Alors que la culture populaire a tendance à donner une image dévergondée des années d'université aux États-Unis, où le sexe sans lendemain serait la norme, une étude américaine va à rebours des idées reçues véhiculées par les films et les clips.

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Les médias ont tendance à voir les campus américains comme «un lieu où le sexe sans lendemain est généralisé», a noté un des auteurs de l'étude, Martin Monto, professeur de sociologie à l'université de Portland.

Il a ajouté, «cela sous-entend que les campus universitaires sont devenus un environnement plus 'sexualisé' et que les jeunes étudiants sont plus actifs sexuellement que par le passé». Mais il a conclu en disant: «nous avons été surpris de découvrir que cela n'était pas le cas.»

Les chercheurs se sont basés sur un échantillon représentatif de 1800 jeunes étudiants âgés de 18 à 25 ans, provenant du sondage national General Social Survey. Ils ont ensuite comparé les réponses recueillies de 1988 à 1996 à celles de 2002 à 2010, une période où a émergé la «culture du sexe sans lendemain», ont précisé les scientifiques.

Parmi la cohorte de 1988-1996, 65,2% des sondés rapportaient avoir eu des relations sexuelles hebdomadaires ou plus souvent au cours de l'année précédente, contre 59,3% pour ceux du groupe plus jeune. De plus, 31,9% des sondés des années 80-90 ont rapporté plus d'un partenaire sexuel au cours de l'année précédente, contre 31,6% des étudiants des années 2000. Pour finir, 51,7% du panel d'étudiants plus anciens a reconnu avoir eu plus de deux partenaires sexuels après leurs 18 ans, contre 50,5% pour les étudiants du groupe 2002-2010.

En terme d'attitude envers les autres normes sexuelles, les chercheurs ont trouvé que les étudiants d'aujourd'hui ne sont pas plus ouverts que les précédents sur les relations sexuelles entre 14 et 16 ans, les adultes mariés qui trompent leur conjoint, ou le sexe avant le mariage entre adultes.

Par contre, les étudiants actuels sont beaucoup plus tolérants envers les rapports sexuels entre adultes du même sexe.

Le coauteur de l'étude a cependant précisé que les étudiants du groupe 2002-2010 sont plus susceptibles que leurs aînés (à hauteur de 10%) d'avoir eu une relation sexuelle sans lendemain avec un ami ou autre, au cours de l'année précédente.

Martin Monto a présenté ces résultats le 13 août lors du 108e Congrès annuel de l'American Sociological Association, à New York.

Cette étude s'inscrit dans la lignée de recherches précédentes qui avaient montré que plutôt que le sexe sans attaches, les relations sexuelles avec un partenaire fixe étaient la norme à la fac. Entre 7 et 18% des 483 sondés avaient eu une histoire sans lendemain le mois précédent, alors qu'en moyenne 25 à 38% des personnes interrogées avaient des relations avec leur partenaire fixe. Ces résultats sont parus l'année dernière dans la revue Journal of Adolescent Health.