Livres de l'année: la crème de 2015

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La Presse

Quels ont été nos romans préférés en 2015 ? Sans prétendre avoir tout lu, voici ce que nous avons retenu de cette année littéraire vraiment riche, tous genres et origines confondus. Une sélection inspirante de 25 romans, divisée en quatre thèmes.

VOYAGES DANS LE TEMPS

Des livres qui nous ont transportés dans le temps et l'espace.

Ce qu'il reste de moi, de Monique Proulx (Boréal)

Quoi ? Un roman polyphonique et kaléidoscopique qui raconte Montréal, de sa fondation à aujourd'hui, en évoquant notamment sa fondatrice mystique Jeanne Mance, le Canadien, la crise du verglas, les juifs hassidiques, l'art contemporain et le mouvement Occupy.

Pourquoi ? Monique Proulx signe un grand roman lumineux et surprenant sur Montréal, ville aux mille clochers, minarets et mosquées.

- Marie-Christine Blais

L'année la plus longue, de Daniel Grenier (Le Quartanier)

Quoi ? La traversée de l'Histoire et du continent nord-américain par un personnage né le 29 février 1760, et qui vieillit d'un an tous les quatre ans.

Pourquoi ? Pour la proposition de départ, à laquelle on adhère sans se poser de question, pour le souffle, l'ambition, la vision ample.

- Josée Lapointe

Les Luminaires, d'Eleanor Catton (Alto)

Quoi ? Quelque 1000 pages suivant le destin d'une vingtaine de personnages pendant la ruée vers l'or des années 1860 en Nouvelle-Zélande. Un roman victorien imprégné de polar, orchestré par la course des planètes et des étoiles.

Pourquoi ? L'un des premiers romans publiés en 2015. Et il n'a pas été égalé.

- Sonia Sarfati

La traversée du malheur, de Michel Tremblay (Leméac)

Quoi ? Campé en 1941, à Montréal, en pleine Seconde Guerre mondiale, cet ultime roman de Tremblay se termine là où commencera... La grosse femme d'à côté est enceinte, publié en 1978 !

Pourquoi ? Oui, le malheur traverse cette histoire d'Édouard, Nana, Albertine et compagnie, mais la grâce, l'humour et la beauté le font tout autant. Du très grand Tremblay.

- Marie-Christine Blais

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d'Anthony Doerr (Albin Michel)

Quoi ? Les destins opposés de deux adolescents qui tentent de survivre à la Seconde Guerre mondiale, l'une en France, sous les bombardements, et l'autre dans la Wehrmacht, où il est enrôlé de force.

Pourquoi ? Le récit est palpitant, le point de vue, inédit - même si on a lu bon nombre d'histoires sur cette période tragique.

- Laila Maalouf

Les enfants de Dimmuvík, de Jón Atli Jonassón (Notabilia)

Quoi ? À la veille de mourir, une vieille femme ressasse ses souvenirs de jeunesse, particulièrement ceux d'une année éprouvante marquée par les drames et la famine.

Pourquoi ? L'écriture épurée donne un puissant souffle à ce récit islandais dans lequel une famille doit survivre d'un poisson à l'autre, à l'abri des éléments qui agitent leur maison du bout du monde.

- Jean-François Villeneuve

Soumission, de Michel Houellebecq (Flammarion)

Quoi ? France, 2022. Un parti politique musulman accède au pouvoir. Le pays subit une profonde mutation sociale à laquelle assiste, désabusé, un professeur d'université.

Pourquoi ? Houellebecq a beau être synonyme de controverse, ce roman multiplie les clés de lecture, dont certaines ont eu une résonnance très particulière au vu de l'actualité en 2015.

- Sylvain Sarrazin

DE LA RÉALITÉ À LA FICTION

Des auteurs qui parlent du monde en brouillant les pistes entre le vrai et le faux.

Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie (Gallimard)

Quoi ? Le parcours étalé sur trois décennies d'Ifemelu, Nigériane rentrant au pays après 15 ans passés aux États-Unis, où - entre les boulots de misère et le racisme de la société américaine - les promesses de l'Occident se sont révélées être des mirages.

