Réinventer le réel avec Fred Pellerin

Fred Pellerin dit aimer la littérature qui «nomme... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Fred Pellerin dit aimer la littérature qui «nomme les lieux», tant le Louiseville de Ferron que le Sainte-Adèle de Grignon. «Ça nous appartient. Si un jour on doit définir la québécitude, si ça fait encore résonner quelque chose, Un homme et son péché devra être inclus dedans.»

Photo: Robert Skinner, La Presse

 

Josée Lapointe
La Presse

Fred Pellerin aime les livres qui font vibrer la langue française et qui inventent une mythologie. Doit-on s'en étonner? Le conteur de Saint-Élie-de-Caxton a dévoilé hier les livres qu'on peut trouver dans sa bibliothèque. Parmi ses auteurs fétiches, Louis Fréchette et Réjean Ducharme côtoient Jacques Ferron et Émile Ajar.

Dans le cadre de la série «Dans la bibliothèque de...» présentée à l'auditorium de la Grande Bibliothèque à l'heure du lunch, Fred Pellerin a été égal à lui-même: allumé, drôle, émouvant... et incapable de passer à travers sa liste de 10 livres à cause de ses nombreuses, instructives et réjouissantes digressions. Généreux et volubile, il a raconté comment ses livres sont vivants - datés, annotés, chacun ayant sa propre histoire de lecture-, comment il est entré dans la littérature grâce à Astérix et à la série des Livres dont vous êtes le héros, ou comment il peut «faire du millage» seulement en consultant l'index des 33 tomes de l'anthologie de Germain Lemieux Les vieux m'ont conté.

Une littérature qui «nomme les lieux»

Outre Les contes de Jos Violon (Fréchette), Le nez qui voque (Ducharme), L'amélanchier (Ferron) et La vie devant soi (Ajar), Fred Pellerin a inclus dans sa sélection Paroles de Prévert, L'île introuvable d'Yves Thériault et Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon, dont il regardait la série télé sur cassette VHS avec ses parents quand il était jeune. Le conteur aime la littérature qui «nomme les lieux», tant le Louiseville de Ferron que le Sainte-Adèle de Grignon. «Ça nous appartient. Si un jour on doit définir la québécitude, si ça fait encore résonner quelque chose, Un homme et son péché devra être inclus dedans.»

Le créateur de Babine, qui a su peindre un univers bien à lui dans ses contes, a aussi choisi des livres qui présentent un monde clos, comme Châteaux de la colère d'Alessandro Baricco. «J'aime les microcosmes. L'idée que dans un village donné, le canot vole par exemple. Que le livre ait sa propre logique étanche.»

Les grands magiciens de la langue ont aussi nourri Fred Pellerin, ceux qui sont proches d'une «oralité inventée» comme Fréchette et Thériault, et ceux «qui tordent le réel» et réinventent le langage, tels Prévert, Ducharme et Ajar. «On s'dort sa langue», lance-t-il en réclamant qu'on la secoue et qu'on la renouvelle, qu'on «la fasse péter» pour mieux l'aimer. «Dans Ducharme, je délire. C'est une prise de possession, du gossage de langue, revisitée, démontée. C'est ça qui m'intéresse et c'est à nous de l'inventer et de la faire vivre.»

La conférence de Fred Pellerin sera présentée au Canal Savoir pendant la semaine du 21 mai. «Dans la bibliothèque de...» accueillera Josée di Stasio le 27 mars.

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