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Stanley Vollant, premier diplômé en chirurgie innu

Stanley Vollant, premier diplômé en chirurgie innu... (Photo fournie par Martin Demassieux (optik360.com))

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Stanley Vollant, premier diplômé en chirurgie innu

Photo fournie par Martin Demassieux (optik360.com)

Mickaël Bergeron / URBANIA

Trois fois moins d'autochtones que de non-autochtones fréquentent les collèges et les universités au Canada. En 1994, Stanley Vollant, un Innu de la Côte-Nord, est devenu le premier chirurgien autochtone du Québec. Aujourd'hui, il visite les écoles des Premières nations, à pied, afin de ne plus être le seul. Parcours d'un guerrier.

Est-ce lourd à porter, ce statut de premier chirurgien autochtone du Québec?

J'aurais préféré être le 100e chirurgien innu. Ouvrir une trail comme ça, c'est un poids énorme sur les épaules. J'ai ma pression professionnelle, mais aussi collective...

Pourquoi avoir choisi la médecine?

En fait, je suis rentré au cégep de Ste-Foy afin de devenir le premier ingénieur autochtone. Durant les vacances d'été, je retournais dans ma communauté, à Pessamit, et un soir, un gars saoul est venu me voir. J'avais pas le goût de lui parler! Mais il m'a dit: «J'ai entendu que tu allais devenir médecin. Je suis fier de toi, ma famille est fière de toi, tu es un modèle pour les jeunes! Mes grands-parents parlent juste innu; toi, tu vas pouvoir les soigner.»

Oups.

Sur le coup, je ne l'ai pas obstiné, il me postillonnait au visage et je voulais juste qu'il me lâche. Le lendemain matin, ça avait fait du chemin dans ma tête. Je trouvais que c'était une belle façon de servir ma communauté. À mon retour au cégep, j'ai réorienté mes cours pour entrer en médecine. Même si j'avais peur du sang!

Mais comment ça se fait qu'il n'y a pas eu de chirurgiens avant vous?

C'est parce que les autochtones sont pris dans un système qui mène à l'échec scolaire. Au Canada, en moyenne, on dépense 11 500 $ par étudiant. Chez les autochtones, c'est 5 200 $. Et c'est sans parler du programme d'éducation qui n'est pas adapté pour eux.

C'est-à-dire?

Les Innus sont coincés dans un cercle vicieux. L'éducation dans les pensionnats autochtones, qui ont été fermés dans les années 1980, se résumait à recevoir des coups de règle et à avoir honte de sa culture. C'est un mal profond, transgénérationnel. Avant 1970, un autochtone devait renier ses origines pour pouvoir entrer à l'université. Se laver de sa sauvagerie, en quelque sorte.

Comment avez-vous fait, alors?

J'ai été chanceux. J'étais douzième sur la liste d'attente. Aucune chance d'y entrer. J'ai écrit au doyen, j'ai expliqué mon parcours, le contexte innu. J'ai eu des lettres d'appui de mon chef et du Conseil des Atikamekws et des Montagnais. Le vice-doyen a décidé de m'accepter. Depuis, j'ai travaillé pour que les autochtones aient des places réservées en médecine. On ne prépare pas nos jeunes pour le cégep. Je n'aime pas le dire, mais c'est la réalité.

En plus que le taux de décrochage est très élevé chez les Innus...

Oui. Tout passe par l'éducation. Et les jeunes ont besoin de rêves, de modèles. Avec mon projet Innu meshkenu, qui signifie le Chemin innu, je veux les inspirer. Je les rencontre pour leur dire que j'étais comme eux et qu'eux aussi peuvent étudier et se prendre en main.

Pourquoi marcher tout le Québec plutôt que de prendre la voiture?

Pour montrer qu'il n'y a pas de solution magique. Qu'on peut tout réussir quand on y va un pas à la fois.




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