L’ovation monstre offerte par les spectateurs au Centre Bell à la conclusion de l’une, sinon de la pire de l’histoire du club, doit rassurer la nouvelle direction de l’équipe pour la suite des choses, surtout à l’égard du prochain hiver, où les attentes seront encore modestes.

Publié le 2 mai
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Le Canadien a terminé au dernier rang du classement général de la Ligue nationale de hockey avec seulement 22 victoires en 82 matchs, mais ses fans ont espoir de jours meilleurs avec l’émergence des jeunes Nick Suzuki, Cole Caufield et Alexander Romanov, et la perspective de dénicher un joueur de premier plan avec l’un des trois premiers choix au repêchage cet été.

Et les fans devront s’accrocher à cet espoir de jours meilleurs à long terme l’an prochain, et non espérer une place en séries, s’ils veulent garder le sourire.

Pour vous en convaincre, il faut retenir les propos du directeur général Kent Hughes lors de son bilan de fin de saison, samedi. Le CH ne prendra pas de raccourcis et est prêt à « souffrir » encore un an ou deux pour faire de Montréal un club compétitif à long terme. Hughes n’a-t-il pas répété d’ailleurs à plusieurs reprises samedi cette volonté de pérennité ?

Nous sommes jeunes. Ça serait difficile de vous dire aujourd’hui qu’on vise la Coupe Stanley l’an prochain. Si l’objectif est de bâtir une équipe compétitive d’année en année, l’aspect développement est primordial.

Kent Hughes

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Bilan de fin de saison du Canadien

Indice numéro un : même si le Canadien est coincé par le plafond salarial, libérer de l’espace ne sera pas une priorité à court terme, surtout si ça nécessite sacrifier des choix ou des espoirs pour larguer des salaires à des clubs flirtant avec le plancher salarial.

En d’autres termes, on ne cédera pas des choix au repêchage pour se départir d’un Mike Hoffman à 4,5 m$ pour les trois prochaines années afin de créer de l’espace parce qu’il n’y aura pas d’embauche spectaculaire sur le marché des joueurs autonomes, sinon pour combler des postes (exemple si Jeff Petry est échangé, on pourrait explorer la piste de Kristopher Letang s’il est disponible).

Je ne sais pas s’il y aura beaucoup de changements, mais on a des jeunes et on veut voir à quel point ils sont prêts. Il y en aura dans notre formation l’an prochain. Des nouveaux joueurs par échange ou joueurs autonomes, il y a des chances qu’on voit un, deux ou trois, mais je ne peux le garantir. La position de centre est importante, certains centres (autonomes) seront disponibles, mais nous n’avons pas nécessairement la souplesse financière pour attirer quelqu’un. Il y a aussi le repêchage, on pourrait choisir un centre et ça pourrait changer des choses.

Kent Hughes

Pas question non plus de racheter des contrats cet été, celui de Brendan Gallagher par exemple. On attendra de voir si l’été, et un nouveau régime d’entraînement sans doute, pourra lui être bénéfique et on s’attaquera au problème dans un an ou deux, au besoin.

Ça sera très important pour nous au cours des prochaines années (de libérer de la masse salariale), car dans le système actuel, tu peux repêcher les meilleurs joueurs, mais à un moment donné, il faut aussi que la masse salariale fonctionne. Est-ce que c’est primordial pour nous cet été ? On va toujours évaluer nos options, mais jamais en hypothéquant notre avenir.

Kent Hughes

Indice numéro deux : Kent Hughes a répété son intention de faire de la place aux jeunes. On peut déjà conclure que le CH comptera trois défenseurs de 22 ans ou moins dans son top six pour ouvrir la saison, mais pas quatre, d’où la nécessité de remplacer Petry s’il quitte.