Pourquoi ? Le portrait de société brillant et caustique brossé par une narratrice souvent désabusée, mais jamais résignée.

- François Richard

La femme qui fuit, d'Anaïs Barbeau-Lavalette (Marchand de feuilles)

Quoi ? L'histoire romancée, voire inventée, de Suzanne Meloche, femme de Marcel Barbeau et grand-mère de l'auteure.

Pourquoi ? Marchant sur un fil entre réalité historique et pure fiction, l'écrivaine funambule trace le portrait d'une femme libre avec ce livre émouvant sur une époque charnière du Québec moderne.

- Mario Cloutier

Profession du père, de Sorj Chalandon (Grasset)

Quoi ? Dans la France des années 60, le petit Émile croit tout ce que raconte son père, homme violent et mythomane. Afin de gagner son admiration, Émile décide d'assassiner ce traître de général de Gaulle...

Pourquoi ? Un septième roman magnifiquement écrit et construit, en partie autobiographique comme tous les romans de Chalandon, campé dans la sphère de l'intime et du familial. Inoubliable.

- Marie-Christine Blais

Sable mouvant - Fragments de ma vie, de Henning Mankell (Seuil)

Quoi ? Un recueil de souvenirs et de réflexions de l'écrivain suédois mort en octobre dernier, écrit dans les mois qui ont suivi son diagnostic de cancer.

Pourquoi ? C'est un livre que tous les fans du père du commissaire Wallander voudront parcourir, un point final à une grande oeuvre.

- Laila Maalouf

D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan (JC Lattès)

Quoi ? Un thriller psychologique alternant entre réalité et fiction. Après l'immense succès de Rien ne s'oppose à la nuit, l'écrivaine en panne d'inspiration est vampirisée par son amie L.

Pourquoi ? Pour le plaisir de se laisser emporter dans un récit finement ciselé qui démonte la mécanique de la manipulation. Prix Renaudot 2015.

- Andrée LeBel

Encre, sueur, salive et sang, de Sony Labou Tansi (Seuil)

Quoi ? Ces textes de l'écrivain congolais mort à 48 ans en 1995, écrits entre 1973 et 1995, dénoncent les errances humaines, du capitalisme barbare à la destruction de la nature et l'humain déshumanisé.

Pourquoi ? Parce que l'engagement de Labou Tansi est un cri d'amour à la vie du corps et de l'esprit, un appel à l'éveil des consciences et à la révolte. 

- Marielle Bedek

AVENTURES MODERNES

Des auteurs qui maîtrisent le rythme et la poésie des mots pour nous parler du monde d'aujourd'hui.

Six degrés de liberté, de Nicolas Dickner (Alto)

Quoi ? Deux amis d'enfance qui font du détournement de conteneur, une ancienne fraudeuse devenue agente de la GRC, une histoire rocambolesque et moderne qui parle de mondialisation et de solitude.

Pourquoi ? Nicolas Dickner réussit l'exploit de rendre passionnant le concept de transport maritime. L'auteur de Nikolski est au sommet de son art dans ce troisième roman brillant, écrit avec minutie et parfaitement construit.

- Josée Lapointe

La bête à sa mère, de David Goudreault (Stanké)

Quoi ? Un petit délinquant minable « élevé » par la DPJ, égocentrique, sexiste, toxicomane, raciste, alcoolique, mais redoutablement articulé parce qu'il adore lire, part à la recherche de sa mère biologique.

Pourquoi ? Place au réalisme comique avec ce roman brillant sur l'égocentrisme, à la fois hilarant et tragique, où il est question autant de l'automutilation que des caisses populaires !

- Marie-Christine Blais

Les maisons, de Fanny Britt (Cheval d'août)

Quoi ? Tessa, agente d'immeuble mariée et mère de trois enfants, traverse une grave crise existentielle après avoir rencontré une ancienne flamme.

Pourquoi ? Bien plus qu'un récit sur l'adultère, Les maisons est un hommage au quotidien dont le ton doux-amer et l'ironie sont bien d'aujourd'hui. Drôle, touchant et jamais mièvre.

- Josée Lapointe

Le parfum de la tubéreuse, d'Élise Turcotte (Alto)

Quoi ? Irène est un fantôme plus vivant que mort, une rebelle qui prend sa revanche sur la vie.

