Places au premier rang pour des membres du public, retransmission de défilés en direct sur Internet: la Semaine de la Mode de Londres tente cette année d'ouvrir ses portes à une audience plus large.

Mis à jour le 21 févr. 2010
Alice Ritchie et Charlotte Turner AGENCE FRANCE-PRESSE

Les invitations pour voir les collections des stylistes célèbres sont toujours des sésames recherchés, les meilleurs sièges des défilés restent réservés aux VIP et les prix des vêtements n'ont pas baissé, mais le grand public a pu cette année satisfaire quelque peu sa curiosité.

À la Saatchi Gallery, un musée privé de l'ouest londonien, quelques centaines de fashionistas ont assisté samedi aux défilés présentant les nouvelles collections de 14 grandes marques, dont Marks and Spencer, Asos.com, H&M, Reiss et Mango.

Accueillis avec du champagne et des petits cadeaux, le public invité a pu avoir un avant-goût du glamour de la Fashion Week, qui se tient pendant six jours à quelques kilomètres de là, à Somerset House dans le centre de Londres.

«Il y a un fossé trop grand entre la mode des grands stylistes et la mode de la rue -- c'est pourquoi un événement comme celui-ci est si important», souligne Carla Benstead, 20 ans, qui a pu gagner un ticket grâce à son blog consacré à la mode.

«Cela rend le monde de la mode plus accessible, spécialement pour les jeunes qui sont de plus en plus intéressés par la mode», explique-t-elle à l'AFP.

Alors que les défilés de la Fashion week officielle présentent les collections automne-hiver 2010 des créateurs, les vêtements présentés par les grandes marques sont disponibles immédiatement.

«D'habitude on attend que les spécialistes de la mode nous disent ce qui est bien et ce qu'on doit acheter, donc c'est vraiment une chance de pouvoir venir et juger par soi-même», souligne une autre spectatrice, Carrie Birnie, âgée de 28 ans.

L'Internet a déjà beaucoup fait pour démocratiser la mode, de l'édition en ligne de Vogue, aux commentaires sur Twitter des journalistes aux premiers rangs des défilés.

Mais cette année le British Fashion Council (BFC), organisateur de la London Fashion week, diffuse des vidéos en direct des défilés.

Les fashionistas n'ont plus à mendier, emprunter ou voler les invitations pour les défilés de leur styliste préféré, qu'elles peuvent voir d'un clic de souris, aussi bien que Victoria Beckham ou l'actrice Gwyneth Paltrow assises au premier rang.

La chaîne britannique grand public Topshop, qui introduit les tendances des défilés dans ses collections en magasin en quelques semaines à peine, est à l'avant-garde de cette démocratisation.

Elle montre sa ligne «Unique», plus onéreuse, lors de la Semaine de la mode depuis 2005, avec cette année une collection influencée par les grands espaces: variations autour de l'uniforme de scouts et fausses fourrures, sur des mannequins coiffés de bois de rennes.

La taille des mannequins, un sujet récurrent des défilés ces dernières années, était à nouveau dans l'actualité cette semaine. Le styliste Mark Fast qui avait déjà la saison passée eu recours à des mannequins aux formes généreuses, a répété l'expérience samedi avec une blonde et une brune bien en chair dans des robes moulantes.

Mais malgré les appels à ce que la mode reflète mieux la diversité, la grande majorité des mannequins étaient encore cette année à Londres blancs et très minces.