Mais trois jeunes défenseurs de 22 ans ou moins dans une même formation demeure déjà énorme. Alexander Romanov, à l’évidence, a déjà son poste, il restera à Jordan Harris, Kaiden Guhle et Justin Barron de se battre pour les deux derniers. Le colosse Arber Xhekaj, dont le nom a été évoqué samedi par Kent Hughes, tentera de brouiller les cartes, de même que Mattias Norlinder (en chemin vers Laval pour rejoindre le Rocket en prévision des séries) et qui sait si Montréal ne choisira pas un défenseur slovaque ou tchèque avec son premier choix juillet (Simon Nemec ou David Jiricek) ?

Idéalement, on le remplacerait (Jeff Petry) par un bon leader d’expérience, quant aux jeunes, on prendra nos décisions dans le meilleur intérêt de leur développement. Il y aura certains de nos jeunes dans la formation, mais il pourrait être dans notre formation, être renvoyé à Laval à un certain point, puis revenir. On ne veut pas prendre le risque de mettre trois recrues dans notre formation en même temps.

Kent Hughes

À l’attaque, les deux meilleurs du club, Nick Suzuki et Cole Caufield, auront respectivement 23 et 21 ans à l’ouverture du camp d’entraînement. Les départs probables de Mathieu Perreault, Tyler Pitlick et Laurent Dauphin, peut-être ceux de Christian Dvorak et Joel Armia, ouvriront des portes.

Le nom de Jan Mysak, un centre de 19 ans repêché en deuxième ronde en 2020, 64 points en 61 matchs à Hamilton dans la Ligue junior de l’Ontario l’an dernier, a été avancé par Hughes.

L’ailier Joshua Roy, repêché en cinquième ronde l’an dernier, aura sans doute droit à une véritable chance malgré son jeune âge (19 ans en août) après sa saison de 119 points dont 51 buts, en 66 matchs à Sherbrooke, et le titre de champion marqueur dans la LHJMQ.

Jesse Ylonen et Rafaël Harvey-Pinard cognent aussi à la porte et ils seront surveillés de près par la direction de l’équipe pendant les séries éliminatoires du Rocket de Laval. Le choix de deuxième ronde en 2021, Riley Kidney, a surpris avec sa saison de 100 points en 66 matchs avec le Titan d’Acadie-Bathurst, mais il est peut-être encore un peu frêle pour les rigueurs de la LNH.

C’est sûr qu’on va se rajeunir, on a vu de jeunes joueurs, (Jordan) Harris, (Justin) Barron, (Kaiden) Guhle s’en vient, (Jan) Mysak et (Arber) Xhekaj s’en viennent, il va y avoir une certaine jeunesse. Notre objectif principal demeure d’avoir une équipe capable de gagner d’année en année et nos décisions cet été iront dans ce sens.

Kent Hughes

La direction du Canadien a longtemps pensé que ses fans ne seraient pas prêts à une phase majeure de rajeunissement. Ils se mettaient sans doute le doigt dans l’œil.

La citation du jour

C’est juste l’opinion de quelques personnes. Ce ne sont pas des vrais recruteurs qui font ces listes-là. S’ils étaient vraiment des bons recruteurs, ils travailleraient pour une équipe de la LNH. Ces classements-là, ça fait longtemps qu’ils les ont faits, mais moi, ça ne me dérange pas trop. À la fin de la journée, il n’y a que le repêchage qui importe. »

Jordan Dumais, classé au 72e rang des espoirs nord-américains malgré une saison de 109 points en 68 matchs à Halifax…

À ne pas manquer

  1. Philippe Cantin parle d’une saison réussie chez le Canadien malgré le dernier rang au classement général. Il a de bons arguments.
  2. La LNH a dévoilé ses probabilités en prévision de la loterie du repêchage. Le Canadien a 18,5 % de chances de remporter la loterie, mais aussi 25 % de chances de repêcher premier puisqu’un club classé entre les 12e et 16e rangs pourrait aussi gagner la loterie, sans possibilité d’avancer de plus de dix rangs.
  3. Plusieurs anciens joueurs du Canadien seront à l’œuvre en séries, parmi lesquels Phillip Danault, Corey Perry, Toffoli, Artturi Lehkonen, Ben Chiarot, Brett Kulak et Jesperi Kotkaniemi. Tour d’horizon de Guillaume Lefrançois.