Pourquoi ? Élise Turcotte crée un univers luxuriant qui n'a rien de réaliste. La romancière superpose habilement les couches de lecture dans ce roman aux diverses ramifications, dont celle, hautement poétique, du renouveau.

- Mario Cloutier

L'infinie comédie, de David Foster Wallace (L'Olivier)

Quoi ? Véritable ovni littéraire, L'infinie comédie met en scène une foule de personnages loufoques dans un monde délirant. Leur lien ? Une vidéo de destruction massive.

Pourquoi ? Attendue depuis deux décennies, la traduction française de ce roman culte aux États-Unis nous fait découvrir un pavé post-moderne aussi étonnant qu'exigeant.

- Sylvain Sarrazin

Les métamorphoses, d'Anne Guilbault (XYZ)

Quoi ? Quatre « sans-abri du coeur » vivent la perte, le vide, mais vont se relever et se transformer.

Pourquoi ? Un court roman usant de belles et nombreuses métaphores. Anne Guilbault est cette orfèvre qui cisèle longuement, en finesse, qui se sert de sons et de couleurs, ainsi que de mots toujours justes.

- Mario Cloutier

MEURTRES ET MYSTÈRES

Des romans aux intrigues solides, menés avec doigté, intelligence et un soupçon d'humour.

Le fils, de Jo Nesbø (Gallimard)

Quoi ? Sonny Lofthus, prisonnier modèle, apprend la vérité sur la mort de son père, un policier corrompu. Il s'évade de prison et, tout en cherchant une forme de rédemption, se livre à une vengeance implacable.

Pourquoi ? Une galerie de personnages formidables, une intrigue complexe, passionnante, au suspense soutenu.

- Norbert Spehner, collaboration spéciale

La septième fonction du langage, de Laurent Binet (Grasset)

Quoi ? Et si Roland Barthes n'avait pas succombé à un bête accident, mais avait été victime d'un meurtre ? Un inspecteur bourru et un jeune maître de conférence enquêtent de Paris à Naples en passant par Bologne, Venise et Ithaca.

Pourquoi ? Un roman aussi brillant que jubilatoire sur la sémiologie, la linguistique... et autres plaisirs.

- Sonia Sarfati

La bataille de Pavie, d'André Jacques (Druide)

Quoi ? Parti en Italie pour expertiser des esquisses anciennes, l'antiquaire Jobin tente de retrouver sa fille, une tueuse professionnelle qui a des ennuis avec la mafia.

Pourquoi ? Une histoire pleine de rebondissements et un protagoniste sympathique, confronté à la mort, et qui révèle des facettes nouvelles de sa personnalité.

- Norbert Spehner, collaboration spéciale

Excellence poulet, de Patrice Lessard (Héliotrope)

Quoi ? Le cadavre du propriétaire d'une garderie est retrouvé dans la poubelle du restaurant Excellence poulet. Le détective privé Gil enquête.

Pourquoi ? Pour la galerie de personnages plus ou moins paumés, les commentaires impertinents du narrateur qui ne se mêle pas de ses affaires et l'humour noir. Vivement une suite !

- Josée Lapointe

Les nuits de laitue, de Vanessa Barbara (Zulma)

Quoi ? Sa vie ayant basculé après la mort subite de sa femme Ada, Otto soupçonne que quelque chose ne tourne pas rond dans son village aussi biscornu que tricoté serré.

Pourquoi ? On dévore ce petit roman pour la ribambelle de personnages aussi dingues qu'attachants qui se pressent dans l'existence du vieux bougon d'Otto. Pour l'écriture vive et colorée qui brode insolite, tendresse et énigme policière.

- Pascale Fontaine

Les ombres de Katyn, Philip Kerr (Le Masque)

Quoi ? En mars 1943, Bernie Günther enquête sur le massacre de milliers d'officiers polonais dans la forêt de Katyn, mais le meurtre de soldats allemands complique une mission déjà périlleuse.

Pourquoi ? Une tranche d'histoire tragique reconstituée de façon magistrale à travers les enquêtes d'un personnage attachant, à l'humour féroce.

- Norbert Spehner, collaboration spéciale

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