(Québec) Un gala de boxe inusité aura lieu ce mardi soir à Québec, organisé devant quelque 120 spectateurs qui auront payé le gros prix pour regarder les combats… de leur chambre d’hôtel.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« La pandémie nous a forcés à sortir des sentiers battus », dit le promoteur Yvon Michel au bout du fil.

Les sentiers battus de la boxe sont bien connus. Il s’agit du Centre Bell, du Centre Vidéotron, de toutes ces salles de spectacles où la petite industrie du pugilat a ses aises.

Mais un hôtel Jaro de la capitale ? C’est pourtant là, à l’hôtel Plaza Québec, qu’aura lieu le retour du poids lourd Óscar Rivas (26-1, 18 K.-O.).

Cet hôtel a ceci de particulier que les chambres sont disposées autour d’une cour intérieure avec piscine. Celle-ci sera recouverte d’un ring. Les clients des chambres pourront donc regarder la soirée de leur balcon, un peu comme le traditionnel balcon d’opéra.

Les chambres pour la nuit coûtent entre 800 et 1000 $ et viennent avec un souper servi sur le balcon. « On se demandait à 1000 $ si on serait capables de les vendre. Finalement, sans publicité, en trois jours, on avait vendu 40 des 60 chambres », raconte le promoteur.

« Il y a des combats déséquilibrés »

Le Groupe Yvon Michel (GYM) a tenu à organiser ce gala de sept combats pour montrer qu’il était capable de le faire malgré le confinement. Québec était encore en zone rouge quand l’évènement a été annoncé. Et les chambres seront réservées à des bulles familiales.

« On voulait absolument faire un évènement. On voulait faire un démo et pour nous, mardi, c’est un démo. Ce n’est pas si important que ça, les combats qu’on y présente », dit candidement Yvon Michel.

Il est vrai que, sur papier, la soirée est loin du Rumble in the Jungle. Le Rumble in the Jaro présente trois combats de boxeurs professionnels débutants ou quasi débutants.

La finale oppose Rivas à un adversaire intelligent et rusé. Mais le Montréalais Sylvera Louis (8-5, 4 K.-O.) n’a pas boxé depuis 2016. L’un des boxeurs, Colin Sangster, va livrer son troisième combat… à 43 ans.

« J’admets qu’il y a des combats déséquilibrés là-dedans. Ça nous a été imposé, car on n’avait pas accès à des boxeurs hors du Canada », explique l’organisateur.

Mais le gala diffusé à la télé à la carte sert à montrer « qu’on est capables d’organiser des évènements en zone rouge, pour rapatrier nos commanditaires et aller chercher d’autres partenaires ».

Cet évènement-là, c’est sûr qu’il sera déficitaire. Mais on aimerait pouvoir le reproduire de manière profitable.

Yvon Michel

L’un des buts avoués de Michel était de remettre Rivas sur un ring. Le boxeur de 33 ans vient d’être classé premier aspirant d’une toute nouvelle catégorie de poids du WBC : les super-lourds-légers (bridgerweight), qui ne devront pas dépasser 225 lb.

Rivas doit pouvoir se battre pour ce titre flambant neuf dès son combat suivant, contre Bryant Jennings (24-4, 14 K.-O.).

« En boxe professionnelle, quand tu es longtemps sans boxer, tu disparais totalement. Son prochain combat sera en championnat du monde. Si on n’avait pas fait tout ça pour qu’Oscar soit actif, il serait peut-être passé à côté. »

Les principaux combats

PHOTO ÉTIENNE RANGER, ARCHIVES LE DROIT

Patrice Volny

Óscar Rivas (26-1, 18 K.-O.) c. Sylvera Louis (8-5, 4 K.-O.)

Le Colombien d’origine est donné gagnant par à peu près tout le monde. Mais Yvon Michel a lancé un avertissement à son poulain. « Quand il y a deux Québécois qui se battent l’un contre l’autre, il y a toujours plus d’adrénaline, plus de pression. Sylvera Louis s’entraînait depuis longtemps, il est propriétaire d’un gymnase et toujours en bonne condition physique. »

Patrice Volny (15-0, 9 K.-O.) c. Janks Trotter (10-5, 10 K.-O.)

« Patrice Volny, c’est un gars de chez nous, c’est le secret le mieux gardé parmi les boxeurs québécois », assure le promoteur. Volny connaît bien son adversaire : il lui a passé le K.-O. au premier round en 2018.

Sébastien Bouchard (18-2, 8 K.-O.) c. Mario Pérez (20-7, 12 K.-O.)

Le boxeur de Baie-Saint-Paul va affronter un vieux routier mexicain, dont les débuts professionnels remontent à 2004. « Sébastien Bouchard a un bon défi. C’est un combat beaucoup plus équilibré que les deux autres », dit Yvon Michel.