Pour la première fois en près d’un an, le grand cirque de la World Wrestling Entertainment (WWE) débarque au Centre Bell. La WWE présente en effet un gala de Raw lundi soir et de Smackdown Live mardi.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Et le moment ne pouvait pas être mieux choisi pour les Québécois Kevin Owens et Sami Zayn, qui viennent tous les deux de revenir entre les câbles après avoir passé plusieurs mois à l’infirmerie.

Owens a été absent des écrans de télévision pendant cinq mois, afin d’être opéré aux genoux, et il est revenu fin février. Zayn a quant à lui été opéré aux épaules et est revenu la semaine dernière après neuf mois d’absence.

Dans une industrie où le concept de «saison morte» n’existe pas, où il y a des galas chaque semaine, 52 semaines par année, Owens ne se souvenait pas d’avoir eu droit à une aussi longue pause.

«Ça a fait du bien dans un sens, mais quand tu remarques dans le ring, c’est difficile», a raconté Owens, Kevin Steen, de son vrai nom, à La Presse lundi matin.

«En plus, je me préparais pour quelque chose de gros, donc je n’ai pas eu le temps de revenir petit à petit. Je suis revenu à 100% tout de suite. Ça a été dur, surtout que ce pour quoi je me préparais ne s’est pas concrétisé. Donc ça a été difficile à accepter. Mais sinon ça ne m’a pas pris beaucoup de temps pour revenir à la normale.»

Ce quelque chose de gros, c’était un combat à WrestleMania, la classique annuelle, qui a eu lieu le 7 avril au MetLife Stadium du New Jersey, devant plus de 82 000 spectateurs. Ce gala est essentiellement le Super Bowl de la lutte professionnelle, et Owens espérait qu’en revenant fin février, il aurait le temps d’être inclus dans les scénarios pour obtenir un combat. Ce qui n’est jamais arrivé. Pourquoi?

«Il y avait des plans. Je pourrais te résumer ça en un mot, mais j’aime mieux ne pas trop en révéler!»

Le Marievillois a toutefois fait contre mauvaise fortune bon cœur. Toute la fin de semaine, sur les réseaux sociaux, il tenait ses partisans au courant de ses allées et venues, ne manquant pas de souligner, avec un certain sarcasme, sa déception de ne pas participer à WrestleMania.

Un cas où il a intégré une bonne dose de réalité à l’univers scripté de la lutte. Mais il l’assure: les commentaires publiés l’étaient tous avec la bénédiction de la WWE, et il ne fallait pas y voir des pointes envoyées à ses patrons.

«Je ne suis pas du genre à chialer sur les médias sociaux. Certains lutteurs le font et je trouve ça assez ordinaire, un peu pathétique. Mais c’est leur choix. Tout ce que j’ai dit, c’est que ça me rendait fou de ne pas être à WrestleMania. Si tu es dans notre milieu et que ça ne te rend pas fou de manquer WrestleMania, t’as un problème. Je n’avais pas de problème à l’avouer, parce que tout le monde le sait, parce que j’en ai parlé sans arrêt à tout le monde dans les coulisses, y compris à Vince McMahon.»

Owens repart toutefois sur de nouvelles bases. D’abord, on le voit depuis quelques semaines dans le rôle du «gentil», lui qui a surtout campé un rôle de vilain depuis son arrivée à la WWE en 2014.

Ensuite, parce que cette semaine, c’est le «Shake up», le gala au cours duquel certains lutteurs sont «échangés» d’une émission à l’autre. La WWE a en effet deux émissions principales chaque semaine: Raw le lundi et Smackdown le mardi. Chaque émission a son propre groupe de lutteurs et actuellement, Owens fait partie de Smackdown, tandis que Zayn est à Raw. Le «Shake up» est généralement une occasion de lancer de nouvelles histoires pour les mois qui suivent.

Ajoutez à cela un gala devant ses compatriotes québécois et Owens a toutes les raisons de retrouver le sourire.

«La foule à Montréal a été fantastique l’an passé et c’est pour ça qu’on revient cette année. Les réactions ont été positives, la foule a du plaisir, s’amuse. Que ce soit pour moi, pour Sami, Finn Balor et Seth Rollins pour leur match, des réactions comme ça, ça compte pour la WWE. De voir les gens nous traiter comme ça, c’est spécial, et comme j’ai manqué WrestleMania cette année, ce sera une bonne façon de me remonter le moral. À moins que j’arrive et que tout le monde décide de me détester!»