On l’a dit et redit : le Canadien de cette fin de saison 2021-2022 n’a plus grand-chose en commun avec l’équipe qui a atteint la finale de la Coupe Stanley en juillet dernier. De cette glorieuse épopée, ils sont une dizaine qui se sont produits aux quatre coins de la LNH cette saison. Tour d’horizon.

Publié le 2 mai
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Phillip Danault, Kings de Los Angeles

Salaire annuel : 5,5 millions (jusqu’en 2027)

Fiche : 27 buts, 24 aides, 51 points en 79 matchs, + 14, 18 min 8 s par match

Pendant que Christian Dvorak mettait une moitié de saison à se mettre en marche, pendant que Nick Suzuki galérait avec certaines responsabilités défensives, Danault s’éclate offensivement. Facteur non négligeable : la présence d’Anze Kopitar au centre d’un autre trio. Danault a donc eu droit à un meilleur équilibre entre ses mises en jeu en zone défensive et en zone offensive. Son utilisation en avantage numérique a aussi augmenté ; il a joué 2 min 3 s par match, son plus haut temps moyen depuis son arrivée dans la LNH. À Montréal, Dvorak l’a bien remplacé aux mises en jeu (56,7 %), mais pour les missions défensives, l’absence de Danault a laissé un trou béant. Son départ a fait mal comme un coup de couteau dans la peau.

Jesperi Kotkaniemi, Hurricanes de la Caroline

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Jesperi Kotkaniemi

Salaire annuel : 6,1 millions (4,82 millions à compter de la saison prochaine)

Fiche : 12 buts, 17 aides, 29 points en 66 matchs, + 3, 12 min 1 s par match

On ne s’est pas ennuyés en parlant de lui cette année. De son retour à Montréal, où il en a profité pour marquer un but, à sa prolongation de contrat de huit ans en passant par les problèmes évoqués ci-dessus du CH au centre, son nom revenait souvent dans l’actualité du hockey montréalais. Son statut contractuel ne semble pas aller de pair avec l’utilisation qu’en fait Rod Brind’Amour, car 16 fois, il a joué moins de 10 minutes. Avec Sebastian Aho, Vincent Trocheck et Jordan Staal devant lui, la hiérarchie au centre est complète. Il a donc partagé son temps entre le centre et l’aile. Trocheck écoule toutefois la dernière année de son contrat, et il serait étonnant que les Hurricanes aient offert près de 5 millions par année à l’ancien 3e choix du repêchage pour lui faire réchauffer le banc.

Eric Staal

Salaire annuel : inconnu

Fiche : un but, trois aides, quatre points en cinq matchs avec le Canada aux Jeux olympiques

Terminons avec la position de centre. On inclut Staal pour la forme. Pendant un certain temps, on croyait que sa présence aux Jeux olympiques lui vaudrait une offre de contrat pour finir la saison au retour, mais rien ne s’est matérialisé. Staal a rendu de fiers services au CH en séries l’an passé, mais son départ a permis à Ryan Poehling de passer une bonne partie de la saison au centre du quatrième trio.

Tyler Toffoli, Flames de Calgary

PHOTO JEFF MCINTOSH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Tyler Toffoli

Salaire annuel : 4,25 millions (jusqu’en 2024)

Fiche : 11 buts, 12 aides, 23 points en 37 matchs, + 3, 15 min 5 s par match

Après un départ sur les chapeaux de roues à son arrivée chez les Flames, Toffoli est retombé sur Terre, au point où sa chute de production a été le sujet principal de la balado de Sportsnet 960, une radio sportive de Calgary, cette semaine. En avril, l’ailier ontarien a inscrit 2 buts et 3 passes en 15 matchs, en jouant principalement avec Andrew Mangiapane et Mikael Backlund. Avec son départ, le Canadien se retrouve pauvre en véritables ailiers offensifs. C’est théoriquement ce que sont Brendan Gallagher et Mike Hoffman, mais les deux ont connu leur pire saison dans la LNH.

Artturi Lehkonen, Avalanche du Colorado

PHOTO JACK DEMPSEY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Artturi Lehkonen

Salaire annuel : 2,3 millions (dernière année de contrat)

Fiche : 6 buts, 3 aides, 9 points en 16 matchs, + 1, 16 min 26 s par match

Lui, il n’a pas dérougi ! Depuis son arrivée au Colorado, il prouve que sa production à Montréal n’était pas seulement attribuable au fait qu’il jouait au sein d’un effectif faible. Son temps d’utilisation a même augmenté chez l’Avalanche et il y demeure un membre permanent de l’avantage numérique. Ses 19 buts et ses 38 points constituent des marques personnelles. Il faudra attendre quelques années pour voir ce que Justin Barron offrira au CH, mais en attendant, Lehkonen aide l’Avalanche à court terme. Joe Sakic aura la chance de s’entendre avec lui puisque le Finlandais sera autonome avec compensation à l’été.

