Le boxeur Christian Mbilli est au Mexique. Ce que beaucoup d’entre nous envient sans doute. Mais la chaleur n’est pas ce qui l’amène à Cuernavaca, à environ une heure au sud de Mexico. Ce qu’il souhaite par-dessus tout, c’est tirer un trait sur cette année en la terminant de la bonne façon.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

Le Camerounais d’origine en sera, ce samedi, à un premier combat avec Eye of the Tiger Management (EOTTM), après ses trois premières années professionnelles dans le giron de GYM.

Mbilli (16-0, 15 K.-O.) se frottera à Rolando Paredes (16-11-2, 11 K.-O.), à l’amphithéâtre Deportivo Cri Cri, nouvelle enceinte fétiche des promoteurs québécois.

« Pour moi, c’est l’occasion de retrouver ma boxe. Depuis le début de l’année, j’ai eu deux training camp pour deux combats annulés. Alors, l’objectif est vraiment de retrouver des sensations, de la solidité. Et de finir cette année un peu merdique de la meilleure manière possible », lance-t-il.

Son dernier combat remonte au 13 décembre 2019, en France, une victoire par K.-O. technique au 8e round contre l’Américain KeAndrae Leatherwood (22-8-1, 13 K.-O.). Mbilli a d’ailleurs disputé cinq de ses six derniers duels en France, dont il a la nationalité. On ne l’a pas vu boxer à Montréal depuis avril 2018.

Celui que l’on surnomme « Solide » espère beaucoup de ce nouveau partenariat – ralenti par la pandémie – avec EOTTM. Une collaboration qui le mènera à « beaucoup de titres », selon lui.

« Le meilleur reste à venir », assure le protégé de Marc Ramsay, qui ne l’a toutefois pas suivi au Mexique. Le boxeur y est accompagné de Samuel Décarie.

L’objectif est d’aller me positionner en tant que challenger obligatoire à moyen terme, mais le plus rapidement possible. Et ça passe par de gros combats. Puis, si tout est favorable, ensuite aller chercher des titres de championnat du monde d’ici environ trois ans.

Christian Mbilli

Mbilli est passé chez les super-moyens à son dernier combat, après 10 affrontements consécutifs chez les moyens.

Un pas de recul

Christian Mbilli a fait le choix de traverser l’Atlantique pour mener sa carrière pro ici.

Il a opté pour le Québec parce que les perspectives d’un boxeur y sont plus intéressantes qu’en France. Pour travailler avec Ramsay et son équipe, qu’il connaissait. Aussi pour la langue.

« Culturellement, ça me rapprochait un peu de la France », note le boxeur.

Il a disputé son premier combat sur le sol québécois le 9 février 2017, au Casino de Montréal. Une victoire, par K.-O. évidemment.

Puis, il a remis ça… seulement 15 jours plus tard, au Centre Vidéotron de Québec. Affrontement au cours duquel il s’est permis un petit pas de danse à la Muhammad Ali.

Une idole ? « Bien sûr ! Il fait partie de mon top 3 des meilleurs boxeurs. Il a marqué le sport et la discipline. Et on veut un peu boxer comme lui. »

La suite s’est déroulée sans imprévus, Mbilli accumulant les victoires avant la limite. Le Groupe Yvon Michel ne cachait d’ailleurs pas qu’il fondait de grands espoirs en lui à son arrivée en Amérique.

À la mi-2018, il a été champion intercontinental jeunesse et détenteur du titre mondial jeunesse du WBC.

Puis, en mars 2019, se présente le moment charnière qu’attendent bien des boxeurs : la chance d’être remarqué au sud de la frontière.

Mais ce soir-là, à Philadelphie, le coup d’éclat n’est pas venu. Une autre victoire, certes, mais sa seule par décision depuis ses débuts professionnels.

C’est sûr que ce combat, même si on a gagné largement, ça n’a pas été très favorable. La situation avait été compliquée avec un changement d’adversaire. Mais il n’y a pas eu de doute sur la performance en elle-même, je ne la remets pas du tout en cause, même si c’est sûr que j’aurais pu faire mieux.

Christian Mbilli

À la fin de l’année, GYM et lui décidaient de ne pas renouveler leur entente.

Mbilli parle de l’importance de l’entourage, du promoteur pour faire avancer la carrière d’un boxeur. La trajectoire de ce dernier n’est pas seulement imputable à ses performances, dit-il. À mots couverts, on pourrait croire qu’il semble blâmer son ancien patron.

« Non, pas du tout, je ne blâme personne, rétorque-t-il. Avec Yvon Michel, ça s’est très bien passé et j’ai une très belle fiche. Mais on est arrivés à un moment où on ne parlait plus trop le même langage. Le contrat allait à son terme et je me suis dit : “Autant aller voir ailleurs comment ça se passe.’’ »

Le surnom

On l’a écrit précédemment. Le surnom de Christian Mbilli est « Solide »… Ça vient d’où ? Pour le moins inhabituel, non ? La question l’amuse.

« Ça m’a été donné par les membres de l’équipe nationale française. Parce que, dans les compétitions, j’étais un poids moyen, la catégorie la plus remplie, donc souvent le premier à boxer. Et le dernier aussi, puisque j’étais toujours celui qui faisait le plus de combats et qui ramenait le plus de médailles. Donc, comme je boxais toujours en premier, j’étais celui qui réveillait un peu l’équipe. C’est comme ça qu’est venu le nom “Solide’’. »

Avant lui, deux autres boxeurs d’EOTTM monteront sur le ring mexicain, ce samedi, pour des combats prévus pour quatre rounds.

Avery Martin-Duval (4-0-0, 3 K.-O.) sera opposé à Esteban Hernandez (2-2-0) chez les 130 lb.

Quant à Luis Santana (1-0-0, 1 K.-O.), qui en sera à sa deuxième visite en deux mois à l’amphithéâtre Deportivo Cri Cri, il fera face à Jesus Hernandez Ramirez (0-0-1).