Sur sa fiche du site HockeyDB, Adam Brooks est répertorié comme un centre. Or, en 18 matchs dans la LNH, le nouveau venu du Canadien, réclamé au ballottage la semaine dernière, n’a pris que 27 mises en jeu, ce qui ressemble aux chiffres d’un ailier remplaçant son centre qui se fait chasser du cercle.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

C’est pourquoi on lui a soumis la question qui a déjà été un refrain populaire par ici : centre ou ailier ?

La réponse était finalement liée au fait que ses principaux compagnons de trio à Toronto étaient Joe Thornton et Jason Spezza.

« Ils sont très bons aux mises en jeu. Pendant nos présences, je jouais au centre, j’allais en fond de territoire [défensif] et au milieu de la patinoire. Mais quand venait le temps de prendre une mise en jeu, ils me tassaient et ils s’en occupaient. Quand ces deux gars-là te disent quelque chose, tu le fais ! »

Brooks est donc un centre, une position où le Canadien a besoin d’aide derrière Christian Dvorak et Nick Suzuki. Jake Evans a amorcé la saison dans le rôle de troisième centre, mais sa présence mardi est incertaine en raison d’une blessure au haut du corps. Cédric Paquette pilote quant à lui la quatrième unité, après avoir été préféré à Ryan Poehling pour ce rôle au terme du camp d’entraînement. Mais les limites de Paquette sont bien connues, même s’il a disputé un bon match samedi.

Brooks sait toutefois qu’il devra peaufiner son travail aux mises en jeu s’il souhaite jouer plus régulièrement.

« Jake est un bon centre droitier. Je l’ai souvent affronté dans la Ligue américaine. Donc à mon premier jour ici, je voulais travailler avec lui. Je devrai toujours y travailler », a indiqué le Manitobain.

Un joueur différent

Brooks n’a pas eu le parcours le plus commun vers la LNH. Ignoré à ses deux premières années d’admissibilité au repêchage, il a attiré les regards avec une récolte de 120 points en 72 matchs avec les Pats de Regina, en 2015-2016. C’est ce qui a convaincu les Maple Leafs de le repêcher au 92e rang cet été-là.

À 20 ans, il est retourné dans les rangs juniors, où il a empilé 130 points, soit un de moins que son coéquipier Sam Steel. Cette production lui a d’ailleurs valu le surnom de « Prairie Jesus », que lui aurait attribué un partisan sur les réseaux sociaux. « Mais personne ne m’appelle comme ça à part deux personnes à Regina. Je n’y porte pas trop attention ! », lance-t-il en riant.

Ce fut la fin de ses années fastes offensivement.

Dans la Ligue américaine, il a tout de même affiché un niveau de production fort respectable (40 points en 61 matchs en 2018-2019 avec les Marlies de Toronto), tandis qu’en deux bouts de saison dans la LNH, il totalise huit points en 18 sorties.

Brooks semble bien conscient de ses forces et faiblesses.

« Je ne suis pas un joueur très flamboyant. Dans le junior, j’étais un joueur offensif, mais j’ai joué au sein du quatrième trio dès ma première année dans la Ligue américaine. J’ai appris assez rapidement que ce ne sont pas tous les joueurs qui font le saut qui deviendront des marqueurs.

« Je dois être responsable. Je ne suis pas du genre à traverser la patinoire avec la rondelle, mais je serai toujours bien placé, je me sers de ma tête pour faire de bons jeux. J’espère gagner la confiance des entraîneurs. J’ai gagné celle de Sheldon Keefe à Toronto, il savait qu’il pouvait m’employer dans toutes les situations et en désavantage numérique au besoin. C’est ce que je veux établir ici. »