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Achat d'Archambault: entre inquiétude et pragmatisme

La crainte de plusieurs auteurs de commenter la possible acquisition... (Photo: David Boily, La Presse)

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Photo: David Boily, La Presse

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La crainte de plusieurs auteurs de commenter la possible acquisition d'Archambault par Renaud-Bray est un problème que souligne l'écrivaine Carole David, qui vient de publier le recueil L'année de ma disparition aux Herbes rouges. «Cette omerta, ce n'est pas rien», note-t-elle. «Mon éditeur est distribué par Dimedia, c'est sûr que cette nouvelle en rajoute une couche. Il est évident que les auteurs qui ne sont pas chez Renaud-Bray ne seront pas chez Archambault», croit-elle, rappelant le conflit qui perdure entre le distributeur et la chaîne en ce qui concerne le remboursement des titres invendus. Les titres des maisons d'édition distribuées par Dimedia ne sont pas dans les librairies Renaud-Bray depuis 2014.

Ni Dimedia ni Renaud-Bray n'ont voulu commenter pour l'instant le sujet de cet article, entre autres parce que le Bureau de la concurrence n'a pas encore donné son approbation à cette transaction.

«Blaise Renaud dit que Renaud-Bray et Archambault seront deux entités distinctes, mais je ne crois pas à ça, poursuit Carole David. Je ne sais pas si je peux faire confiance! Toute cette concentration, c'est inquiétant. C'est une commotion dans le milieu du livre qui n'a pas besoin de ça en ce moment. C'est déjà assez difficile. Et même si le conflit se règle avec Dimedia, il reste le problème de la concentration. Un individu qui veut faire des profits a le droit, mais je pense que les auteurs ne sont pas considérés du tout là-dedans.»

Même son de cloche pour l'illustrateur Philippe Béha, qui a déjà vu ses livres retournés à ses éditeurs pour avoir critiqué le peu de visibilité des auteurs jeunesse québécois dans les Renaud-Bray. «Plus de 40% de parts de marché, c'est énorme! Personne ne s'attendait à cela. Cette association va faire du mal, à mon avis, aux petites librairies et aux maisons d'édition qui sont dans le conflit de Dimedia. Ça n'allait déjà pas très bien, nous ne sommes pas dans de bonnes années...» D'ailleurs, une pétition citoyenne a été lancée sur le site Avaaz.org pour faire annuler cette vente, et elle comptait hier 1250 signatures.

Économie fragilisée

Simon Roy, lauréat du Prix des libraires pour Ma vie rouge Kubrik, craint pour sa part qu'une concentration du marché du livre «finisse à moyen terme par fragiliser l'économie du livre. Imaginons que Renaud-Bray se trouve à plus ou moins lointaine échéance en situation précaire, ou pire, qu'il ferme boutique, ce serait alors tout un pan du milieu qui s'effondrerait d'un coup, dit-il. Le conflit entre Dimedia et Renaud-Bray se réglera bien tôt ou tard, mais à court terme, voilà d'autres points de vente qui souffriront du boycott qui a cours actuellement et encore davantage de nos livres qui ne seront pas disponibles pour une partie de la population pour qui une librairie égale Renaud-Bray ou Archambault. Sinon, je n'ai qu'un souhait, c'est que l'on continue de vendre en priorité des livres et des disques chez Archambault».

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