Deux titres à considérer: Cabela's et IBM

Jean-Philippe Bouchard, Vice-président et gestionnaire de portefeuilles chez... (Photo Giverny Capital)

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Jean-Philippe Bouchard, Vice-président et gestionnaire de portefeuilles chez Giverny Capital Inc.

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Richard Dufour

Chaque dimanche, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Jean-Philippe Bouchard, de la firme Giverny Capital à Montréal.

Quel a été l'événement le plus significatif des derniers jours en Bourse?

Nous passons très peu de temps sur les nouvelles et indicateurs macroéconomiques à court terme. Warren Buffett, le légendaire investisseur et président de Berkshire Hathaway, résumait bien notre pensée dans sa dernière lettre aux actionnaires : « Tenter de se former ou d'écouter les prédictions sur le marché ou sur la macroéconomie est une perte de temps. C'est même dangereux, car cela pourrait brouiller votre vision à vous concentrer sur ce qui est vraiment important. »

Ceci dit, nous avons jeté un coup d'oeil dans les derniers jours sur les résultats trimestriels publiés par CarMax, un détaillant américain de voitures d'occasion dans lequel nous sommes actionnaires. La plus récente performance financière de CarMax s'est avérée très bonne.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement?

Ce qui est important pour nous, ce sont les résultats financiers de nos sociétés en portefeuille ainsi que leur évaluation. Pour nous, détenir des actions, c'est posséder une entreprise. Notre perspective est la même que celle qu'aurait le propriétaire d'un conglomérat d'une vingtaine d'entreprises à capital fermé. Nous prenons le soin d'éplucher les résultats trimestriels de nos entreprises en nous concentrant sur leur performance intrinsèque. Par exemple, la progression des ventes, la progression des profits, la qualité du bilan, l'amélioration des marges ainsi que les perspectives de croissance. La dernière dimension consiste à regarder l'évaluation. Les résultats de nos sociétés ont été très bons au plus récent trimestre et en plus, leurs perspectives de croissance demeurent excellentes.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

Nous investirions dans une vingtaine de sociétés bien gérées possédant un avantage concurrentiel et dont les perspectives à long terme sont bonnes avec une évaluation boursière raisonnable. Un exemple est IBM qui travaille principalement dans les services TI et de logiciels. Son avantage concurrentiel réside dans la rétention de ses clients. Quand vous êtes un client d'IBM, il devient très difficile de changer. C'est un peu comme avec des vérificateurs. De plus, les dirigeants gèrent très bien les capitaux en rachetant massivement leurs actions qui sont sous-évaluées à moins de 10 fois les profits estimés pour 2014. Autre exemple : Cabela's, un détaillant d'articles de plein air et de chasse et pêche. Pour les amateurs de chasse et pêche, il s'agit d'une véritable marque de commerce et d'une icône. La chaîne a présentement une cinquantaine de magasins principalement aux États-Unis et prévoit atteindre 200 succursales à long terme. Elle pourrait ainsi doubler son chiffre d'affaires au cours des cinq à six prochaines années. Il s'agit d'une belle histoire de croissance dans le commerce de détail. Le titre nous semble raisonnablement évalué, environ 17 fois les profits estimés pour 2014, compte tenu des bonnes perspectives de croissance. Nous détenons des participations dans IBM et Cabela's.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Les obligations à long terme, car avec le niveau actuel des taux, vous ferez à peine le rendement de l'inflation à long terme. Pire encore si vous les détenez dans un compte imposable. L'inflation est l'ennemi de l'investisseur à long terme, car celui-ci veut être en mesure de protéger son pouvoir d'achat. Le meilleur moyen de s'en prémunir est de posséder des entreprises qui possèdent un solide avantage concurrentiel. Par exemple, la société ferroviaire Union Pacific (UNP) en est un bon exemple. Elle a été en mesure d'augmenter ses prix entre 4 % à 5 % par année au cours des cinq dernières années et nous possédons une participation en actions dans cette entreprise.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus?

Le potentiel à long terme des actions. Les actions demeurent encore une catégorie d'actifs mal-aimée en dépit du fait que les résultats des sociétés en général sont bons et les évaluations, raisonnables. Ce qui nous pousse à croire que les actions d'entreprises pourraient encore nous surprendre et qu'à long terme, il s'agit de la catégorie d'actifs la plus attrayante.

***

Jean-Philippe Bouchard est gestionnaire de portefeuille chez Giverny Capital à Montréal. Il travaille chez Giverny depuis une douzaine d'années. L'actif sous gestion de la firme s'élève à environ 400 millions de dollars.




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