Brûlé le «solitaire» vit des difficultés

Michel Brûlé au lancement du livre de Jacques... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Michel Brûlé au lancement du livre de Jacques Parizeau, La souveraineté du Québec, qu'il a édité en 2009.

Photo Robert Skinner, La Presse

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Daniel Lemay
La Presse

De tous les rebondissements qu'a connus l'édition québécoise au cours de l'année, les difficultés de Michel Brûlé Éditeur et de ses enseignes affiliées prêtent à bien des rumeurs.

La fermeture récente des bureaux montréalais de la maison et le déménagement à Québec, couplés à une réduction dramatique du personnel, ont fait dire à plusieurs que Michel Brûlé était au bord de la faillite.

«Je suis habitué à ces affaires-là», dira d'abord le flamboyant éditeur, au cours d'un entretien téléphonique. «Oui, j'ai réduit mon personnel de neuf à trois personnes. Et j'ai installé mon bureau dans le sous-sol des éditions Cornac. Les temps sont durs dans le livre. Trois librairies ont fermé à Québec au cours des derniers mois...»

Comment cela se traduit-il dans l'équilibre financier de la maison? Avant de répondre à la question, Michel Brûlé tient à rappeler que le processus subventionnaire du Conseil des arts du Canada (CAC) ne lui est pas favorable.

«Le Conseil des arts fonctionne sur le modèle du British Council, c'est-à-dire que les subventions sont attribuées selon une échelle déterminée par des comités de pairs. Quand j'ai acheté Lanctôt (ndlr: Lanctôt éditeur, en 2005), ma cote était de 80 sur 100; aujourd'hui, elle est rendue à 15. Et dans ce système-là, chaque point vaut 1000$ de subvention...»

Michel Brûlé explique cette baisse dramatique par la jalousie que ses succès provoquent chez ses pairs évaluateurs.

«J'ai vendu des centaines de milliers de livres et ça fait chier plusieurs de mes concurrents qui sont en conflit d'intérêts quand vient le temps de m'évaluer comme éditeur, dit-il. Les comités de pairs - des pairs qui ne lisent même pas les livres - travaillent par consensus de préjugés.»

Brasser la cage

Parmi les récents best-sellers de l'éditeur, on compte notamment la biographie de Jean-Guy Moreau, 50 ans, 1000 visages, et le roman La serveuse du Café Cherrier d'Yves Beauchemin.

«J'ai toujours été un solitaire, un gars à part», continue Michel Brûlé qui a aussi enregistré un CD de ses propres chansons (Tu zappes la vie, paru en 2008).

«J'aime ça brasser la cage! lance-t-il. J'ai fait de la publicité à la télé et sur le pont Jacques-Cartier.»

Brûlé, un ultranationaliste avoué, fait entre autres référence à son propre livre, Anglaid, brûlot anti-anglophone qui lui a valu maintes accusations de racisme. Jalousie, répète l'auteur de 65 mesures pour améliorer le Québec: «Ici, quand t'as du succès, t'as une tape dans le dos; quand t'as beaucoup de succès, c'est un poignard...»

Et quel est l'effet de ce manque à gagner de 65 000$ en subventions du CAC? «Tous les droits d'auteur ont été payés aux auteurs et collaborateurs», dira d'abord le propriétaire de Michel Brûlé Éditeur, des Intouchables et des éditions jeunesse Cornac. Avec la propriété canadienne (75%), le contrôle éditorial et les minima d'édition (16 titres), l'acquittement des obligations envers tous les détenteurs de droits (auteur, illustrateurs, traducteurs, etc.) constitue une condition d'admissibilité aux subventions du CAC.

Michel Brûlé admet devoir certaines sommes à des imprimeurs - «Comme la plupart des éditeurs...» - et affirme être en attente de «crédits d'impôt» qui lui permettront de régler ses dettes. Pour répondre globalement aux rumeurs «qui font partie des affaires à Montréal», il dira finalement que «les comptes à recevoir sont supérieurs aux comptes à payer».

Question: Michel Brûlé éditeur est-il sur le point de déposer son bilan? «Pas du tout.»

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