Suoni Per Il Popolo: musiques atypiques

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J Mascis

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De l'avant-gardiste jazzwoman Matana Robert au tandem sax-violon que forment les célébrissimes montréalais Colin Stetson et Sarah Neufeld en passant par le goth rock expérimental de la chanteuse Zola Jesus, voilà l'occasion de pagayer sur un torrent de fluides apparemment disparates : punk, doom metal, grunge, post-rock, bruitisme, bidouillage électronique, sound art, indie, free jazz, musique contemporaine et plus encore.

Voilà autant de sous-genres qui logent aux 15e Suoni Per Il Popolo, prévus sans plusieurs salles de Montréal du 4 au 22 juin, notamment à la Sala Rossa, la Casa Del Popolo et au Gesù. Mauro Pezzente, Kiva Stimac, Peter Burton, Daniel Pélissier et autres promoteurs indépendants ont construit ensemble la programmation  de ce festival montréalais de musiques atypiques qui réunit tant de niches musicales et de générations au sein d'une même communauté.

«Le festival est fondé sur les mêmes valeurs que depuis ses débuts, insiste Peter Burton. Notre objectif est de poursuivre sur la même lancée, c'est-à-dire présenter une diversité de propositions qui nous ressemblent. Que nous soyons encore là pour une quinzième année est réjouissant car il n'y a pas beaucoup de festivals qui présentent un tel mélange.»

L'arrivée de Daniel Pélissier dans le collectif de programmation en a toutefois modifié la facture générale, au-delà des intentions de continuité.

«La différence avec les années antérieures, explique-t-il, c'est la présence plus marquée du punk dans la programmation, et pour cause; depuis une vingtaine d'années, je présente des concerts punk et métal dans l'Outaouais (Gatineau) d'où je suis originaire), et dans la région de Montréal où je vis depuis 1999. Assurément, les artistes et groupes punk sélectionnés aux Suoni ne sont pas commerciaux. Ils vivent pour la musique et non pour l'obtention d'un gros contrat de disques. Leur approche est plus DIY (do it yourself).»

Culture mixte dans le champ gauche, force est de déduire.

CINQ PRIORITÉS AU 15e SUONI PER IL POPOLO

Rock lourd: J Mascis , Sala Rossa, 5 juin, La Vitrola, 6 juin

J Mascis est chanteur, guitariste et principal auteur-compositeur de Dinosaur Jr, fameux groupe grunge des années 90 ayant repris du service ces dernières années. Lorsqu'il n'alimente pas son mythe dinosaurien, J Mascis daigne se produire seul, en mode acoustique ou bien nous ensevelir sous les décibels avec Heavy Blankets, groupe à géométrie variable, sorte d'alliage stoner rock et doom metal. Qui plus est, ces Épaisses Couvertures dévoilent parfois des collaborations spéciales: à Montréal, on aura droit à une section rythmiques empruntée à Godspeed You! Black Emperor. Ce n'est pas rien!

«American Mavericks» de la musique contemporaine, Pauline Oliveiros et Alvin Lucier: Gesù, 5 juin, Sala Rossa, 7 juin

Les octogénaires Pauline Oliveiros et Alvin Lucier demeurent d'indomptables pur-sang de la musique contemporaine made in USA. Accordéoniste et pionnière de l'électro d'avant-garde, Pauline Oliveiros ne cesse de tourner à travers le monde, malgré son grand âge. La verdeur d'Alvin Lucier est aussi remarquable: professeur émérite à la Wesleyan University, créateur toujours actif, il s'inscrit parmi les précurseurs de l'installation sonore et autres expériences où il exploite les propriétés physiques du son. Lors de ces deux programmes offerts au Gesù et à la Sala Rossa, la musique de ces vétérans sera mise en lumière par le Quatuor Bozzini et l'ensemble de Pauline Oliveiros.

Punk: Fred & Toody, Sala Rossa, 12 juin

Fred Cole a commencé sa carrière avec The Lords... en 1964! Avec sa compagne Toody,  il fut parmi les pionniers de la scène hardcore/punk américaine dans les années 80. Il enchaîna les groupes dont Zipper, King Bee, The Rats et surtout Dead Moon, qui devint un groupe culte de type punk DIY.  Aujourd'hui  Fred et Toody produisent au sein de Pierces Arrows et montent régulièrement sur scène en duo acoustique. Le programme du concert montréalais sera partagé avec la formation locale No Negative et aussi l'américaine Cheena, à laquelle participe la corrosive Pharmakon.

Jazz contemporain et bruitisme: Paal Nilsen Love Large Unit, Sala Rossa, 20 et 21 juin

Le super batteur Paal Nilssen-Love est l'un des plus réputés du jazz contemporain en 2015 des Suoni.  Très prisé des jazzophiles montréalais, le musicien d'Oslo propose cette fois son plus lourd véhicule soit une formations de 11 musiciens recrutés dans les forces vives et émergentes du jazz norvégien: deux batteries, deux basses, deux saxos, tuba, trombone, trompette, guitare électronique. Au programme de ces deux soirées très différentes selon les dires du leader, on prévoit des musiques composées et un vocabulaire étendu, c'est-à-dire de l'improvisation libre fondée sur les sons atypiques des instruments.

Rock du désert: Mdou Moctar, La Vitrole, 21 juin

Découvert par Chris Kirkley de l'étiquette Sahelsounds, le Touareg Mdou Moctar est de ces rockeurs du désert dont la trajectoire s'inscrit dans le sillon des Tinariwen, Terakaft, Etran Finatawa ou Bombino. Guitariste et chanteur autodidacte, il a enregistré en 2008 Anar, un album artisanal qui devint un succès instantané en Afrique de l'Ouest comme dans le Sahel. En 2013, il a lancé Afelan, opus de rock abrasif, incandescent, ensablé par les tempêtes du Sahara. Plus récemment, le musicien du Niger a campé son propre rôle dans une fiction dont il signe la bande originale. Il tourne en Afrique et en Europe et s'apprête à faire une première tournée canadienne, dont nous serons aussi les heureux bénéficiaires.

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