(Las Vegas) Le combat le plus attendu de l’année : après deux affrontements conclus par un nul épique puis une victoire sans appel, pour le gain du titre WBC des lourds, Tyson Fury offre à Deontay Wilder une revanche électrique, samedi à Las Vegas.

Nicolas PRATVIEL Agence France-Presse

Cette trilogie, l’Américain, invaincu en 42 combats (41 victoires avant la limite) jusqu’à ce que le Britannique le mette en échec puis le fasse tomber brutalement de son trône, a tout fait pour l’avoir et l’a obtenue.

Alors que le « Gypsy King » se préparait à en découdre avec son compatriote Anthony Joshua (depuis déchu par l’Ukrainien Oleksandr Usyk) pour l’unification des titres, un juge indépendant a décidé en mai qu’il était contractuellement obligé d’affronter « The Bronze Bomber » une troisième fois.

Programmé fin juillet, ce rendez-vous a été reporté après que Fury a contracté la COVID-19. Deux mois et demi plus tard, les deux rivaux vont donc enfin boxer à nouveau sur le ring MGM Grand, où le Britannique avait corrigé Wilder en février 2020 au bout de sept rounds à sens unique.

Un cuisant revers très difficile à digérer pour l’Américain de 35 ans, qui a néanmoins assuré « être régénéré et s’être réinventé ». « Quand vous n’avez rien à perdre, il n’y a pas de pression du tout. Je n’ai rien à prouver. Ce dont il s’agit ici, c’est de rédemption, de représailles et de châtiment. »

Accusations de tricherie

Il était pourtant dans un tout autre état d’esprit vingt mois plus tôt, trouvant de nombreuses raisons pour expliquer sa défaite. Il prétexta d’abord que l’armure et le casque avec lesquels il était arrivé sur le ring étaient si lourds qu’il fut vidé de toute énergie. Il accusa aussi Fury d’avoir lesté de poids ses gants. Il affirma enfin que l’eau dans ses bidons avait été trafiquée, et vira même son entraîneur Mark Breland, pour avoir jeté l’éponge parce qu’il était selon lui de mèche avec le Britannique.

Mercredi, la conférence de presse fut d’abord lunaire, avant de devenir électrique sur la fin. Car quand il n’avait pas les yeux rivés sur son téléphone portable, Wilder a maintenu ses accusations de tricherie.

« J’irai dans ma tombe en croyant à ce que je crois. Je sais des choses avec certitude. Les hommes mentent, les femmes mentent, mais vos yeux ne mentent pas sur ce qu’ils voient », a déclaré l’Américain.

Et Fury d’ironiser : « Il m’a accusé de tout, a accusé son équipe, son entraîneur, le costume, les blessures. Qui d’autre a-t-il accusé ? Ah oui, la Commission athlétique de l’État du Nevada, ils étaient aussi dans le coup. Et l’arbitre. Je m’en fiche, parce que ça vient d’une personne qui ne va pas bien ».

Pas de face-à-face

« Il sait que ce qu’il dit est un mensonge », a poursuivi le Britannique (30 victoires, dont 21 avant la limite, 1 nul). « Et au fond de son âme, il sait qu’il a perdu. Il a perdu la première fois, il a perdu la deuxième fois et il va perdre la troisième fois. Et après, il retournera travailler dans cette chaîne de restauration rapide où il travaillait, avant de faire carrière dans la boxe. Jusqu’à la retraite. »

Sur quoi, les deux hommes se sont invectivés verbalement, avec insultes à l’appui. La tension est tellement montée que le promoteur Bob Arum, a mis son veto au traditionnel face-à-face.  

Ce dernier, qui s’est certainement rappelé que les deux protagonistes s’étaient bousculés lors d’une conférence préalable à leur premier combat il y a trois ans, a voulu éviter que des coups soient échangés trop tôt, comme cela s’est produit récemment entre Canelo Alvarez et Caleb Plant à Los Angeles, avant leur combat d’unification chez les super-moyens prévu le 6 novembre, également à Las Vegas.

Cela ne présage pas forcément de l’issue du combat, mais au comptage des « punchlines », Fury, toujours très à l’aise dans l’exercice, l’a emporté, résumant selon lui ce qui les oppose sur le plan pugilistique : « Wilder est le plus gros puncheur de l’histoire de notre sport. Mais moi j’ai la plus grosse paire de c… de l’histoire de notre sport. Je l’ai prouvé à maintes reprises ».