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Grande-Bretagne: un enfant sur vingt victime d'abus sexuels

L'association NSPCC estime qu'en Grande-Bretagne, un enfant sur... (Photo Digital/Thinkstock)

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L'association NSPCC estime qu'en Grande-Bretagne, un enfant sur 20 a subi des sévices sexuels. Dans 80% des cas, le coupable appartenait à la famille.

Photo Digital/Thinkstock

Alice RITCHIE
Agence France-Presse
LONDRES

Jimmy Savile, Rolf Harris... les révélations d'affaires de pédophilie impliquant des vedettes du show-business s'enchainent en Grande-Bretagne, où un enfant sur vingt est victime d'abus sexuels. Mais, soulignent les experts, ce fléau longtemps gardé sous silence est mondial.

«La pédophilie prospère parce que certains sont dans le déni et d'autres n'osent pas parler», explique Jon Brown d'une association britannique pour la protection des enfants (NSPCC).

Depuis que plusieurs scandales ont éclaté dans le pays, «les gens sont désormais forcés de regarder les faits en face», commente-t-il.

Une enquête de Scotland Yard a conclu en juin que l'ancien présentateur de la BBC Jimmy Savile avait sévi pendant quarante ans, notamment dans 28 hôpitaux publics. Mort en 2011 à l'âge de 84 ans, il est décrit par la police comme «le pire prédateur sexuel de l'histoire du pays».

Depuis, les affaires impliquant des célébrités se succèdent. Le 4 juillet, la vedette du petit écran Rolf Harris a été condamnée à cinq ans et neuf mois de prison pour agressions sexuelles envers des mineurs.

Récemment, l'institution de Westminster a aussi été visée par des accusations. Cette fois, les questions portent sur les agissements de députés et de hauts responsables politiques dans les années 80-90.

Le gouvernement a promis lundi de «faire toute la lumière», en lançant une vaste enquête pour comprendre comment les institutions ont échoué à protéger les enfants.

D'innombrables plaintes pour abus sexuels ont été déposées, dans des centres de soins, des écoles, des hôpitaux et des églises.

Jon Bird, violé quand il était enfant et désormais employé d'une association nationale pour les personnes victimes de pédophilie (NAPAC), apprécie que l'ampleur du problème soit reconnue.

«Je n'aurais jamais cru que ça puisse arriver de mon vivant», a-t-il déclaré à l'AFP.

Bird a été victime d'un inconnu à l'âge de quatre ans, mais à l'époque sa mère lui avait dit d'essayer d'oublier. Envoyé en pensionnat à huit ans, il a cette fois été victime du proviseur. Jon Bird a gardé le silence.

«Les gens ne voulaient tout simplement pas en parler», explique-t-il, avant d'ajouter qu'on ne saura jamais toute la vérité dans l'affaire Jimmy Savile.

Kieran McCartan, professeur associé en criminologie de la University of the West of England, explique que les récentes affaires ont marqué les consciences: «Les gens commencent à réaliser que n'importe qui peut être un délinquant sexuel, ou une victime».

Le coupable souvent dans la famille

L'association NSPCC estime qu'en Grande-Bretagne, un enfant sur 20 a subi des sévices sexuels. Dans 80% des cas, le coupable appartenait à la famille.

Il est difficile de comparer les statistiques au niveau international, étant donné le peu de données existantes et la différence de comportement face à ce problème selon les cultures.

Mais le professeur Lorraine Radford, experte en politique économique et sociale à l'University of Central Lancashire (ouest de l'Angleterre), qui vient de compléter un rapport pour l'UNICEF sur la pédophilie, assure que rien n'indique que la Grande-Bretagne est un cas à part.

«La Grande-Bretagne n'a pas un taux particulièrement élevé, comparé aux États-Unis ou à la Suisse par exemple», dit-il.

«On a tendance à trouver les taux les plus importants aux États-Unis -- bien qu'ils aient récemment baissé, d'après les chercheurs américains--, mais aussi dans plusieurs pays d'Afrique et d'Amérique latine».

Pourquoi cela arrive-t-il?

Certains espèrent que la récente prise de conscience contribuera à arrêter ces abus, en incitant les adultes à être attentifs à certains signes et en donnant aux enfants le courage de dénoncer leurs agresseurs.

D'autres craignent que la première enquête lancée en Grande-Bretagne depuis 1945 n'échoue à expliquer pourquoi il y a eu tant d'abus dans certaines institutions.

Peu d'études existent sur le comportement des pédophiles.

«On n'a jamais vraiment essayé de comprendre pourquoi cela arrive», explique Alyson Leslie, une ancienne assistante sociale spécialisée dans la protection des enfants, et qui enquête actuellement sur les abus sexuels perpétrés dans un centre de soin de l'île de Jersey (Manche).

«Si nous voulons réellement agir à titre préventif, c'est sur les raisons que nous devons concentrer nos efforts et notre attention».




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