Exclusif

Le coût de la grève éclipse la hausse des droits de scolarité

Pour la Fédération étudiante collégiale du Québec, le... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

Agrandir

Pour la Fédération étudiante collégiale du Québec, le plan d'action de la Fédération des cégeps est un signal clair que la grève fonctionne. «La ministre n'a plus vraiment le choix de bouger sur la question des droits de scolarité au Québec», dit le président de la Fédération, Léo Bureau-Blouin.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Dossiers >

Conflit étudiant

Actualité

Conflit étudiant

Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Les directeurs généraux des cégeps estiment que le coût de la grève étudiante, qui dure depuis plus de 10 semaines, risque d'effacer les bénéfices provenant de la hausse des droits de scolarité pour l'année à venir.

La hausse de 325 $ par année des droits de scolarité doit notamment servir à financer les universités. La première année de la hausse, à compter de septembre 2012, le gouvernement estime qu'une somme supplémentaire de 41 millions pour les universités proviendra de la contribution étudiante.

La Fédération des cégeps, en collaboration avec les directeurs généraux des cégeps, a rédigé au cours des derniers jours un plan d'action, que La Presse a obtenu, dans lequel ils sonnent l'alarme.

«Les directeurs généraux estiment qu'on entre dans une zone où le rattrapage de la session coûtera plus cher que l'augmentation des droits de scolarité», écrit la Fédération des cégeps dans le document en six points.

«Sans connaître précisément pour l'instant la hauteur des coûts du boycottage des cours pour les collèges et les universités, nous jugeons que l'ensemble des coûts de ce conflit pour l'État québécois pourrait dépasser les 40 millions ciblés la première année», confirme la porte-parole de la Fédération des cégeps, Caroline Tessier. Selon les informations obtenues, la grève pourrait coûter «quelques millions», seulement pour le collégial.

Le salaire du personnel enseignant doit être pris en compte dans le calcul des coûts, mais aussi les heures supplémentaires faites par le personnel administratif et technique pour terminer le trimestre au-delà de la date prévue.

Pertes de revenus

Plusieurs établissements ont dû embaucher des agents de sécurité. D'autres ont perdu des revenus provenant de la location de locaux ou de la tenue d'activités sportives.

Des données qui ne tiennent pas compte des coûts liés au vandalisme ou des dépenses engagées par la sécurité publique.

Le plan d'action a été conçu le 16 avril dernier, lors d'une conférence téléphonique entre les directeurs généraux et la Fédération des cégeps.

Dès le lendemain, un appel devait être fait au cabinet de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, pour «signifier le ras-le-bol» des cégeps à l'égard de la grève.

Les directeurs généraux la pressaient aussi d'entamer des discussions avec les deux fédérations étudiantes (FEUQ et FECQ), ainsi qu'avec la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Ces discussions ont débuté en fin de journée lundi.

Pour la Fédération étudiante collégiale du Québec, le plan d'action de la Fédération des cégeps est un signal clair que la grève fonctionne.

«La ministre n'a plus vraiment le choix de bouger sur la question des droits de scolarité au Québec, de faire un compromis. On est arrivés à un point où les coûts de la grève sont rendus plus importants que ce que va rapporter la hausse des droits de scolarité», dit le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin.

En 2005, la grève avait duré 52 jours et avait entraîné des coûts élevés. Le ministère de l'Éducation a dû verser une subvention spéciale de 350 000 $ aux cégeps, uniquement pour les aider à absorber les dépenses supplémentaires liées au salaire versé aux enseignants non permanents pour rattraper le trimestre, indique la responsable des communications au Ministère, Esther Chouinard.

Cette année, il est encore trop tôt pour chiffrer les dépenses supplémentaires, «mais les gens planchent déjà sur des scénarios», ajoute Mme Chouinard.

Au-delà des coûts économiques, la grève a aussi des impacts humains. Au collégial, les cégépiens qui veulent s'inscrire à l'université en septembre ou ceux inscrits dans les programmes techniques sont particulièrement touchés.

Des élèves en soins infirmiers ne pourront pas travailler dans les hôpitaux durant l'été comme externes parce qu'ils doivent avoir terminé leur deuxième année.

D'autres cégépiens inscrits dans des techniques où ils alternent entre les stages et les études ne pourront pas entreprendre leur stage rémunéré à la mi-mai si le trimestre se poursuit jusqu'en juin.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer