En retirant des coiffes amérindiennes de ses magasins canadiens vendredi, la chaîne H&M a permis à la population canadienne d'en apprendre davantage sur un symbole autochtone méconnu.

Marie-Michèle Sioui LA PRESSE

C'est à tout le moins le souhait qu'a formulé Kim Wheeler, cette spécialiste des relations médias, membre des nations mohawk et obidjwé, après que la chaîne suédoise a accédé à sa demande de retirer un « accessoire mode » qu'elle considérait comme dégradant. 

« Je ne crois pas qu'ils avaient compris la symbolique des coiffes. Mais quand je leur ai dit, ils ont compris », a-t-elle déclaré à La Presse. « De porter ces symboles comme s'ils étaient de simples accessoires de mode, c'est dégradant pour notre culture.»

Selon l'ex-journaliste de Winnipeg, la discussion est maintenant « lancée » et la population « commencera à comprendre un peu mieux » l'importance de ces coiffes, symboles de leadership autochtone et souvent synonymes de grands honneurs.

Comme deux autres personnes au pays, Kim Wheeler a envoyé un courriel à H&M pour partager ses doléances. « J'ai d'abord voulu acheter les coiffes [qu'elle a aperçues au Pacific Centre Mall de Vancouver] et les jeter, mais ça m'aurait coûté trop cher », a-t-elle blagué, avant d'ajouter qu'Hennes & Mauritz avait pris « la bonne décision » en cessant de vendre les accessoires. « Nous n'avions pas l'intention d'offenser qui que ce soit. Nous avons retiré les coiffes des cinq magasins canadiens où elles étaient vendues», a expliqué Emily Scarlett, porte-parole de H&M Canada. À Montréal, les ornements pour les cheveux ont été retirés des deux magasins H&M de la rue Sainte-Catherine.

D'autres symboles autochtones qui dérangent

Les Redskins de Washinton : « Ce serait comme avoir une équipe de hockey qui s'appelle les N... », lance Kim Wheeler, en référence au terme « nigger ». Comme ce dernier mot, l'expression Redskins est considérée comme une manière dégradante de désigner les membres des Premières Nations.

Les Eskimos d'Edmonton : Ce terme est parfois considéré comme péjoratif et n'est pas utilisé par les communautés autochtones de l'Arctique qu'il désigne. « C'est une mauvaise appropriation culturelle », croit Kim Wheeler.