Libéré de ses douleurs au dos, le judoka Antoine Valois-Fortier se sent d’attaque pour la dernière ligne droite avant les Jeux olympiques de Tokyo.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Le Québécois a hésité longtemps avant de se faire opérer. Le 22 juillet, il a « pris [s]on courage à deux mains » et accepté de se faire « ouvrir le dos » dans l’espoir de soulager les douleurs qui l’affligeaient depuis une décennie. Neuf mois plus tard, il n’a aucun regret.

« Je suis au paradis ! », se félicitait-il, mardi midi, quelques heures avant de s’envoler pour Lima, où il tentera aujourd’hui de décrocher une troisième médaille d’or aux Championnats panaméricains.

Le simple fait de se présenter au Pérou avec une chance réelle de l’emporter est une victoire en soi. De retour à la compétition depuis à peine deux mois, l’athlète de 29 ans a progressé plus rapidement que prévu.

Le 6 avril, Valois-Fortier a remporté le bronze du Grand Prix d’Antalya, en Turquie, défaisant en finale Étienne Briand, son principal rival chez les 81 kg au Canada. La semaine précédente, il avait aussi fini troisième en Géorgie, son premier podium depuis son titre continental à San José (Costa Rica) il y a un an, à l’époque où les soucis au dos le guettaient de façon continuelle.

« Si tu m’avais dit il y a deux mois que je serais dans le top 18 mondial, je ne l’aurais pas cru », s’est-il réjoui.

« J’ai déjà rattrapé le temps perdu. Je m’en vais aux Panams et je ne pouvais espérer mieux. »

Presque à mi-chemin du processus de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo de 2020, il occupe actuellement le 17e rang mondial malgré sa longue absence. Une place parmi les 18 premiers garantirait un quota olympique au pays.

Briand est 14e et Valois-Fortier devra le surpasser s’il veut disputer ses troisièmes JO. « Étienne est un rival de taille », a prévenu celui qui s’était incliné à leur seul autre affrontement, en finale d’une Coupe du monde à Sofia, en février 2018.

Un mal devenu « invivable »

Il n’a plus aucune limite grâce à l’opération qui visait à soigner deux hernies discales dans le bas du dos. La blessure originale remontait à 2008 et lui causait une élongation intermittente à l’arrière d’une jambe. À la fin, le mal était devenu « invivable » pour le médaillé de bronze olympique de 2012.

« Ça a toujours été mon talon d’Achille. En étant le grand slack qui fait du judo tout plié, j’ai toujours eu un peu de douleur au dos. »

Le chirurgien a procédé à un nettoyage et à une discectomie entre les vertèbres L4 et L5, ce qui a soulagé le nerf sciatique. « Là, j’ai toute ma mobilité, pas mal toute ma force, je me sens très bien, a évalué le médaillé des Mondiaux 2014 et 2015. Mais je suis doublement prudent et je continue de faire mes petits exercices. Je vais assurément devoir garder un œil là-dessus jusqu’à la fin de ma carrière. »

À Lima, où il pourrait retrouver Briand sur son chemin, Valois-Fortier veut consolider sa position en vue de Tokyo 2020. « J’ai démontré que j’étais en forme au cours des dernières compétitions. Il faut juste que je ne mette pas trop de pression avec le fait que ce sont des championnats panams. Sinon, je me vois très bien remporter l’or. »

La montée en puissance d’Antoine Valois-Fortier

23 février: Grand Slam de Düsseldorf : défaite en 32e de finale

9 mars: Grand Prix de Marrakech : 5e

16 mars: Grand Slam d’Ekaterinbourg : défaite en 16e de finale

30 mars: au Grand Prix de Tbilissi : bronze

6 avril: au Grand Prix d’Antalya : bronze