Corey Perry, Lightning de Tampa Bay

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Corey Perry

Salaire annuel : 1 million (jusqu’en 2023)

Fiche : 19 buts, 21 aides, 40 points en 82 matchs, + 9, 13 min 31 s par match

Dans un rôle de soutien, Perry a poursuivi son opération rajeunissement amorcée l’an passé à Montréal. Ses 19 buts égalent son sommet personnel d’il y a cinq ans. Il a fait partie d’un trio teigneux avec Pierre-Édouard Bellemare et son très bon ami Patrick Maroon. Son leadership a manqué au Canadien cette saison, sans aucun doute.

Tomas Tatar, Devils du New Jersey

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Tomas Tatar

Salaire annuel : 4,5 millions (jusqu’en 2023)

Fiche : 15 buts, 15 aides, 30 points en 76 matchs, - 22, 14 min 49 s par match

Son ralentissement de l’an dernier n’était visiblement pas un accident de parcours. Après deux saisons étonnantes à Montréal, le Slovaque a été limité à 30 points en 50 matchs l’an dernier. Voilà qu’il obtient le même total, mais en 76 matchs, avec un différentiel cauchemardesque. Sa chute n’est pas sans rappeler celle de Mike Hoffman, le joueur qui le remplace à Montréal, pour exactement le même salaire. Sauf que le contrat de Tatar sortira des livres une année plus tôt que celui de Hoffman.

Ben Chiarot, Panthers de la Floride

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Ben Chiarot

Salaire annuel : 3,5 millions (dernière année de contrat)

Fiche : 2 but, 6 aides, 8 points en 20 matchs, + 4, 20 min 56 s par match

Il a livré les statistiques attendues depuis son arrivée en Floride. Par contre, il faudra voir comment évoluera son rôle quand Aaron Ekblad reviendra au jeu, quelque part pendant le premier tour. Ekblad devrait théoriquement reprendre sa place aux côtés de MacKenzie Weegar. À court terme, le départ de Chiarot a valu une promotion à Alexander Romanov, qui a joué près de 23 minutes par match depuis le départ du colosse. Avec de bonnes séries, Chiarot se positionnera pour signer un contrat intéressant à l’été.

Brett Kulak, Oilers d’Edmonton

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Brett Kulak

Salaire annuel : 1,85 million (dernière année de contrat)

Fiche : 2 but, 6 aides, 8 points en 18 matchs, + 6, 17 min 5 s par match

L’échantillon est mince, mais c’est depuis le début de son séjour chez les Oilers qu’il connaît ses meilleurs moments, offensivement, dans la LNH. Tous ses points ont pourtant été inscrits à forces égales, et son temps d’utilisation a diminué comparativement à ce qu’il obtenait à Montréal. Une bonne option de profondeur pour les Oilers, que le Canadien tentera de remplacer à bas prix l’an prochain.

Jon Merrill, Wild du Minnesota

Salaire annuel : 850 000 $ (1,2 million à compter de la saison prochaine)

Fiche : 4 buts, 16 aides, 20 points en 69 matchs, + 15, 17 min 7 s par match

Merrill est redevenu cette saison un membre permanent d’un top 6. Les matchs qu’il a ratés sont principalement le résultat d’une blessure. Mais ce qui est encore plus à son honneur : il a cimenté sa place au sein d’une très bonne équipe, et non pas d’un club sans ressources. Ses 20 points sont étonnants pour un joueur qui semblait si maladroit en possession de la rondelle l’an dernier à Montréal.

Erik Gustafsson, Blackhawks de Chicago

Salaire annuel : 800 000 $ (dernière année de contrat)

Fiche : 3 buts, 15 aides, 18 points en 59 matchs, - 4, 16 min 13 s par match

Il campe essentiellement le même rôle que Chris Wideman, soit celui d’un défenseur de profondeur apte à opérer la deuxième vague de l’avantage numérique. Wideman a été plus productif que lui, mais Gustafsson a présenté un meilleur différentiel. En avantage numérique, le Tricolore a été plus productif avec Wideman sur la patinoire (20 buts en 159 minutes) que les Blackhawks avec Gustafsson (10 buts en 113 minutes). Les médias ont certainement été gagnants au change, car Wideman s’est révélé l’un des très bons interlocuteurs en entrevue cette saison.