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L'enfance au pluriel aux Correspondances d'Eastman

Le directeur de la programmation, Étienne Beaulieu, constate...

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Le directeur de la programmation, Étienne Beaulieu, constate que le festival s'est transformé au fil des ans, s'éloignant du genre épistolaire pour davantage tabler sur les discussions avec les auteurs.

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Marie-Christine Blais
La Presse

Le festival littéraire Les Correspondances d'Eastman a toujours su se renouveler depuis ses débuts en 2003. Le nouveau directeur de la programmation, l'auteur et professeur Étienne Beaulieu, poursuit sur cette voie avec la 13e saison de cet événement pas banal, qui débute aujourd'hui dans l'un des plus gracieux villages de l'Estrie.

Le thème sur lequel, cette année, s'exprimeront Dany Laferrière, la porte-parole Kim Thúy, Michael Delisle, Geneviève Pettersen, Herménégilde Chiasson, Andrée A. Michaud ou Simon Boulerice? 

«Enfances, au pluriel, répond Étienne Beaulieu. Il existe un grand cliché québécois que je résumerais ainsi: le Québec est fou de ses enfants. Vraiment? À l'heure où nous vivons un mini-bébé-boum, qu'en est-il exactement?»

«En tout cas, notre littérature, justement, ne parle plus d'une seule enfance, et presque tous nos invités sont parents.»

La majorité des cafés littéraires des Correspondances vont donc privilégier ce thème, décliné de plus d'une façon. 

Ainsi, trois auteurs dans la trentaine, Catherine Leroux, Simon Boulerice et Audrée Wilhelmy, discuteront du conte et des mythes comme sources d'inspiration, alors que l'essayiste et psychanalyste Nicolas Lévesque, auteur du percutant essai Le Québec vers l'âge adulte, se penchera sur ce qu'est aujourd'hui le «roman familial» en compagnie du prolifique Patrick Nicol et de la jeune multi-lauréate Perrine Leblanc. 

Serge Bouchard, lui, nous entretiendra notamment de son enfance alors que Robert Lalonde, qui s'inspire tant de l'enfance que de la nature, donnera une classe de maître et une grande entrevue.

«Parce que la plus grande oeuvre québécoise sur le sujet, c'est sans doute L'amélanchier de Jacques Ferron, nous allons aussi présenter le spectacle littéraire L'enfance selon Jacques Ferron, reprend Étienne Beaulieu. Nous avions envie de renverser les choses, d'en parler autrement. Johanne-Marie Tremblay fera donc la lecture du texte, mais nous projetterons aussi le film Tinamer, de Jean-Guy Noël [avec Gilles Vigneault et Louise Portal!], inspiré du roman et qui avait été descendu en flammes à sa sortie [en 1987]. Quand on le regarde aujourd'hui, on réalise qu'il était étonnamment moderne, finalement, avec des effets spéciaux, donc loin de la caméra-vérité chère à l'époque. Je pense qu'on va le "voir" mieux maintenant.»

Au-delà du roman

Cette volonté d'avoir des oeuvres qui ne sont pas uniquement le fait de romanciers est manifeste dans toute la programmation établie par Étienne Beaulieu. Après tout, dans son essai inspirant L'âme littéraire (2014, Nota Bene), il s'élevait contre le discours kunderien sur le roman comme seul lieu de grande liberté. 

Il a donc invité aux Correspondances des auteurs qui optent pour une autre forme littéraire que le roman. C'est le cas du dessinateur, peintre et essayiste Éric Godin, qui s'exprimera sur le thème «Père et fils» en compagnie du romancier-essayiste Deni Yvan Béchard et du poète François Turcot. 

«Et c'est l'essayiste Catherine Voyer-Léger qui animera ce café, explique M. Beaulieu. Catherine a beaucoup travaillé à la programmation, sa touche se ressent partout.» 

Elle dirigera également l'entrevue avec l'anthropologue et animateur Serge Bouchard et le café littéraire Mon enfance est la tienne, avec la poète française Laure Morali, l'auteur Simon Roy (Ma vie rouge Kubrick) et la poète québécoise Denise Desautels.

Le grand coup dont Étienne Beaulieu est particulièrement fier? «La venue du poète Herménégilde Chiasson: son oeuvre est majeure et disons qu'il n'est pas fervent des festivals, explique le programmateur avec un beau rire. Il participera à un café littéraire avec Michael Delisle (Le feu de mon père) et fera la lecture de certains de ses textes dans un de nos jardins. Je tenais tellement à sa présence...»

Et on n'a pas encore parlé des spectacles de Chloé Sainte-Marie, du slameur-poète-romancier David Goudreault, de celui de Fanny Bloom, des trois expositions, des activités pour les 5 à 12 ans avec notamment Dany Laferrière, Simon Boulerice, Sonia Sarfati... Ni de toutes les activités gratuites proposées aux festivaliers qui auront leur «stylo passeport» (12 $ pour toute la fin de semaine - à moins que vous ayez moins de 16 ans, auquel cas, l'entrée est libre!). Ceux-ci auront la possibilité de prendre la plume pour écrire des lettres, dans de beaux endroits aménagés et baptisés «chambre de la rivière», «chambre des poètes», «sentiers des lettres» ou «jardin d'époque».

«La tradition des Correspondances, qui était le genre épistolaire, a peu à peu basculé vers la conversation avec des auteurs dans un cadre champêtre, c'est vrai. Mais tout est encore là, les lieux inspirants, les concours d'écriture, les papiers à lettres à portée de main, même si ce n'en est plus le coeur battant», dit M. Beaulieu.

«Nous avons un public particulier, poursuit-il. Le public que tout le monde veut: un public cultivé non spécialiste, qui s'intéresse passionnément à l'écriture et à la lecture, qui a soif de contacts et de rencontres. Je me sens tout simplement privilégié», conclut Étienne Beaulieu, avec ce qu'il faut bien appeler une allégresse quasi enfantine dans la voix.

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Les 13es Correspondances d'Eastman, jusqu'au 9 août.

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