C'est la ville du chanteur Eminem, celle des grands constructeurs automobiles, une cité ouvrière plantée sur les rives des Grands lacs. Mais c'est aussi la ville de Thomas Hearns et de Joe Louis. Detroit est une ville de boxe. Et c'est là que le Longueuillois Adonis Stevenson a choisi de s'entraîner en vue de son combat de samedi soir au Centre Bell.

Mis à jour le 15 févr. 2012
Gabriel Béland LA PRESSE

Le puissant cogneur a rencontré les médias mardi quelques jours avant de monter dans le ring pour affronter Jesus Gonzales (27-1, 14 K.-O.). Le Stevenson (16-1, 13 K.-O.) qui s'est présenté devant les enregistreuses et les caméras dans un gym de la Rive-Sud était le même qu'avant. Pourtant, bien des choses ont changé depuis son aventure américaine.

Son entourage s'est métamorphosé. Son ancien entraîneur, Howard Grant, qui avait l'habitude de ne jamais être bien loin du gaucher de 168 livres, n'était pas à ses côtés, mardi. Il n'a jamais digéré que Stevenson se rende à Detroit une première fois durant les Fêtes. Sans son consentement. Pour s'entraîner sous les ordres d'un autre entraîneur, le vétéran Emanuel Steward.

C'est un assistant de Steward, venu directement de «Motor City», qui accompagnait Stevenson, qui lui a bandé les mains avant son entraînement public. Le boxeur portait un t-shirt à l'effigie du légendaire Kronk Gym, avec son nom écrit au dos, à la hauteur des épaules.

«Ce n'est pas un t-shirt que tu peux acheter. C'est un t-shirt que tu mérites et je l'ai mérité, a lancé Stevenson, rentré de Detroit samedi. Là-bas, quand les gens apprenaient que j'étais Canadien, ils riaient de moi. Ils montaient dans le ring en pensant qu'ils allaient me terroriser. Mais ils ont bien vu qu'ils ne réussiraient pas à me renvoyer au Canada. J'ai tenu le coup.»

Il a maintenant un t-shirt pour le prouver... Il s'est entraîné au Kronk pendant deux semaines et Steward y était une dizaine de jours. Ils ont travaillé la technique, résume Stevenson, ainsi que l'équilibre, l'une des principales faiblesses du cogneur.

Puis Emanuel Steward, connu mondialement grâce à son rôle de commentateur au réseau HBO, a dû quitter pour l'Europe dans les derniers jours. Celui qui entraîne le champion poids lourd Wladimir Klitschko est présentement en Autriche pour donner un coup de main au grand frère Vitali, qui se bat samedi soir en Allemagne. Mais Steward sera au Centre Bell dans trois jours, dans le coin de Stevenson.

Gonzalez: 151 victoires chez les amateurs

Jesus Gonzales vient quant à lui de Phoenix, en Arizona. Véritable prodige chez les amateurs, avec notamment 151 victoires, un titre de champion des États-Unis et des gains contre de futures stars telles Andre Berto et Alfredo Angulo, sa carrière pro n'a jamais pris la dimension espérée. Il a maintenant une chance en or, car le gagnant du duel de samedi soir se rapprochera d'un combat pour la ceinture IBF des super-moyens dans les prochains mois.

Adonis Stevenson est conscient de l'importance de l'enjeu, mais s'en est tenu aux banalités d'usage: «C'est un gros combat, mais je ne pense pas plus loin que samedi soir». En fait, Stevenson n'était pas bien bavard. Il semble être revenu stoïque de Detroit. Ses yeux pétillent à un seul moment, lorsqu'on lui mentionne que Gonzales qualifie sa technique de «déficiente».

«On va voir qui a une technique déficiente samedi. Sa tête ne bouge pas beaucoup pour un gars qui donne des leçons, a-t-il lancé, menaçant. Je n'ai pas l'intention de niaiser pendant 12 rounds.»

Puis, dans ces phrases que connaissent bien les boxeurs, de Longueuil à Detroit, il a renchéri: «La figure de Gonzales avant le combat et la figure de Gonzales après le combat, ce ne sera pas la même.»

Voilà qui promet.