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Le 12 août, j'achète (de nouveau) un livre québécois

À pareille date, l'an dernier, il s'est vendu 49 % plus de livres québécois que... (PHOTO LA VOIX DE L'EST)

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Marie-Christine Blais
La Presse

À pareille date, l'an dernier, il s'est vendu 49 % plus de livres québécois que les autres jours. Pourquoi? Parce que des milliers de gens ont participé au mouvement spontané «Le 12 août, j'achète un livre québécois», lancé par les auteurs Patrice Cazeault et Amélie Dubé sur leur page Facebook.

Résultat? En quelques jours, 10 000 internautes s'étaient engagés à acheter un livre d'ici, et ils ont été bien plus nombreux à effectivement le faire: le site d'achat de livres en ligne Leslibraires.ca a reçu cinq fois plus de commandes que d'habitude le 12 août 2014, et 95 % des livres achetés étaient québécois (contre 35 % habituellement).

On remet ça cette année: aujourd'hui, le 12 août 2015, on achète un livre québécois, en papier ou numérique, récent ou pas, que ce soit un roman, une BD, un essai, etc. Quel sera votre choix?

Le choix des auteurs

KIM THÚY

Kim Thúy, auteure de Ru, À toi et Mãn, invite les lecteurs à lire de la poésie d'ici, peu importe l'auteur. «N'importe quelle poésie, lance-t-elle. Prendre le temps de s'asseoir, de consulter un recueil de poésie et de laisser les poèmes nous marquer.» 

S'il est vrai que la poésie ne jouit pas d'une grande popularité au Québec, Kim Thúy y voit une raison de plus pour en lire. 

«Il faut se donner le droit de ne pas tout aimer dans un recueil de poèmes, mais il ne faut pas arrêter pour autant. C'est comme avec Tinder, tu n'arrêtes pas au premier, tu continues jusqu'à ce que tu trouves le bon», explique-t-elle, non sans réaliser l'incongruité de ses propos. 

Autre suggestion soumise à brûle-pourpoint: le prochain roman illustré de Simon Boulerice, Paysage aux néons, qui se déroule à l'intérieur d'une salle d'entraînement. Le roman sera sur les rayons sous peu, mais en attendant, Kim Thúy encourage les lecteurs à découvrir cet auteur, si ce n'est déjà fait. 

«Il écrit dix romans par année. Il y en a certainement un qui convient là-dedans!», dit-elle en riant. 

FRANCINE RUEL 

La comédienne et auteure Francine Ruel y va de son plus récent coup de coeur québécois: le premier roman du slameur sherbrookois David Goudreault, La bête à sa mère

«Il a une telle force d'écriture, on le connaît comme slameur et cette influence se sent dans tout le roman, l'émotion est toujours présente. C'est comme un grand cri», dit Mme Ruel. 

Elle ajoute que David Goudreault réussit à rendre sympathique au lecteur un personnage principal qui n'a rien d'attachant, antihéros décrit par l'auteur lui-même comme un «petit criminel minable et banal du quotidien, le genre qu'on retrouve dans les faits divers, toujours dans l'entrefilet à côté du gros article sur Mom Boucher». 

Un exploit qu'elle juge impressionnant étant donné qu'il s'agit d'une première oeuvre. 

«Beaucoup d'auteurs ne réussissent pas avec autant de brio ce tour de force dès leur premier roman. C'est tout à son honneur.» 

ÉRIC GODIN 

Menant plusieurs projets de front, l'auteur et illustrateur Éric Godin a malgré tout du temps pour lire des livres. On trouve, parmi ses découvertes récentes, le récit Remèdes pour la faim de l'auteur Deni Y. Béchard. 

«Ma blonde a dévoré Remèdes pour la faim en trois ou quatre jours, confie Éric Godin. J'ai commencé sa lecture après elle et j'ai constaté que c'est un livre qui démarre rapidement. L'histoire comporte des passages où on rigole et d'autres qui sont beaucoup moins drôles. Ce qui est intéressant, c'est que l'auteur nous parle de quelqu'un qui a vraiment existé.» 

Remèdes pour la faim raconte la vie du père de Deni Y., André Béchard, un véritable personnage de roman qui a volé et fait de la prison. 

Plus jeune, Éric Godin a beaucoup lu Michel Tremblay. «La grosse femme d'à côté est enceinte est probablement le roman québécois qui m'a le plus marqué, dit-il. C'est collé sur la vie des gens du Plateau, où j'ai vécu à Montréal, et sur celle des Québécois. Le côté réaliste de Tremblay m'a toujours rejoint, sûrement un peu à cause de mon travail de dessinateur éditorial», explique-t-il. 

SIMON BOULERICE 

«Difficile de nommer un roman, il y en a tellement», répond d'emblée le polyvalent auteur de romans jeunesse Simon Boulerice lorsqu'on lui demande sa recommandation. 

Après quelques minutes de réflexion, il lance: Chercher Sam, de Sophie Bienvenu. «Elle a une vérité dans le langage qui remplit son écriture d'authenticité, on entend le narrateur», indique-t-il. 

Dans Chercher Sam, le personnage principal de Mathieu est un sans-abri qui part à la recherche de sa chienne disparue. «Sophie nous fait sentir toute la tendresse du personnage envers son animal, souligne-t-il. C'est quelqu'un qui vit dans l'ombre, le genre de personnage qui me touche particulièrement.» 

Mathieu vit dans l'ombre, certes, mais la lumière n'est jamais bien loin. «En regardant la couverture du livre, on voit bien le faisceau de lumière qui éclaire l'ombre, précise-t-il. C'est comme ça dans tous les livres de Sophie.»

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