Les Sharks ont bien changé depuis leur dernière visite au Centre Bell… en octobre 2019.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

San Jose avait mal commencé la saison, avec quatre défaites de suite, mais on pouvait le mettre sur le compte du blues des séries éliminatoires, après avoir atteint la demi-finale de la Coupe Stanley et perdu en six matchs aux mains des éventuels champions, les Blues de St. Louis.

Cette victoire de 4-2, aux mains du Canadien, grâce à trois points d’Evander Kane, leur permettait de remporter une quatrième victoire en six matchs et la machine semblait repartie.

Rien n’annonçait la dégringolade qui allait suivre, et une brutale chute au classement, 29e au classement général cette année-là, 26e la saison dernière…

On avait sans doute sous-estimé l’importance du capitaine Joe Pavelski, pas retenu sur le marché des joueurs autonomes, le vieillissement des stars Brent Burns, Marc-Edouard Vlasic, Joe Thornton et Patrick Marleau et les frasques à venir d’Evander Kane.

Le DG des Sharks, Doug Wilson, croyait encore avoir cédé un choix de fin de première ronde et un espoir de second plan pour Erik Karlsson en ce jeudi soir d’octobre en se dirigeant vers Toronto avec son club. Cet échange, réalisé un an plus tôt avec les Sénateurs d’Ottawa, allait pourtant laisser des traces.

Josh Norris entamait sa saison dans la Ligue américaine, après un parcours qui pouvait s’apparenter à celui de Ryan Poehling dans la NCAA et l’équipe nationale junior. Wilson ne surveillait sans doute plus sa progression, mais Norris avait été blanchi à ses quatre premiers matchs avec le club-école des Sénateurs dans la Ligue américaine.

Norris allait exploser avec trois points à sa cinquième rencontre, quelques jours avant cette plus récente visite des Sharks à Montréal, puis amasser 57 points à ses 51 matchs suivants et s’établir l’année suivante comme centre numéro un des Sénateurs.

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Josh Norris

La chute au classement des Sharks lors des deux plus récentes saisons allait transformer le choix de fin de première ronde en 2019 offert aux Sénateurs en un cinquième choix au total en 2020, devenu Tim Stützle.

Les choix de deuxième ronde obtenus pour Karlsson allaient donner à Ottawa le gardien d’avenir Mads Sogaard et l’ailier gauche Zack Ostapchuk.

Cette transaction a coûté cher aux Sharks. Elle leur a empêché d’accumuler les espoirs pour assurer une bonne transition entre le noyau vieillissant et l’avenir.

Nous voilà trois ans plus tard. Thornton et Marleau ne sont plus dans les parages. Burns, Karlsson et Vlasic tentent de tenir le fort même s’ils ont ralenti. Le gardien Martin Jones a été chassé au profit d’Adin Hill et James Reimer.

Comme Jesperi Kotkaniemi l’a fait en 2018 à Montréal, l’attaquant William Eklund, septième choix au total en 2021, amène une bouffée d’air frais. Il a réussi à s’accrocher à un poste à San Jose au sein d’un trio offensif avec Tomas Hertl malgré ses 19 ans, après une saison de 23 points en 40 matchs à Djurgardens, en première division suédoise (SEL).

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William Eklund

Jonathan Dahlen, 23 ans, s’est taillé une place sur le premier trio avec Logan Couture, après une spectaculaire saison de 71 points en 45 matchs à Timra, ne deuxième division de Suède.

Une certaine transition s’est donc amorcée à San Jose, trois ans trop tard peut-être, mais vaut mieux tard que jamais, n’est-ce pas ?

Il est encore tôt pour parler de temps nouveaux à San Jose.

Mais ouvrir la saison avec une victoire aux dépens des Jets, avec deux nouvelles têtes au sein de leurs trios offensifs, est un pas dans la bonne direction après deux saisons de misère.

Ce match renforce aussi la notion qu’une ambiance plus positive règne dans l’entourage de l’équipe depuis le début du camp d’entraînement.

On est d’abord libéré d’Evander Kane, brillant compteur, le meilleur de l’équipe l’an dernier, mais une extraordinaire distraction également.

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Evander Kane

Après avoir fait les manchettes en raison de ses dettes de 15 millions au Casino de Las Vegas, Kane a ajouté une frasque à une longue liste d’erreurs de jugement en falsifiant une preuve vaccinale. Il vient d’être suspendu pour 21 matchs et personne dans l’entourage de l’équipe ne semble attendre son retour.

On verra davantage ce que ce club a dans le ventre mardi soir au Centre Bell.

Joshua Roy poursuit sur sa lancée

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Joshua Roy

Il faut y aller de prudence avec les espoirs. Alors évitons de parler de « vol » au repêchage avant qu’il n’atteigne la LNH, mais le choix de cinquième ronde du Canadien en 2021, Joshua Roy, poursuit sur sa belle lancée du camp d’entraînement. Ce premier choix de la LHJMQ en 2019, dont les premières saisons n’ont pas été à la hauteur des attentes, a déjà 15 points, dont 6 buts, en 7 matchs à Sherbrooke. Il en avait obtenu 18 en 20 rencontres après avoir été échangé au Phoenix l’an dernier. Ses huit points en trois matchs lui valent une place au sein de l’équipe de la semaine de la LHJMQ.

Dylan Strome en pénitence

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Dylan Strome

Dylan Strome a pourtant connu des débuts fracassants à Chicago après son acquisition de l’Arizona il y a trois ans avec 51 points en 58 matchs. Mais le rendement de ce troisième choix au total en 2015, devant Mitch Marner, entre autres, a périclité par la suite et il a obtenu seulement 17 points en 40 rencontres l’an dernier. Strome ne semble pas gagner la faveur de l’entraîneur Jeremy Colliton. On l’a souvent changé de partenaires de trio, utilisé tantôt au centre, tantôt à droite ou à gauche, et voilà qu’il a été rayé de la formation lors des trois premières rencontres de la saison malgré un départ difficile des Hawks, trois défaites, dont deux à la régulière. Les rumeurs d’échange ne s’estomperont certainement pas.

Joe Veleno s’arrange pour revenir

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Joe Veleno

Même si les Red Wings de Detroit reconstruisent et que des joueurs plus jeunes, le défenseur Moritz Seider et l’attaquant Lucas Raymond entre autres, ont déjà gagné leur place à Detroit, le choix de fin de première ronde en 2018, le Montréalais Joe Veleno, dont on avait accordé le statut de joueur d’exception dans la LHJMQ en 2015 à l’âge de 15 ans, a dû se résoudre à entamer la saison dans la Ligue américaine à sa troisième année professionnelle, à 21 ans. À l’instar de Ryan Poehling à Montréal, on veut que Veleno y domine avant d’obtenir une chance de jouer dans la LNH. « C’est important pour les jeunes d’êtres placés en situation de succès, avec un rôle important, a commenté l’entraîneur Jeff Blashill récemment. Mais on le verra à Detroit quelque part cette saison, vous pouvez parier là-dessus. » Veleno a commencé la saison en force avec trois buts à ses deux premiers matchs à Grand Rapids.

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