entre les deux métiers, je choisirais celui de prof», dit celle qui travaille au cégep de Joliette depuis 23 ans et qui s'est aussi perfectionnée en histoire et en histoire de l'art. «Au début, j'enseignais beaucoup la littérature française, mais je voulais enseigner toute l'époque qui entourait les récits. Alors je suis allée étudier pour ratisser plus large que les livres.»

L'auteure

Roxanne Bouchard n'avait jamais eu l'intention de publier et c'est une série de hasards qui l'y a menée. «J'avais un correspondant qui m'avait mise au défi d'écrire un roman. Ce que j'ai fait, mais le manuscrit dormait dans mon tiroir. En 2005, je venais de me séparer, mes élèves étaient en grève et je traînassais. Un collègue et ami m'a dit: "Tu n'as pas un roman d'écrit, toi? Tu devrais l'envoyer au prix Robert-Cliche, mais dépêche-toi, tu as jusqu'à demain minuit."» Roxanne Bouchard l'a écouté et a remporté ce prix qui est remis chaque année à l'auteur d'un manuscrit de premier roman. Il a été publié chez VLB sous le titre Whisky et paraboles et l'auteure a écrit cinq autres livres depuis, dont l'excellent Nous étions le sel de la mer et le très éclairant recueil de correspondances avec le caporal Patrick Kègle, En terrain miné, en plus de collaborer à plusieurs oeuvres collectives. «Je ne suis pas du tout une écrivaine frustrée qui s'est jetée dans l'enseignement. Je suis plutôt une enseignante qui, par hasard, est devenue écrivaine.»

La prof

Roxanne Bouchard donne plusieurs cours, dont Création littéraire et Littérature québécoise depuis 1960. Si son métier d'auteure enrichit la prof, le contraire est vrai aussi. «Quand tu écris, tu es seule dans ta bulle. C'est agréable de sortir et de jaser avec les élèves. Ils ont toujours de 17 à 20 ans, ils arrivent toujours avec leur joie. Je suis obligée de me tenir à jour, pas juste dans mes lectures, mais dans mes analyses, mes discussions. Les échanges sont costauds et me font réfléchir sur le travail que j'ai à faire.» Comme prof, elle aime aussi s'impliquer dans la vie culturelle du cégep: «combat de poésie» dans le cadre de son cours, animation du Prix littéraire des collégiens, organisation de la Nuit de la littérature depuis deux ans. «Enseigner peut devenir répétitif si on n'essaie pas de nouvelles choses. Et le cégep est un espace très vivant, il y a plein de programmes et d'activités, toutes sortes d'avenues possibles.»

Le cours

S'il y a un lieu où les élèves bénéficient de l'expérience de Roxanne Bouchard, c'est bien le cours de création littéraire. Une quinzaine d'élèves de première année y sont inscrits. L'après-midi de notre passage, la prof leur parle de l'importance de lire ses contemporains pour connaître sa culture et se nourrir comme auteur. «Lire donne des réponses. Les solutions à nos problèmes sont souvent dans les livres des autres», dit-elle en expliquant qu'elle a réussi à démêler le fil narratif de son prochain livre grâce à des oeuvres de Nancy Huston et de Louis Hamelin. Après avoir analysé avec les élèves des textes de nouvelles, elle montre, schéma à l'appui, comment elle est arrivée à l'essence de ce qu'elle voulait dire dans son roman Nous étions le sel de la mer. Le travail de fin de session sur la nouvelle ressemblera d'ailleurs à une demande de subvention, dans lequel ils devront décrire leur intention, le style qu'ils désirent utiliser et leurs filiations littéraires.




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