Après une absence de dix mois marquée par le début d’un nouveau chapitre au niveau scolaire, le judoka Étienne Briand effectuera son retour à la compétition la semaine prochaine, à l’occasion du Tournoi des maîtres de Doha, au Qatar.

Sportcom

Parmi les huit Canadiens qui combattront dans cette capitale, Briand est le seul à n’avoir pris part à aucun tournoi cet automne, faisant l’impasse sur le Grand Chelem de Budapest et les Championnats panaméricains de Guadalajara.

En raison de la pandémie et de toute l’incertitude entourant la pratique de son sport, le judoka originaire de Sept-Îles a plutôt décidé de prioriser ses études lors des derniers mois en entamant un doctorat à l’UQAM. D’autant plus qu’il a reçu une bourse du département d’économie de cette même université, une offre qu’il ne pouvait refuser.

« Pour y avoir droit (à la bourse), je devais tout de suite commencer mon doctorat. C’est un objectif important pour moi et on me donnait une belle opportunité. Je ne pouvais pas passer à côté, surtout que je ne savais pas ce qui allait se passer avec le judo », a confié Étienne Briand à Sportcom.

Les études tiennent l’athlète de 27 ans fort occupé, justifiant ainsi son absence aux Championnats panaméricains en novembre dernier.

« Je ne prévoyais pas être au Grand Chelem de Budapest dès le départ. Pour les panams, j’avais beaucoup de responsabilités à l’école au moment où je devais prendre ma décision et on ne savait même pas si ça allait bel et bien avoir lieu. Avant, le judo était la priorité, mais les choses se sont inversées récemment », a-t-il expliqué.

Non seulement le Tournoi des maîtres a lieu à un moment plus opportun pour le Québécois, mais il est aussi plus attirant sur le plan sportif.

« Cette fois, j’en profite parce que je n’ai pas d’école et que le tournoi de Doha m’intéressait plus que les Championnats panaméricains. Tout le monde va être là pratiquement, ça risque d’être ultra fort et j’ai hâte d’y être », a commenté celui qui se classe présentement au 23e rang du classement mondial des moins de 81 kg. Les 36 athlètes les mieux classés de chaque catégorie ont été invités à s’affronter au Moyen-Orient.

Plaisir et motivation

Étienne Briand n’a pris part à aucune compétition depuis le 21 février 2020, date où il s’est incliné au deuxième tour du Grand Chelem de Düsseldorf, en Allemagne.

Après un entraînement rigoureux, il se dit fin prêt à revenir sur les tatamis. « Il n’y a pas de question à ce niveau-là. Sans les déplacements qu’impliquent les tournois, je m’entraîne sans pause depuis cet été. Je pense que c’est le plus gros bloc d’entraînement que j’ai dû faire depuis que je fais du judo ! » a-t-il souligné.

Les judokas ont été regroupés en bulle de quatre personnes au cours des dernières semaines. À défaut de pouvoir visiter sa famille sur la Côte-Nord pour la période des fêtes, Briand a été jumelé à deux médaillés du Grand Chelem de Budapest, Antoine Valois-Fortier et Arthur Margelidon, de même qu’à Constantin Gabun. Il a ainsi pu évaluer son travail aux côtés de ceux qui ont connu du succès à leur retour.

« Même si je n’ai pas fait de tournoi, ça fait plus d’un an que je n’ai pas vu mes parents. Ça commence à être long, mais j’étais plus ou moins à l’aise d’y retourner de toute façon. Vu les circonstances, ça ne représentait pas le même sacrifice de rester que dans des conditions normales. La bulle m’a permis de juger mon état et de savoir que je suis prêt à compétitionner. »

Il était aussi important pour Étienne Briand de pouvoir se fixer un but à atteindre. Un élément clé afin de conserver une certaine motivation à l’entraînement, selon lui.

« C’est bien de s’entraîner, mais s’il n’y a rien au bout de la ligne, c’est dur de se motiver et de toujours maintenir le même rythme », a-t-il rappelé.

Une qualification non prioritaire

De précieux points seront en jeu au Qatar pour le processus de qualification olympique. Un enjeu dont Étienne Briand ne se préoccupe pas, préférant se concentrer à monter sur le podium à la fin de la journée.

« Honnêtement, je n’y pense absolument pas. J’y vais pour le plaisir de faire un tournoi et gagner une médaille, pas pour les points qui y sont rattachés. Je n’accorde aucune importance au processus de qualification olympique en ce moment. Il y a trop d’incertitudes et je préfère ne pas me projeter trop loin dans ce processus. »

S’il souhaite se rendre aux Jeux de Tokyo, Briand devra se rapprocher de son coéquipier Antoine Valois-Fortier au classement des moins de 81 kg, lui qui est présentement quatrième de cette catégorie.

Le Tournoi des maîtres de Doha se déroulera du 11 au 13 janvier. Antoine Valois-Fortier (-81 kg), Arthur Margelidon (-73 kg), Antoine Bouchard (-73 kg) et Shady El Nahas (-100 kg) représenteront aussi le Canada. Du côté féminin, Catherine Beauchemin-Pinard (-63 kg), Ecaterina Guica (-52 kg) et Jessica Klimkait (-57 kg) seront en action.